Chronique

KVELERTAK
Nattesferd

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Roadrunner Records

9 titres - 47 minutes
Sorti le 13-05-2016


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Mercredi 29 juin 2016

En sortant son album éponyme en 2010, Kvelertak
Kvelertak


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dévoilait cette combinaison aussi insensée qu’improbable de Black furieux et de Rock accrocheur, portée par une attitude résolument festive et recouverte de lyrics incompréhensibles en Norvégiens – que l’on avait pourtant envie de beugler à tue-tête. Un cocktail renversant qui permettait au groupe de taper dans l'oeil des médias spécialisés (Metal Hammer en tête) et de capter un public large, rapidement convaincu par des shows live mémorables. Doués d’un songwriting fou et punitif, les Norvégiens méritaient amplement la hype qui les entourait, et laissaient entrevoir de belles choses à venir.

Quelques années à peine après, on a pu craindre pourtant que Kvelertak
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risquait déjà de rejoindre cette catégorie si spéciale des groupes prometteurs carbonisés trop vite. Meir (2013) renvoyait en effet à tout ce que son titre pouvait suggérer : plus. Plus de folie, plus de riffs, plus de mélodies, plus de tout ce qui était proposé sur l’album précédent... mais en curieusement moins réussi. La magie opérait toujours mais elle ne faisait plus briller les yeux comme avant.

Par chance, Nattesferd (Voyageur de nuit) change un peu la donne. Plutôt que d’essayer d’en revenir à nouveau à cette agression Punk des débuts, Kvelertak
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opère une mutation colorée vers un contenu Rock mâtiné de Heavy bien davantage que de Black, excepté peut-être sur le titre d’ouverture (Dendrofil for Yggdrasil), dont les blasts et les trémolos rappellent quelques souvenirs.

Ce qui ne signifie en rien que le groupe a vendu son âme au diable commercial, même si les fans purs et durs de la première heure seront sûrement déçus. Le premier single, 1985, produit un résultat des plus réussis en se promenant joyeusement entre rythmes mid tempo et leads frais; le tout toujours surplombé par les vocaux déchirés de Erlend Hjelvik , qui eux, n’ont pas changés (et c’est tant mieux).

Bien entendu, une telle orientation dans un groupe doté de trois guitaristes peut laisser espérer (ou craindre, c’est selon) une production affolante de solos. Il n’en est finalement rien. Mais ce manque apparent se voit comblé par la diversité stylistique des bonhommes. Prenons ainsi le très bon Nattesferd, et sa basse vintage introduisant des mélodies fuzzy puis un refrain aérien, tout en contraste avec un Bersekr, bien plus galopant. Autre exemple : Svartmesse, tout en progression stylée et en dualité vocale, assez éloignées du joyeusement animé Bronsegud, et de ses « hey ! » bien vivants.

Dommage cependant que quelques défauts hérités de Meir perdurent : l’album ne compte que neuf morceaux, mais la plupart sont bien trop étirés, notamment sur leur fin (Yggdrasil, 1985, Ondskapens), sans parler du mammouth de neuf minutes que constitue Heksebrann : associé au final Nekrodamus, ce duo forme une conclusion pataude, trop éloignée de l’image que Kvelertak pouvait relancer avec cet album.

Nattesferd ne permet donc pas à Kvelertak
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de revenir à l’excellence de ses débuts, mais rassure quant à la capacité du groupe d’apporter un peu de nouveauté à son propos, ravivant ainsi l’intérêt que l’on peut lui porter. Plus encore, l’affirmation de son côté Rock au détriment de son penchant Black, même s'il décevra certains, pourrait convaincre de nouveaux fans de se mettre au Norvégien.



Tags : Rock, Black, Punk, Norvège
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