Chronique

VENOM
From The Very Depths

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Spinefarm Records

14 titres - 51 minutes
Sorti le 26-01-2015


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Vendredi 6 mars 2015

Welcome To Hell (1981) et Black Metal (1982) sont deux albums qui ont donné presque par inadvertance leurs racines sanglantes au Metal extrême. Ces classiques débordant de sonorités détraquées et blasphématoires, additionnés à des concerts bien brutaux, ont consacré la légendaire réputation de Venom comme progéniteur Black / Thrash. Venom (mené par son seul membre originel, Conrad « Cronos » Lant à la basse et au chant) pourra sortir tout ce qu’il veut, il sera toujours ramené à ces deux albums fondateurs (en y ajoutant peut-être le At War With Satan de 1984). Il faut dire que tous les disques sortis depuis font triste figure en comparaison, y compris la dernière sortie en date, Fallen Angels (2011), où Cronos était d’ailleurs déjà rejoint par Stuart "Le Rage" Dixon à la guitare et Danny "Dante" Needham à la batterie.

Sur From The Very Depths, Venom, agressif, est capable de montrer les dents. Les grondements inimitables de Cronos et son jeu de basse autoritaire fustigent les guitares broyeuses de Le Rage et la batterie marteau de Dante. Cronos s’essaie même à quelques artifices qui rappellent le passé, comme les lyrics de The Death Of Rock n Roll ("Line up the Marshall stacks / We're killing King Creole / With devastating thrash / The Death of Rock n Roll"). Et ce côté rentre-dedans fonctionne toujours très bien. Pour la même raison, Long Haired Punks et le plus affuté Grinding Teeth plaisent par leur côté spontané et pressé, alors que Rise (en clôture) a ce petit côté « hymne » simple mais jouissif. Niveau brutalité, Satanas Stigmatas et le furibond Evil Law fonctionnent, gowl inside s’il vous plait.

Le problème de cet album réside plutôt dans cette certaine prudence, celle qui conduit Venom à se mettre en mode automatique, comme sur le morceau titre (pas si dégueu, certes) ou les décevants Mephistopheles ou Wings Of Valkyrie. En fait, quand on attend les attaques caractéristiques très brutes à la Venom, le groupe, lui, envoie un contenu plus standard. Ou prenons encore Smoke, qui essaie maladroitement, par des riffs assez génériques et répétitifs, d’incorporer quelques frappes Stoner dans un ensemble manquant d’énergie. Temptation et Crucified se révèlent également fades : les riffs sont peu inspirés et le chant de Cronos assez poussif (Temptation ! Temptation !). La production punchy mais compressée laisse peu de marge à l’expression de la personnalité de Venom et ne permet pas de sauver ces morceaux de qualité intermédiaire donc.

On ne pourra pas reprocher à Venom de s’être forcé à composer un album pour plaire à ses vieux fans, ou au contraire qui sonnerait comme ce qui fonctionne de nos jours. Venom semble avoir cherché à écrire des chansons se rapprochant de leurs gouts actuels – y compris en incorporant quelques solos réussis. Malheureusement, cette recherche de variété dans le son repose aussi sur des riffs et un songwritting parfois pas si inspiré. Dommage, on aurait aimé aimer cet album encore davantage !


Tags : heavy,80,metal,black,cronos
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