Chronique

SHINING
IX - Everyone, Everything, Everywhere, Ends

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Season of Mist

6 titres - 39 minutes
Sorti le 20-04-2015


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Jeudi 6 août 2015

Quiconque s’intéressant de près ou de loin au Black Metal - tendance dépressive - connait le Shining suédois. Plus particulièrement, son leader, Niklas Kvarforth et sa personnalité complexe, isolée, faisant de sa musique une arme « contre » ses auditeurs davantage qu’un outil thérapeutique. Un être en tout cas productif, avec ce neuvième album en quinze années, au titre plutôt abrupt (IX: Everyone, Everything, Everywhere Ends) et forcément énonciateur de ce qui attend l’auditeur durant quarante minutes.

A moins de s’attarder sur les quelques notes de banjo entendues sur Inga Broar Kvar Att Bränna ou sur le chant clair de Kvarforth, cet album ne brise aucune des frontières profondes du Black dépressif tracé par Shining par le passé. Dans ses moindres recoins, cet album continue à explorer la vue pessimiste de Kvarforth sur ce qui l’entoure. Seulement peut-on remarquer, musicalement parlant, un goût moindre pour la complexité, en accordant plutôt ses faveurs à cette approche plus directe, éparpillée sur six chansons.

En ouverture instrumentale inhabituelle, Den påtvingade tvåsamheten sonnerait presque comme si elle avait été composée pour un opera rock, exaltant les qualités musicales à la Shining avant de tout renverser à l’aide d’accords sombres, pour un rendu peut-être plus fin que ce qui nous attend par la suite.

Car, dans son ensemble, cet album constitue une étape supplémentaire de l’évolution de Kvarforth en véritable songwritter, même si, bien entendu, tous les morceaux de IX: Everyone, Everything, Everywhere Ends ne sont pas si impressionnants que cela si l’on considère les travaux passés de Shining (V: Halmstad reste notamment une belle référence). Une opportunité manquée? Pas forcément, tant Shining s’est efforcé, par moments, à produire du catchy, du mémorable. Par exemple, la construction de Människotankens Vägglosa Rum, dont la progression se révèle aussi vitale que ses interludes acoustiques. Ou comment apporter mélodie et mélancolie par le biais d’un Black dépressif.

L’approche vocale de Niklas Kvarforth se démarque également, laissant paraitre sa frustration et sa tristesse tout au long de la progression de l’album, jusqu’à sa conclusion étouffante. Les parties écorchées comme les envolées plus claires ont la même valeur, et, additionnées à l’aspect instrumental susmentionné, on obtient un résultat des plus consistants (Inga Broar Kvar Att Bränna, chargé en émotions).

IX: Everyone, Everything, Everywhere Ends, n’apporte pas grand-chose de neuf mais constitue un retour cinglant pour Shining. Evidemment, il divisera parmi les fans de Black, mais il prouve à nouveau que Niklas Kvarforth sait comment écrire une musique extrême, éloquente et accrocheuse sans perdre une once d’intégrité artistique.


Tags : Black Death Niklas Kvarforth Andy LaRocque Suicidal Metal
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