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- CHRONIQUE - MUSIQUE -


image CALIBAN
I Am Nemesis
Label : Century Media
12 titres / 45 minutes



En 1998 sortait le premier EP de Caliban, qui a rapidement fait son petit effet au sein de la scène metal / hardcore. Le bouche-à-oreille a rapidement fait son effet et en quelques semaines il était presque impossible de trouver la moindre distro indépendante qui ne proposait pas cet EP ; il faisait déjà office de nouvelle petite bombe du metalcore allemand. Au fil des années le groupe a sans cesse gagné en notoriété, alors que leur évolution se ressentait d’album en album. Bien sûr les fans de l’époque ne sont peut-être plus les fans d’aujourd’hui car le son s’est éclairci, leur aspect chaotique s’est peu à peu effacé, et les voix claires ont fait leur apparition.

On ne comparera pas ce nouvel album de Caliban avec les premières heures du groupe, tout comme on ne compare pas chaque nouveau Slayer avec Reign In Blood. On va reprendre là où Caliban nous avait laissé, c’est-à-dire après un très douloureux et dispensable EP de reprises (Coverfield il y a moins d’un an). Très dispensable et surtout très peu inspiré, on pouvait presque s’inquiéter de l’avenir du groupe. Ce I Am Nemesis allait donc confirmer ou pas cette impression.

L’inquiétude se dissipe rapidement à l’entame de ce We Are The Many qui ouvre l’album. La batterie est précise et rapide comme un hachoir et un léger son de clavier (qui sera présent sur plusieurs morceaux de l’album) enveloppe le tout pour lui donner un côté aérien. Le niveau augmente encore sur les deux morceaux suivants où le combo allemand semble vraiment avoir gagné en maturité et signe simplement des passages et des enchaînements qui surclassent très largement tout ce qu’ils ont pu faire avant. Sur Memorial, on surprend même le groupe à oser des rythmes basés sur des breaks et des contre-temps. Je ne mentionnerai quand même pas Meshuggah que le guitariste cite dans la bio officielle mais l’effort est là, on sort de ce sempiternel rythme en 4 temps régulier et répétitif. C’est aussi sur ce morceaux qu’apparaissent les premières voix claires, qui ne surprendront pas ceux qui ont écouté l’album précédent, Say Hello To Tragedy.

Les voix claires, ça peut être le gros point noir d’un groupe de ce style. Trop sirupeuses, trop fausses, ou trop tout simplement. Dans notre cas, elles sont bien dosées. Hélas, on peut reprocher au groupe d’avoir utilisé la formule magique “Couplet crié – refrain chanté” bien trop souvent. Au total, six morceaux sur douze quand même. Pas étonnant alors que certains passages et structures puissent sembler déjà entendues puisque les morceaux semblent avoir été copiés l’un sur l’autre.

Ce qui n’empêche malgré tout pas le groupe d’intégrer sur plusieurs morceaux des sonorités inédites, que ce soit un son de guitare à la Dimebag Darrell (Pantera) sur Davy Jones ou un rythme en 3-5 temps sur Modern Warfare, morceau qui clôture cet album. Les mélodies, heureusement, sont beaucoup moins répétitives et on croit volontiers le groupe quand il explique à propos de cet album qu’ils y ont passé beaucoup plus de temps que pour les disques précédents et qu’ils ont tenté d’éliminer tout morceau qui ne soit pas franchement indispensable. Sauf peut-être The Oath, avant-dernier morceau au rythme ralenti et un peu chancelant qui aurait certainement pu passer à la trappe.

Cet album est même empreint d’une certaine ambiance noire et mystique, qu’on peut déjà retrouver sur l’énigmatique pochette de cet album. Les sons de claviers disséminés ci et là sur cet album y sont également pour quelque chose.

Beaucoup de choses à dire sur cet album qui pourtant se laisse écouter d'une traite et même plusieurs fois de suite. Mais le temps nous dira si les oreilles les plus aguerries auront encore des choses à découvrir de cet album au-delà d'une quinzaine d'écoutes !
image 05-02-2012
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