Notons d’abord un premier changement avec l’arrivée Benedikt Natanael Bjarnason au chant en lieu et place de Gisli. Un petit (22 ans) nouveau bien intégré à la formation comme ont pu le montrer les prestations live du groupe début 2014 en support de Dehumanized, et dont le growl sied très bien à la musique de Beneath. Un Beneath qui continue sur sa formidable lancée inspirée par toute la scène US, mais qui a gardé (et même renforcé) sur ce deuxième effort son côté plus personnel.
Plus épique, l’album s’ouvre par les longs arpèges mélodiques de Depleted Kingdom, précédant les accélérations typiques du style à force de double et de riffs sauvages. Une excellente représentation de la suite de l’album, comme Chalice ou Iron Jaw, combinaison de férocité et de ces passages chers à Beneath, entre mélodie et technicité. Les autres titres parviennent à allier brutalité expéditive (Putrid seed of affection ou Veil of Mercy) et volupté plus posée (les presque 8 minutes de Sky Burial), tous servis par des soli impeccables.
Le tout se voit parfaitement mis en valeur par une production puissante et claire (cette fois-ci réalisée au studio Hertz), capable de faire ressortir aussi bien l’influence de la scène Suédoise (le In Flames old school) sur les harmonies, que celle de Suffocation sur les parties plus brutales, bien assumées. Des influences transfigurées par un jeu de batterie créatif et des guitares aussi denses qu’ingénieuses, bien qu’entachées par la longueur relative de l’album, et quelques parties répétitives.
Beneath joue du Brutal Death moderne mais ne cherche pas à en faire des tonnes. Misant sur la variété des ambiances et sur une technicité au service de sa créativité, Beneath parvient là à un vrai résultat, tangible, plutôt qu’à une solution stérile. En somme, ils sont parvenus à livrer ce type d’album de Death qu’il est devenu rare de pouvoir s’envoyer, et sur lequel on revient avec plaisir.
death, technical, Origin, Islande, Hertz
Beneath
In Flames
Suffocation