Chronique

GORGUTS
Colored Sands

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Season of Mist

9 titres - 62 minutes
Sorti le 30-08-2013


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Mardi 25 février 2014

Formé en 1989, Gorguts
Gorguts


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fait partie de ces groupes maudits : lâchés par Roadrunner en 1993 après un deuxième album déjà engagé vers plus de technicité ("The Erosion of Sanity"), split, rotations, suicide, décès, re-split, le groupe fut néanmoins toujours porté par l’un de ses géniteurs et aujourd’hui unique membre fondateur restant, Luc Lemay. Génie dans l’âme, ses différentes compos, parfois déroutantes, souvent singulières, mais toujours de grande qualité, ont influencé nombre de musiciens de la génération death actuelle ("Obscura", 1998, et "From Wisdom to Hate", 2001, sont des piliers du genre). Ce "Colored Sands", album concept retraçant l’histoire du Tibet, était une nouvelle fois l’occasion de le montrer.

Pour l’occasion, Luc Lemay s’est entouré de musiciens de grande classe avec le batteur John Longtreth de Origin
Origin


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), et la paire Colin Marston (basse) / Kevin Hufnagel (guitare) de Dysrhythmia. Pour autant, Gorguts
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n’a pas perdu son identité, loin de là.

Dès l’ouverture de l’album ("Le toit du monde") on est en effet saisit par l’ambiance toujours aussi sombre qui se dégage de la musique de nos Canadiens, alliant ici des moments de pure douceur à des envolées techniques des plus sauvage. Elément important, la production propre, en toute simplicité, fait très bien ressortir tous les instruments sans donner l’impression de s‘y noyer, et parvient à placer le chant en léger retrait pour mieux le fondre dans la musique.

La suite ne faiblit pas, bien au contraire. "An ocean of wisdom" semble d’abord vouloir expérimenter avant de lancer un anthologique passage aérien au milieu du morceau, alors que le tout en cadences mid tempo "Forgotten arrows" place quelques blasts épisodiques des plus efficaces, avant un break complètement maladif.

Les soli ne sont pas en reste, comme l’atteste celui du monstrueux "Colored sands", absolument magnifique, au sein d’un morceau titre tout en contraste (cette intro lumineuse !) et qui nous fait passer par tous les états.
On note aussi quelques moments complètements inattendus, même pour du Gorguts
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. Ainsi, "The battle of chamdo", ou comment réussir à composer un titre taillé pour être joué par un orchestre classique, est enchaîné avec un titre purement death, mais tellement Gorguts
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dans l’âme ("Enemies of compassion") avec sa construction rythmique si typique du groupe.

Certes, sur la longueur, il faut être capable de s’enquiller la durée des morceaux composés par le groupe. D’une noirceur insondable, les longs titres atypiques comme "Embers voice" ou "Absconders" mériteront plusieurs écoutes pour en saisir les meilleures subtilités. Un processus fort exigeant, mais ô combien gratifiant, où l’on distingue aussi l’apport des membres de Dysrhythmia qui nous offrent des respirations bienvenues, que ce soit par des soli inventifs, des riffs éblouissants, ou des breaks inattendus.

D’une puissance rare, aussi bien d’un point de vue purement metal que du point de vue de l’ambiance dégagée par le disque ("Reduced to silence"), il est vraiment difficile de rester insensible face à un tel déluge de qualité.
C’est tortueux, c’est sombre, mais c’est surtout très fort. Dans tous les sens du terme.


Tags : Death Metal
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