Sur papier, hormis un nom qui claque, cette formation ne promettait rien de plus qu'un groupe de Post-Hard-Core-Noise prouvant que les étiquettes ont cette faculté de réduire un peu trop vite le champ de la curiosité.
Si le descriptif n'est pas volé, il ne pouvait toutefois pas laisser entrevoir l'intensité qui caractérise aussi YURODIVY. Car au-delà de la figure stylistique, c'est aussi la force dégagée par la présence sur scène et la musique qui impressionne.
Cette tension, on la retrouve dans cet enregistrement, premier album de ce groupe qui emprunte son nom à l'église orthodoxe. Le YURODIVY est celui qui agit de manière folle et dont la folie peut-être aussi réelle que feinte. Son inspiration lui vient de Dieu mais surtout, son statut d'excentrique lui permet de tout dire. Il est donc libre. Et ce YURODIVY que l'on peut entendre sur Aphos, possède cette particularité Punk, pas simplement folle, mais friande de libertés que l'on pouvait entendre chez des groupes comme PORTOBELLO BONES ou CONDENSE.
De fait, YURODIVY s'enrobe d'allures aujourd'hui appelées Post-Hard-Core. Mais les Strasbourgeois retournent au plus profond des tripes, les leurs mais aussi celles d'une scène qui s'appelait encore Hard-Core avant d'avoir besoin s'empatouiller dans ses ramifications. Et c'est là que la formation puise son intensité. De ces émotions aussi bien balancées en plein visage que retenues avec pudeur, YURODIVY construit des compositions insoumises.
Le groupe joue de tous ses atouts musicaux, force, accalmie, bruits ou explosions et multiplie la superposition des voix afin que chaque moment distordu, tendu ou de fragilité devient important pour entrer en résonance avec son auditeur.
On aurait pu les croire suisses, voisins de CORTEZ tant les membres de YURODIVY partagent cette idée que leur Post-Hard-Core se doit de déflagrer par la seule force du jeu et non des artifices. Une forme de sincérité qui coûte par ailleurs son unique (petit) défaut à Aphos, une production qui se veut DIY mais un rien trop brute.

Yurodivy
Cortez