Mais quatre années se sont déjà écoulées depuis Unnatural Selection, et, si le groupe en a effectivement profité pour tourner à en avoir la nausée, l’écoute de Conformicide laisse surtout à penser que les petits gars ont avant tout profité de ce temps long pour peaufiner encore davantage leur son jusqu’à faire de cet album probablement leur meilleur travail, mais aussi le plus compliqué à assimiler.
Cette fois, Havok semble avoir cherché à tirer au maximum les caractéristiques les plus excentriques, voire progressives, de ses influences, afin d’alimenter son style vénéré en créativité, lui qui se risque trop souvent au sur place, voire au retour vers le futur permanent. En résulte un album qui réussit à maintenir l’agressivité première du Thrash tout en faisant montre d’une créativité certaine et d’un effort notable sur le songwriting, par petites touches bien distillées.
Ainsi, si on reconnait sans problème le Havok cogneur que l’on connait bien (Hang ’Em High), on est avant tout frappé par l’ambition d’un Ingsoc ou d’un Masterplan et surtout par la basse de Nick Schendzielos (Job for a Cowboy), ambitieuse, dominante et véritable marque de fabrique de cet album (F.P.C.). Un album également dominé par les vocaux de David Sanchez, de plus en plus décrit – à raison - comme un hybride de Tom Araya (Slayer) et Dave Mustaine (Megadeth).
Pour toutes ces raisons, Conformicide constitue un album passionnant à écouter mais fortement exigeant, qui pose naturellement la question du chemin que prendra Havok par la suite. De notre côté, on a tendance à penser qu’après avoir posé de telles bases progressives, Havok n’a plus que se laisser envoler.

Thrash, technique, revival
Havok
