Chronique

BENIGHTED
Carnivore Sublime

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Season of Mist

11 titres - 37 minutes
Sorti le 14-02-2014


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Mercredi 19 février 2014

Il existe des groupes qui ne connaissent pas la stagnation : chaque album marque un progrès, ou chaque tournée est plus grosse que la précédente. Benighted a placé la barre très haut en 2011 avec l’excellent "Asylum Cave", les plaçant directement dans le top des groupes metal en France, et pas seulement au rayon extrême. Ce statut vite confirmé par des tournées de très haute volée (salles combles, gros carton lors des festivals européens - du Neurotic au Wacken - ), c’est peu dire que ce nouvel album était attendu. Et ce, alors même que Benighted connaissait quelques changements de line up : départ d’Eric à la basse (mais encore présent pour cet enregistrement) et de Liem à la guitare, remplacés par Adrien et Alexis des grindeux de F Stands for fuck you (dont Benighted est maintenant composé aux trois quart !).

D’abord un mot sur le deuxième disque, inclus dans la superbe édition limitée, contenant titres live, démos et surtout des covers alléchantes : si celle de Aborted ("Meticulous Invagination") réussit sans surprendre et que le "Old" de Machine Head n’apporte rien de bien nouveau, on se délecte du traitement réservé au "Du Riechst So Gut", de Rammstein. Idée bien sympathique que ce disque bonus en tout cas.

Mais revenons-en à l’album, ouvert par le très direct "X2Y". Une minute trente d’intro en forme de coup de poing sonore, ultra efficace. Suivent alors deux des meilleurs morceaux de l’album, d’ailleurs dévoilés en forme de single : le super groovy « Noise » (ce refrain !) et le hit "Experience Your Flesh". Sur ce dernier, les backing vocals de Adrien, très hardcore dans l’âme, apportent un peu de nouveauté dans le son du groupe et du contraste par rapport au chant de Julien, pourtant toujours très réussi, et ce, tout au long de l’effort (gruik, growls, évidemment tout y passe). Il faut dire que les zicos ne sont pas en reste : les riffs inventifs sont à ramasser à la pelle et la performance olympique de Kevin à la batterie ne manquera pas d’attirer à nouveau l’attention des grands de ce monde (remember le dépannage de Decapitated et Sepultura fin 2013).

Le milieu de l’album est marqué par un featuring très réussi : celui de Niklas Kvarforth, de Shining, sur "Spit", qui vient apporter une noirceur qui sied totalement au son du groupe et au concept de ce "Carnivore Sublime" : celui d’un homme, marqué par le rejet durant son enfance, et qui n’accepte pas de partager l’amour de sa bien-aimée avec le bébé à naître. Si bien qu’il par les dévorer pour les garder "en lui". Un joli conte en somme…

Après s’en être pris plein la poire ("Defiled Purity"), on commencerait presque à ressentir un petit point de côté, alors que la ligne d’arrivée est encore loin (« Jekyll », pas forcément moins inspiré mais basé sur des riffs assez communs pour le groupe). Mais c’est au moment où l’on craint d’être ainsi essoufflé que déboule le très accrocheur "Collection of Dead Portraits", avant de conclure en beauté par le trio infernal "Carnivore Sublime" / "Les Morsures de Cerbère" / "June and the Laconic Solstice" avec leur basse claquante et leur structure plus complexe qu’il n’y parait.

Alors, est-ce que cet album est leur meilleur ? Pris dans son ensemble, tout se tient : un vrai concept, une production impeccable (comme d’habitude) au service de compos complètement habitées, ignorant l’ennui, et à coup sûr de futurs vrais cartons en concert. Peut-être pas aussi groovy que "Asylum Cave", "Carnivore Sublime" est plus constant sur la durée : un album hautement recommandable, et loin d’être le plus mauvais choix si vous voulez découvrir le groupe.


Tags : death grind
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