Les Liégeois ont en effet laissé derrière eux la parenthèse acoustique de leur dernier EP pour revenir à une musique directe et efficace. Le résultat claque d'entrée de jeu : un son massif, des riffs qui donnent envie d'accélérer et de remuer la tête, une voix bien en place. Morning Chaos est efficace, et ce n'est pas la moindre de ses qualités. On pense parfois à un Alice in Chains un peu plus rentre-dedans, notamment au niveau des soli, très réussis. Le refrain, peu intuitif au début, finit par entrer dans un recoin de votre crâne pour revenir vous hanter par à-coups, signe d'un morceau réussi.
Mais Morning Chaos sait aussi se faire plus mid-tempo. Lovelorn débute ainsi sur une intro acoustique typée southern avant un (très) gros riff. Ce titre, plus sombre, rappelle parfois Alter Bridge (après Alice in Chains, on peut dire qu'il y a pire comme name-dropping...) et monte joliment en puissance.
Alors qu'aujourd'hui, les groupes ont tendance à remplir jusqu'à la gueule leurs albums, quitte à inclure des titres totalement dispensables (le dernier Black Stone Cherry est un bel exemple), on peut se demander si sortir des EP n'est pas une façon comme une autre de ne pas lasser l'auditeur, surtout quand on joue une musique relativement directe. C'est ce qui permet à Morning Chaos, en cinq titres, de proposer des ambiances relativement différentes, comme sur un Orwells Nightmare intéressant et plus torturé où Kev se la joue presque David Draiman (Disturbed).
On Your Trail oscille entre moments énergiques et résolument taillés pour la scène, comme Running Wild ou le titre éponyme, et titres plus sombres en tirant dans chaque cas admirablement son épingle du jeu. Un EP qui, on l'espère, permettra au groupe de tourner intensivement en Belgique pour se faire une place méritée au soleil. Morning Chaos ne révolutionne rien, mais propose une musique parfaite pour profiter de l'été !


