KHANATE Khanate est un groupe de musique américain de drone doom. La démarche entreprise par Khanate a été de jouer une musique ...
JUCIFER
Jucifer est un duo de rock indépendant formé au début des années 1990 à Athens, dans l'État de Géorgie aux États-Unis. L... 2 chroniques 90 photos 5 galeries 6 médias
J'ai peut-être trop misé sur ce disque. Sorti chez Neurot Records, j'en attends une qualité particulière. Le label nous a habitué à des musiques pointues, étranges parfois à la limite de l'ésotérisme. L'imagerie associée à IDES OF GEMINI, le nom et le titre de l'album pousse d'ailleurs a en attendre un style singulier qui nous emportera dans un monde tout aussi singulier.
De fait, le groupe ne s'inscrit pas dans un registre purement et simplement accessible. Auréolé par la présence de Sera Timms membre de BLACK MATH HORSEMAN également, mais aussi de J. Bennett, journaliste cinématographique et musical qui a déjà écrit pour des magazines reconnus comme Decibel, Terrorizer ou Alternative Press, le duo se complète et devient trio avec Kelly Johnston à la batterie.
Un ménage à trois qui accouche du premier album du groupe basé à Los Angeles. Constantinople contient 9 titres qui construisent cet univers, comme on l'attendait, particulier à IDES OF GEMINI. Un univers et une alchimie bien ancrée dans l'ombre aux relents Goth, Dark, Folk et No Wave. Sera Timms joue de sa puissance vocale vaporeuse et emmène IDES OF GEMINI dans une sorte de rêve un peu Doom grâce à la guitare de J. Bennett.
Le souci, malgré un univers bien à eux, est l'accent monocorde du disque. Conscient qu'il s'agit d'un choix artistique vicieux qui contribue pleinement à l'atmosphère de Constantinople, la corde est usée jusqu'à la la limite de la rupture et provoque en moi une forme de lassitude mélangée à une fascination obsessionnelle résultant de l'abus.
Enregistré par Chris Rakestraw (DANZIG, SKELETONWITCH) et masterisé par James Plotkin (KHANATE), Constantinople n'a rien à se reprocher côté production. Un minimalisme de rigueur accentue la dualité entre les guitares et l'étrangeté du chant onirique pour un résultat oscillant entre JUCIFER, dans sa version la moins bruitiste et SWANS période JARBOE.
Mais encore une fois, les titres s'enchaînent et se ressemblent tant dans leur construction que dans l'utilisation de l'atmosphère. Le rêve s'éternise, malsain, sans aboutir ni au cauchemar ni au réveil.
IDES OF GEMINI me laisse donc perplexe. Entre le « j'ai compris ce que vous vouliez rendre » et la déception. Dans sa globalité, Constantinople finit par m'ennuyer. Individuellement, chaque titre est un potentiel de retranscription de souffrance psyché, de désordre mental et l'authenticité fabriquée par le groupe de Los Angeles. Un disque à appréhender à petites doses que l'on augmentera progressivement si l'accroche se réalise avec le monde rêvé par IDES OF GEMINI.
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