Pour comprendre ce changement d'horizon, il faut avant tout se plonger dans l'univers dans lequel le groupe a évolué ces dernières années. Emmené par Miny Parsonz (chant/basse) et Josh Weaver (guitare), Royal Thunder voit le jour en 2004. Le couple, alors marié, vit une vie assez décousue, marquée par l'alcoolisme et la dépendance à la drogue dont n'arrive pas à se défaire Miny Parsonz. A cela se rajoute l'emprise d'un culte religieux carrément sectaire dans lequel les deux amants se jettent corps et âme. Ce cocktail explosif porte alors Miny Parsonz et son mari vers des horizons bien lointains qui les marquent au fer rouge et les feront accoucher d'un premier album sombre et personnel, témoin d'un mal-être latent.
Sortis de tout ça, les deux amants se séparent, à la vie, mais pas sur scène. Libérés de leurs démons, ils laissent alors le côté sombre au placard et semblent enfin revenus vers un peu plus d'optimisme, de douceur et de lumière. Avec Crooked Doors, ils balayent donc un pan de leur vie et livrent une musique pouvant s'apparenter à une échappatoire, voire même à une thérapie les faisant tourner une page d'une existence qui, jusque là, ne les a pas épargnés.
Avec ce deuxième opus, Royal Thunder abandonne donc ce côté pêchu et rock'n'roll qui était présent sur son premier effort et nous livre un visage totalement différent. Délaissant même par moment le modèle amplifié au profit d'instruments plus classiques tels que le piano et le violon, Royal Thunder n'agresse plus, mais berce l'auditeur comme en témoigne "The Bear II", un morceau qui s’apparente plus à une caresse qu'à une agression physique.
Si le jeu de guitare de Josh Weaver se fait plus psyché, la voix de sa partenaire oscille pour sa part vers un côté plus doux et plus accessible que par le passé, même si Miny s'époumone encore telle une Janis Joplin des temps modernes.
Avec Crooked Doors, Royal Thunder quitte donc avec succès ce côté lourd et torturé qui caractérisait son premier jet et se tourne vers un style totalement différent et beaucoup plus large. Quitte à déplaire, voire même à décevoir une partie de son public, Royal Thunder semble avoir donc eu envie de tout plaquer et de se tourner vers de nouveaux horizons. Qu'on aime ou pas, une chose est certaine, personne ne pourra leur reprocher de ne pas avoir évolué dans leur art.
Royal Thunder