Chronique

MY BLOODY VALENTINE
m b v

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Pickpocket

Sorti le 02-02-2013


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Jeudi 14 février 2013

Vingt-deux ans. Fans de Tool, de Guns n’ Roses, de Dr. Dre, arrêtez de vous plaindre, ça fait vingt-deux ans que My Bloody Valentine a sorti son second album, Loveless. L’impact de Loveless fut énorme, popularisant un mouvement au nom imagé amusant, et redéfinissant la façon que nous avions d’entendre le son d’une guitare.

Pendant ces vingt-deux ans, le leader et empereur sonique Kevin Shields a promis, à intervalles réguliers, la sortie du successeur de Loveless. Mais on n’y croyait pas trop, se contentant des (superbes) ressorties de leurs deux albums, accompagnés d’une compilation d’EP et inédits. Mais tout cela s’est accéléré fin 2012. Une interview de la seconde guitariste et vocaliste Bilinda Butcher, une annonce Facebook attestant de la fin du mastering, et enfin, Shields lui-même annonçant d’abord la sortie en 2012 puis, lors d’un concert fin janvier, dans “deux ou trois” jours. On le croyait à peine, habitué aux déceptions. Et puis, l’emballement. Sur Facebook, de nouveau, l’annonce de la sortie imminente de l’album. Quelques touches F5 en moins, quelques crashes de serveur, et voilà. Vingt-deux ans après Loveless, My Bloody Valentine nous présente un album quasi éponyme qui, passé les instants d’incrédulité, devait être écouté, si possible dans les meilleures conditions. On attendra fin février avant la disponibilité du vinyl, mais jusque là, Shields fournit des fichers .wav de grande qualité, pas de saloperie surcompressée, merci.

Et tout cela, pourquoi? Pour un album de trop, pondu par un groupe hâtivement reformé en quête de billets verts de plus en plus élusifs? Non, simplement un top 10 de l’année quasi assuré. m b v est un album énorme, qui ne pourra pas avoir l’impact de Loveless, mais qui surpasse tout espérance, toute attente.

m b v est un disque en trois temps, trois parties de trois morceaux chacun. On commence donc par établir qui est My Bloody Valentine, ce qui se fait à l’aide de vagues de guitares triturées de diverses manières, empilées les unes sur les autres pour englober l’auditeur dans un environnement intense et étrangement rassurant. Ceux qui ont rencontré le génie de Kevin Shields sur le tard peuvent rattacher les premières minutes de l’album à l’arrivée de Bill Murray dans Tokyo, au début de Lost In Translation. Sans batterie, She Found Now est chanté par Kevin Shields, dont la voix toujours sous-mixée complémente parfaitement son atmosphère lancinante. Only Tomorrow monte le volume, écrase la pédale de fuzz et réintroduit la percussion hypnotique de Colm O’Ciosoig. Shields laisse le micro à Bilinda Butcher, prêtresse du bruit magnifique et des paroles incompréhensibles. Who Sees You enfonce le clou, rappelle Only Shallow par son intro de batterie et fait perdre toute notion du temps, de mélodie ou de construction sonore.

La seconde partie est plus légère. Is This and Yes semble comprendre quelques synthés (même si, avec Shields, bonne chance pour savoir quel instrument fait quoi) et l’ambiance devient réflexive, presque relaxante. New You clôture le second acte avec une basse claquante, qui volerait la vedette aux guitares lancinantes s’il y avait vraiment une vedette : une fois de plus, c’est la totalité du son qui est remarquable, notamment la voix douce et mélodique de Butcher. C’est le point le plus accessible de l’album (un refrain!), et qui ouvre parfaitement la voix au troisième acte, emmené par In Another Way.

S’il y avait encore un quelconque doute sur la qualité de m b v, il est maintenant balayé. Finis les trips ambient, ça commence à sérieusement cogner. Influencés par des breakbeats jungle (il faut rappeler que l’album est en création depuis plus de vingt ans), In Another Way et les deux morceaux suivants comptent sans problème parmi les meilleurs de la carrière de Shields et compagnie. Mais c’est l’accroche mélodique du morceau qui le rend véritablement extraordinaire, et délicieusement interminable. L’instrumental Nothing Is est quant à lui brutal. O’Ciosoig (ou une boîte à rythme? qui sait) cogne sur ses fûts avec une intensité métronomique, les riffs de guitare se répètent alors que le volume monte, monte, et monte, allant jusqu’à rappeler la légendaire section Holocauste qui clôture traditionnellement leurs concerts. On est maintenant loin de la tranquillité du milieu de l’album, l’atmosphère est nettement plus oppressante. Enfin, Wonder 2 donne l’impression de se trouver au centre d’une tornade, six minutes d’une explosion sonore aussi contrôlée que terrifiante, aussi belle qu’effrayante.

m b v a largement dépassé les espérances. Même si le simple fait qu’il existe le fait déjà. My Bloody Valentine n’avait pas à faire cet album. Leur légende était complète, il était inutile et très risqué de tenter d’y ajouter une postface. Mais ils ne l’ont pas fait : m b v est un chapitre à part entière, qui ne sera probablement pas le dernier. On doit juste être un peu patient...
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AUTEUR : Denis
UPDATE : Merci de ne plus me proposer d'albums à écouter, je n'ai malheureusement plus assez de temps à consacrer à cela :( Le reste de la team sa...
UPDATE : Merci de ne plus me proposer d'albums à écouter, je n'ai malheureusement plus assez de temps à consacrer à cela :( Le reste de la team saura certainement en faire meilleur usage... Je danse sur l'architecture depuis plus de dix ans, d'abord pour RifRaf en presse écrite, et puis pour quelques webzines, comme Pinkushion, Psychotoni...
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UPDATE : Merci de ne plus me proposer d'albums à écouter, je n'ai malheureusement plus assez de temps à consacrer à cela :( Le reste de la team saura certainement en faire meilleur usage... Je danse sur l'architecture depuis plus de dix ans, d'abord pour RifRaf en presse écrite, et puis pour quelques webzines, comme Pinkushion, Psychotonique et VisualMusic. J'écris des chroniques rock n roll et autres choses sur Un seul critère : il faut que j'ai envie d'écrire dessus, simplement. Ou encore : Twitter Facebook ...
UPDATE : Merci de ne plus me proposer d'albums à écouter, je n'ai malheureusement plus assez de temps à consacrer à cela :( Le reste de la team saura certainement en faire meilleur usage... Je danse sur l'architecture depuis plus de dix ans, d'abord pour RifRaf en presse écrite, et puis pour quelques webzines, comme Pinkushion, Psychotonique et VisualMusic. J'écris des chroniques rock n roll et autres choses sur Un seul critère : il faut que j'ai envie d'écrire dessus, simplement. Ou encore : Twitter Facebook ...

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