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- CHRONIQUE - MUSIQUE -


image ADDU
S/T
Autoproduit
http://addu.bandcamp.com/

Date de sortie : 31-03-2012



Le premier EP de ADDU vise à retranscrire la peur primale à l'approche de l'orage. Pour se faire, le duo français va articuler son travail autour de trois idées musicales.

La première va chercher dans les solides résonances du Doom avec des riffs qui transpirent des influences aussi éparses que Métal provenant de groupes comme MASTODON, TYPE O NEGATIVE, ELECTRIC WIZARD ou EYEHATEGOD.

La seconde use de sorcellerie en empruntant et construisant des rythmes emplis de frénésie. SALEM, THE FUTURE SOUND OF LONDON seront des points de repères.

La troisième enfin, va mêler l'électronique en faisant le choix de synthés criards bien mis en avant et l'inspiration plus dronesque du son où le travail de SUNN O))) et JESU sont des appuis.

Si l'annonce simple d'un duo mêlant Electronica et Metal tourne les têtes vers l'indus à la MESHUGGAH ou à la FEAR FACTORY, ADDU est toutefois plus à rapprocher de la démarche d'un NINE INCH NAILS ou de ses compatriotes de DIRGE.

Des premiers ADDU partage la modernité, bien au-delà de la simple utilisation du synthé. Plutôt dans le besoin de faire hurler ceux-ci, de le mettre en avant dans des constructions alambiquées. Des Français, ADDU a en commun l'utilisation et le travail en couche. En exposant autant sa part électronique, le duo français dissimule les évidences Métal pour mieux les alourdir.

Même si l'électronique se taille un bonne part dans les 8 compositions de l'album, les ambiances et le jeu des nappes tantôt synthétisées, tantôt grattées, tantôt vibrées, bénéficient aussi d'une place de choix. Une dualité d'ailleurs, entre climax et fougue digitale qui déroute par moments.

Au fil du temps toutefois, l'auditeur s'habitue. Certaines ambiances pourraient être plus travaillées et abouties. Se reposant sans doute un peu trop sur l'artificiel pour booster l'interprétation, ADDU arrive malgré tout à renouveler la cause en prenant à contrepied les habitudes des musiques aux ambiances lourdes.

A mon humble avis, le duo français ne réussit peut-être pas à concrétiser cette peur primale visée, mais il tient malgré tout la tempête à bout de bras. Il a oublié de la suggérer et sur l'horaire de la tempête, ADDU a sans doute du retard. Nous ne sommes déjà plus à l'annonce, car elle pointe son nez, la pluie et le vent fouettant déjà très largement nos joues. Elle est toute proche. Nous sommes à la limite de cette dernière et c'est déjà bien suffisamment inquiétant.
image 30-08-2012
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