- CHRONIQUE - MUSIQUE -
SIGH
In somniphobia
Label :
Candlelight Records
D'un côté, on a les groupes qui réitèrent inlassablement à chaque album le même schéma et d'un autre côté, il y a ceux qui arrivent à nous surprendre sortie après sortie. Les vétérans japonais de Sigh sont de cette seconde catégorie. Au départ un groupe de black metal, ils ont rapidement évolué vers un metal extrême avant-gardiste assez personnel, évoluant au fil des albums.
"In somniphobia" est le 9ème effort studio de la bande à Mirai Kawashima sur une vingtaine d'année de service. Alors qu'il avait opté pour un retour vers quelque chose de plus brutal et frénétique, tout en gardant sa fibre expérimentale, sur "Hangman's Hymn" (2007) et "Scenes From Hell" (2010), Sigh surprend encore son monde avec des compositions plus lentes, atmosphériques et fortement teintées de jazz et de claviers psychédéliques, renvoyant par exemple à ses albums "Scenario IV: Dread Dreams" (1999) et "Imaginary Sonicscape" (2001). Et ce, notamment grâce à l'utilisation tout au long des 11 titres du saxophone, du piano, des instruments habituels chez eux. Certains passages font même penser à des musiques de films. Le rythme de la musique est majoritairement heavy. Il faudra attendre la 8ème piste pour entendre Sigh accélerer la cadence avec le très black metal symphonique et génial "Amongst the Phantoms of Abandoned Tumbrils", où il sort pour l'occasion les trompettes et accordéon pour un final décadent. Après un court interlude, Sigh reprendra ce côté plus agressif mais, pour le coup, prendra une tournure purement heavy metal à voix agressive, sans fioritures, tout en riffs, qui se détache alors complètement du reste de l'album. Avec le morceau "Equale", le disque se termine comme il a commencé, riffs de guitares, claviers psyché et moments jazzy.
En tout cas, de black metal, il n'en est plus à proprement question, mis à part peut-être dans la voix de Mirai, tantôt hurlée, tantôt grognée. Mais ça reste néanmoins bien metal, Sigh n'ayant pas oublié les guitares saturées et les solos pour autant. L'ambiance horrifique, elle, fait toujours partie intégrante du concept du groupe, mais avec une approche fort théâtrale et avant-gardiste.
25-01-2012