Parmis ces groupes, certains ont pris la relève au début des 90's alors que la flamme des débuts était en train de s'éteindre. Electric Orange, quatuor originaire d'Aachen en est le plus bel exemple. Formé en 1993 autour du claviériste Dirk Jan Muller, ce groupe perpétue la flamme psychédélique version krautrock avec une dizaine d'albums au compteur depuis la sortie, en août dernier, du très beau ''Volume 10''.
Un album 8 titres, à la sonorité aérienne et au rayonnage électronique dominant, propulsé par des nappes synthétiques sous jacentes où guitare, basse, batterie mais aussi violon (Suite Beef) avancent à pas de loup.
La progression est lente, psychédélique et mystérieuse jusqu'au morceau de 20 minutes, ''Behind The Wall Of Sheep''. Un titre où la rythmique et les vibrations s'accélèrent avant de redescendre et de donner une leçon d'efficacité à la jeune génération néo-psychédélique qui se complait, bien trop souvent, à maintenir le tempo à son paroxysme. Dans Volume 10 au contraire, Electric Orange se fait maître des nuances où même le silence à son mot à dire.
Le dernier titre ajoute une dernière facette cinématographique à cet opus déjà très varié via le très sci-fi et bruitiste Worn Utopia. Un titre kubrickien, drone, où l'auditeur n'aura pas de mal à se confondre dans l'univers spacial et halluciné de 2001.
Enfin, tous les morceaux sont collés les uns aux autres, dessinant une sorte de jam-session instrumentale faussement improvisée et totallement maitrisée. Un des meilleurs 'Electric Orange' depuis bien longtemps.
Kraftwerk