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Chronique 20-12-2012 par Fred 2 min de lecture

Gog — Ironworks

Pas évident de matérialiser une texture, palpable, à partir d'une musique et de sons.

Inspiré de la scène industrielle, GOG nous baigne dans une texture métallique qui est froide au toucher et tranchante si on n'y prend pas garde.

Bien évidemment nous sommes en terrain d'initiés. On n'aborde pas ce genre de musique expérimentale et ambient d'une écoute légère et radiophonique. Pour beaucoup, il n'en ressortirait que cacophonie. Pas complètement à tort, sauf que tout ce bruit est ici maîtrisé. Volontaire pour son rendu et non sa rentabilité mécanique. Derrière cette machinerie cliquetante se décèlent les nappes vaporeuses et même des vocaux déshumanisés.

Et dans le processus de déshumanisation, le dictat du métal, est un élément majeur de nos villes industrielles. C'est à travers ce constat que GOG s'exprime. En suscitant par la musique, ses émotions et même sa tangibilité, GOG interpelle (inconsciemment ?) sur notre identité, notre solitude et notre part humaine.

Il suffisait de regarder autour de nous, bande-son à l'appui pour se rendre compte que derrière nos néons, ces blocs de bétons imposants mais surtout ces structures métalliques gigantesques qui nous entourent, ne sont que d'immenses tas inertes. Où est la vie ? Ironworks brouille les sens. Si le métal a rendu des services, à l'écoute de ce disque, son omniprésence devient angoisse et frayeur. Ce qui fût beau... devient horreur.

En imaginant la combinaison de textures sonores, GOG arrive avec Ironworks à activer notre cerveau au-delà de la sensorialité auditive. Ironworks agit comme un déclencheur. Si il s'agit bien d'un disque qui est écouté, notre corps semble frissonner de l'ambiance, nos doigts glisser sur la pureté et nos yeux s'éblouir des reflets.

Du laid et de la négation surgissent le beau et l'émotion. Alors que Ironworks dépeint un univers inerte et froid , ce soupçon de fragilité et de musicalité font renaître une émotion humaine.

Là où beaucoup se contente de trouver le son, le bruit approprié, GOG a réussi à générer toute une idée, une matière avec son disque. Ironworks démontre la conceptualisation et le travail de recherche qui se cachent derrière une musique où beaucoup n'y voit qu'un simple bruit. A l'écoute de ses 6 titres, l'auditeur semble entrer dans une forge industrielle, voir le travail de ce métal et ressentir la texture de ce dernier. On peut parler de sublimation dans le cas de GOG et son Ironworks.

Encore Gog

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Le nouvel album de Gog , Ironworks , s'écoute dans son intégralité par ici . Il sortira le 30 août via Season of Mist .

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