Trois ans après leur dernière opus intitulé "Travail", cette créativité plus instinctive que réfléchie ne s'est pas tarie. Au contraire, elle atteint, avec Salvage Blues, son paroxysme mais avec une plus grande maîtrise. Comme si Julien Chevalier, Benoît Lauby et Paul Loiseau avaient fini par comprendre comment contrôler la bête et donner un cheminement plus linéaire à leurs compositions. Notamment grâce aux chants/choeurs apaisants et hypnotiques qui nous rappellent parfois un concert de gospel sous acide.
Bref, Salvage Blues entraîne l'auditeur dans un voyage pop folk et psyché fait de passages électroniques et noisy, apportant par moment quelques frissons et grincements de dents (le voyage est parfois angoissent).
C'est que cette partition tribale et dissonante n'est pas à la portée de tous. Elle pourra parfois même décontenancer les moins aguerris. Au fond, un voyage au centre d'une terre qui tremble (!!!) ne se déroule jamais sans mal.
King Crimson