Chronique

WORMED
Krighsu

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Season of Mist

10 titres
Sorti le 18-03-2016


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Lundi 2 mai 2016

Le Slam a ses nerds, et ceux-ci attendaient assez impatiemment ce nouvel album de Wormed, Krighsu, nouveau chapitre de son projet futuriste de toujours. Depuis ses débuts, Wormed s’est en effet fait une spécialité dans l’association d’un Death brutal et technique à un concept ancré dans la science-fiction. De quoi permettre au groupe de se différentier dans son contenu et son imagerie, même si des compositions bien meublées et un riffing éclectique lui permettaient déjà de s’assurer une belle identité sonore, notamment depuis l’excellent Exodromos (2013), vrai pavé tourbillonnant de qualités heavy et groovy, qui faisait suite au déjà lourd et énergique Planisphærium (2003).

Musicalement, Krighsu propose du Wormed pur jus : distorsion massive, basse à la résonance ultra-grave (réglez bien votre pacemaker), jeu de batterie d’une complexité insensée, sans oublier les vocaux saturés au possible de Phlegeton.

Mais le problème avec Wormed - à nouveau vérifié ici – c’est sa capacité à se fendre d’entrée de jeu, comme si de rien n’était, d’un magma de riffs et de changements de rythmes difficile à déchiffrer de prime abord. L’appréciation de ce disque demande donc un minimum d’investissement, que Wormed sait comment obtenir, notamment à l’aide de ces petits passages limites atmosphériques que l’on trouvait déjà sur Exodromos. Necromorph Mankind et Agliptian Codex Cyborgization proposent ainsi de ces étranges volées de notes un peu irréelles qui viennent rompre ce vortex elliptique.

La densité de Krighsu se mue ainsi en expérimentations bien pensées au fur et à mesure qu’il s’égrène. On croirait déceler quelques petites touches à la Gojira, voire entendre parfois un croisement improbable entre Meshuggah et Cannibal Corpse ! Mais l’expérience Wormed vaut surtout pour elle-même, et culmine sur des morceaux comme The Singulatarianism ou Eukaryotic Hex Swarm, qui dévoilent des arrangements presqu’inédits pour du Wormed et permettent ainsi de varier un album qui autrement en aurait eu bien besoin. Même chose concernant Molecular Winds, écrite avec un certain goût épique, en dépit de ce fondu qui rappelle trop fortement la conclusion d’Exodromos.

Wormed parvient ainsi, et c’est une chose bien rare de nos jours, à produire un Death tout à fait personnel et immédiatement reconnaissable. Alors évidemment, le niveau de jeu et les ambitions affichées rendent la digestion de la bête peu aisée, surtout quand Wormed s’affaire à pointer son curseur sur son côté technico-bourrin davantage que mélodico-créatif. Mais l’espace, ça se mérite...



Tags : Phlegeton Sci-Fi Tech Death Metal
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