Après la sortie de leur premier album "Age of Disgrace" en 2010 (ma première chronique sur shoot me again), Pestifer n'a de cesse d'enchainer les tournées à l'étranger en compagnie de grands noms tels que Kataklysm, Nile ou Krisiun. Comprenant de la sorte que nul n'est prophète en son pays et que la scène étrangère est la meilleure des écoles, les liègeois prennent des notes, regardent, écoutent.
De retour au pays après 4 ans de gestation, Pestifer balance "Reaching The Void". Album de death métal technique sans concession, très rapide, s'ouvrant sur "Witness of the loss" un titre rappellant, notamment grâce au jeu de basse bien distinct, les excellents Atheist.
Comme dans leur précédant album, on retrouve dans ce neuf titres cette virtuosité propre à la vague plus technique des groupes de la Tampa bay. Ajoutons que cela va de pair avec un ton relativement old school et immédiat. Le mastering de Victor Bullok, producteur de Pestilence et d'Obscura, en est peut-être la cause.
En somme, Pestifer étalle tout son savoir faire sans jamais en abuser proposant même des phases plus lentes comme sur l'excellent "Within The Void" et le très nuancé "Orbital Failure". Ajoutant des solos vertigineux et pointilleux dignes du dieu Schuldiner en personne.
Enfin, un petit mot sur cet atwork verdâtre et sombre, où HR Giger cotoie Jean Giraud, rélisé par le fidèle David Caryn (déjà auteur de la pochette de "Age of Disgrace").
A l'image de cet album très réussi, cette oeuvre représente un Pestifer bien en place, survolant des rails prêtent à plonger vers ce vide obscur tel un cratère sibérien. On ne peut que les encourager sur cette voie. Car avec "Reaching The Void", Pestifer s'éloigne radiqualement des tendances virales de l'industrie musicale actuelle.

Pestifer
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Krisiun
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