Chronique

ELECTRIC WIZARD
Time To Die

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Spinefarm Records

9 titres - 65 minutes
Sorti le 29-09-2014


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Vendredi 24 octobre 2014

Le plutôt terne Legalise Drugs and Murder sorti en 2012 était tombé un peu à plat. Paresseux, Electric Wizard semblait se reposer uniquement sur les lauriers acquis avec le succès retentissant de Witchcult Today en 2007, un album accrocheur, au génie menaçant, qui a valu au groupe une place de choix au sein de scène Doom moderne. Après avoir fui les apparitions sur scène autant que son leader avouait se rapprocher de plus en plus des drogues dures, le groupe s’est finalement décidé à jouer live plus fréquemment et à revenir avec un nouvel album, quatre ans après Black Masses. Ce regain d'énergie a-t-il filtré dans les nouvelles chansons proposées dans ce Time to Die ?

Dès ses premiers gargouillis, dès ses premiers crépitements, Time to Die invite à pénétrer dans une chambre aux échos surnaturels. Le propos de Electric Wizard a toujours tourné autour de la drogue, de l’horreur, de l’obscur, sous couvert de riffs Doom ou Stoner à vous transpercer le crâne. Cette fois, les Anglais abordent un nouveau thème : la mort. Des chansons comme le très acide We Love the Dead (ce sustain !), l’excessivement tendu Destroy Those Who Love God ou le très sombre et réussi I Am Nothing en appellent toujours aux pensées les plus profondes de son créateur, gardant cette volonté de choquer. Du reste, Jus Oborn ne chante pas toujours : il marmonne, il gémit, et surtout, il se perd lui-même dans sa musique aussi facilement que dans une nuit noire. Plus grave, son chant est l’un des éléments forts de cet album.

Bassiste récemment recruté, Clayton Burgess (Satan’s Satyrs) place également son timbre particulier sur cette gamme obscure, tandis que le batteur Mark Greening marque son retour derrière le kit (il s’agit de son premier enregistrement avec le groupe depuis le fameux Let Us Prey de 2002) avec un timing impeccable. Cette section rythmique reste essentielle au son et à la tenue de Electric Wizard, venant s’ancrer dans les moments de perdition, et supportant sans faille les riffs dégoulinants régulièrement délivrés.

Des riffs signés Liz Buckingham, encore une fois dignes de l’héritage Electric Wizard, même ensevelis sous les lignes habituelles de distorsion et de réverbération. Inspiré, effectivement électrisant, le Sorcier hypnotise et séduit. Oborn parvient aussi à tirer son épingle du jeu, notamment par ces solos typés wah-wah, voire par des moments plus cosmiques comme sur Funeral of Your Mind, qui propose en outre un moment de garage-rock teinté de rock psychédélique, comme un bel hommage à Black Sabbath.

Malgré quelques inévitables (?) moments où l’on se demande si Electric Wizard n’a pas cherché à masquer quelque peu une légère tendance au recyclage (Sadiowitch très Black Masses, ou The Nightchild), le groupe revient empreint d’une pleine vigueur, faite d’un feu sombre et acide, qui lui coule dans les veines. Avec Time to Die, Electric Wizard livre un album très sombre, au son salement plaisant, et qui se met diablement en perspective avec la discographie du groupe. Intense et étourdissant.


Tags : Doom, Stoner, Black, Reverb, Sustain, Psyché
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