On se souvient encore bien de Well Hunger ainsi que Stuff&such. Ces 2 albums avaient laissé un bon souvenir du trio gantois. Cette fois le titre du CD est plus long — Physical Violence Is The Least Of My Priorities — mais la musique est restée fidèle à sa qualité.
Depuis quelque temps le noise rock a le vent en poupe en Belgique, les succès de groupes comme It It Anita, Raketkanon, The Guru Guru et autres en témoignent. Et justement Raketkanon parlons-en! On sent bien l’interinfluence entre ces 2 groupes via le chanteur par ce groupe en lui-même, mais ainsi que dans ce 3ème album de Kapitan.
Élément différent, cette fois le trio a enregistré 8 titres d’une longueur «normale» et tous dans la même tranche, accompagnés par un dernier de 18min. Rien d’équivalent aux 48 min de la fin de Well Hunger. Ces 18 minutes seront malheureusement une chanson suivie d’un gros blanc de plus de 10 min et ensuite un interlude de fin, un peu décevant.
Ce disque de come-back commence par le «hit» — Caramelle — sorti sur internet avant l’album. On peut l’appeler «hit» avec sa rythmique moins noise et plus standard, mais aussi son riff entrainant. Il n’en reste pas moins de très bon niveau et rappel bien que Kapitan Korsakov est bel et bien parmi nous grâce à son chachet d'enregistrement assez «sale».
Le trio ne s’est pas privé de délivrer une simple musique brute et déconstruite. Les notes distorsionnées, effets de voix, de pédales, se jouent devant nous tout en gardant quelque chose de concret. La folie ou le chaos ne sont pas l’élément majeur, et heureusement car sinon on en aurait rapidement marre. Justement, mention à cette initiative qui permet de placer d’autant mieux le penchant assez indi ou «balade» de Kapitan Korsakov.
Cette fois, l’approche est autre. Physical Violence Is The Least Of My Priorities se trouve à la croisée de multiples chemins, peut-être trop selon certains goûts. Il n’empêche que ce côté plus net dans leur noise, voir psychédélique ou psychotrope même, ouvre plus de portes. De plus, certains riffs ou tempo de batterie donneront une structure assez maîtrisée entre ses temps chaotiques et autres plus construits propices à ces ouvertures stylistiques.
On se sait jamais exactement dans quoi on voyage avec le noise. Mais une chose est sûre, c’est que ce retour il va nous faire (re)découvrir pas mal de choses. Une belle preuve d’un savoir-faire à la belge dont on ne se lasse pas.

Kapitan Korsakov - noise rock - Belgium

Kapitan Korsakov

