La reconnaissance grandissante n'aura pas changé d'un iota la formule proposée par les Anglais. Blood Eagle, où seule la maîtrise se fait de plus en plus forte, reste un album écrasant. Le nihilisme qui caractérise l'ambiance du groupe persiste. CONAN joue fort (surtout en live) et son album est une fois de plus produit pour que cette imposante lourdeur résonne jusqu'aux tripes.
La batterie martèle avec soin mais surtout poids tandis que la guitare saturée dans les basses fréquences prolonge le vrombissement de la basse. Avec ce chant particulier au groupe, en retrait et sorti d'on ne sait quel tourbier peu fréquentable, la musique imprègne l'auditeur d'une torpeur engourdissante.
Cette marque de fabrique permet aisément à CONAN de se distinguer des autres. Les six plages qui constituent l'album ankylose sévèrement. Pourtant Paul O'Neil et ses comparses apportent un peu de réveil et passant la troisième vitesse du rouleau compresseur sur Foehammer, Gravity Chasm ou avec l'accélération de Altar Of Grief mais sans jamais aller au-delà afin de préserver le sentiment d'écrasement intact.
Blood Eagle offre un laminage en règle et promet tout autant sur scène si pas plus quand on a déjà eu la chance de subir les assauts sonores du trio. CONAN ne sauvera pas le monde... il a plus pour vocation de préserver l'aplomb du Doom ou de faire ramper son Sludge tout en se tenant bien au-dessus de la mêlée. Abandonne donc toute rédemption vaine et ne passe pas à côté de cet écrabouillage !

Conan