Chronique

IRON MAIDEN
The Book of Souls

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Parlophone

11 titres - 92 minutes
Sorti le 14-08-2015


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Jeudi 24 septembre 2015

Le R101 c’était ce dirigeable, le plus grand navire aérien de l’époque, qui s’écrasa près de Beauvais le 5 octobre 1930. L’accident fit 48 morts et marqua la fin de l’aventure britannique dans l’exploitation de ces aéronefs. A l’instar du fameux Titanic, son histoire s’inscrit dans une course à l’innovation entre arrogance et patriotisme : c’est en tout cas en ces termes que Dickinson relate son histoire sur Empire of the Clouds, conclusion record (18 minutes !) de ce nouvel album de Iron Maiden, The Book of Souls. Un morceau, composé par ses soins, qui s’essaie à l’exploration d’un nouveau territoire musical, mais qui peine à y emmener avec lui tous ses passagers – complétant en cela l’image du R101.

C’est que ce double album s’étend sur 92 minutes, durée la plus longue jamais proposé par nos vénérables British. Fait marquant, The Book of Souls a été composé, arrangé et enregistré en France, dans le studio même où naquit Brave New World, parfois en seule prise, avec à la clé un son brut, presque live. Un résultat pas aussi poli que ne l’était Brave New World ou Dance of Death, mais qui parvient à s’inscrire dans la démarche entreprise depuis A Matter of Life and Death et The Final Frontier.

Cette approche, critiquée par de nombreux fans, fonctionne. L’empreinte sonore respire la spontanéité et une confiance en soi tout à fait maiden-ienne, même si The Book of Souls frise le sur-mastering et ne donne pas toujours assez de caractère à ses nombreuses sections à tiroir, dans un ensemble du reste assez longiligne, malgré cette batterie sautillante.

Des thèmes forts, un son réussi et un feeling global à l’avenant, mais The Book of Souls en fait trop, beaucoup trop. La chanson la plus courte (Tears of a Clown) dure presque 5 minutes, quand les autres s’étendent sur 7 à 10 minutes sans jamais vraiment justifier une telle longueur. Ainsi, The Red and the Black, et son style épique à la Harris, fait partie de ces morceaux très accrocheurs à la première écoute, avec son lead et ses solo à la Seventh Son of a Seventh Son, mais on pourrait aisément se passer du petit tiers répétitif de ses 13 minutes.

De même, le morceau titre (œuvre de Gers et Harris), pourtant fort réussi, s’embarrasse inutilement de passages acoustiques, et on décèle finalement tout au long de l’album des répétitions assez malvenues là où les chansons auraient méritées une cohésion plus concise.

Dommage, car les bons moments sont légion, comme les cinq minutes d’harmonies transcendantes de Book of Souls, le refrain de Shadows of the Valley et son solo limite prog’, ou encore l’outro de Empire of the Clouds. Globalement, le travail sur les guitares est somptueux, même si on continue à se demander comment sont réellement utilisées les trois guitaristes que compte Iron Maiden.

Obèse, The Book of Souls s’équilibre donc difficilement. Plusieurs passages se révèlent immédiatement assez bancals - un sentiment renforcé par les écoutes répétées. Ainsi, la section superflue succédant aux deux premières minutes de The Man of Sorrow, ou la mélodie du couplet de Death or Glory, assez faible ; tout comme l’est le pont de When the River Runs Deep. Il en ressort cette impression que le groupe n’a pas développé ses mélodies aussi loin qu’il aurait pu, ou dû. Tears of a Clown et When the River Runs Deep proposent de bons moments, mais leurs lyrics et leurs rimes sont également assez lourdes à écouter, rappelant parfois les moins bons aspects de Somewhere in Time. A l’opposé, les mélodies de Empire of the Clouds, Shadows of the Valley, The Red and the Black ou The Book of Souls sont superbes et transcendées par Bruce Dickinson.

Assez dépouillé en harmonies et autres effets studio, le chant, suit en effet la trame dessinée par le passé – surtout en live. Réussi, il donne l’impression qu’il a été enregistré tandis que Bruce arpente une scène, tout en parvenant toujours à atteindre des notes assez élevées (Speed of Light, premier single), au risque de forcer un peu l’effort.

Frustrant plutôt que décevant, The Book of Souls sonne et parvient à imposer plusieurs de ses mélodies, mais il ne peut convaincre dans sa globalité. Oscillant entre le bon et le dispensable, il aurait gagné – comme c’est très souvent le cas avec les formats double - à être condensé en une bonne heure. On peine donc à l’écouter entièrement, pour finir par en zapper plusieurs passages, voire à le confiner à un vague fond sonore, surtout pour sa deuxième partie. Le temps aidant, il se peut que l’album se révèle davantage, mais c’est bien cette impression qui prévaut, et c’est bien dommage.



Tags : heavy, culte, UK, Dickinson, Harris, R101
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