Chronique

CALIBAN
Elements

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Century Media

13 pistes
Sorti le 06-04-2018


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Vendredi 6 juillet 2018

Avec Elements, les allemands de Caliban
Caliban


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ajoutent à leur palmarès déjà bien étoffé un onzième album, et le cinquième sur Century Media Records. Depuis I Am Nemesis, la machine est bien rodée avec une nouvelle sortie tous les deux ans. Et Elements s'inscrit manifestement dans la continuité, aussi bien esthétiquement avec une cover sobre, un poil ésotérique, qui reprend le style adopté pour Gravity, que musicalement avec une formule qui continue de faire ses preuves. Explications.



Le ton est donné d’entrée de jeu. « This is War » ouvre l’album avec un exemple presque caricatural du metalcore estampillé Caliban : intro mélodique allant crescendo vers les hurlements du chanteur Andreas Dörner, refrain en chant clair taillé pour la scène, bridge plus calme et, bien sûr, indispensable breakdown pour le kiff. C’est tellement classique qu’on se demande si les paroles ne font pas volontairement référence à d’autres groupes du genre : on ne peut pas s’empêcher de penser à « Endzeit » de Heaven Shall Burn quand on entend « This is the final resistance » et on se dit que « We’re architects of the apocalypse » aurait toute sa place dans une chanson d’Architects. On retrouve aussi, avec ce morceau, un thème cher au metalcore hérité du punk : la guerre, ou plutôt une forme de lutte face à un oppresseur représentant l’ordre établi. « We’re gonna break the silence », chante Andreas — peut-être, mais en appliquant une formule éprouvée, et donc avec moins d’impact. Pour autant, la formule reste efficace et permet au groupe de livrer une dizaine de titres aussi efficaces que Intoxicated.

Le reste de l’album s’articule autour d’une autre thématique phare du metalcore : les peines de cœur et le mal-être. À cet égard, il faut reconnaître la qualité d’écriture des textes et de composition des morceaux. Les refrains, par exemple, rempliront parfaitement leur objectif cathartique en concert. On se voit d’ici hurler à plein poumons sur « Carry On », sans doute le morceau le plus chargé émotionnellement de l'album (« And I swear, that I'll carry on. And I swear, that I can prove you wrong. And I swear, our love's long gone. And you won't bring me down again. I swear! »), et oublier, le temps d’un concert, les tracas du quotidien. Malheureusement, la qualité des textes ne suffit pas. L'uniformité de composition de l'ensemble empêche l'émotion de s'installer sur la longueur.

Finalement, les seuls morceaux qui parviennent à tirer leur épingle du jeu sont ceux qui introduisent un peu de diversité sur l'album. C'est le cas, par exemple, de « Ich blute für Dich » avec Sebastian « Sushi » Biesler (Eskimo Callboy
Eskimo Callboy


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) qui marque dès la première écoute pour la simple et bonne raison qu'il est chanté entièrement en allemand. Le jour où Caliban
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abandonnera complètement l'allemand n'est pas encore venu – et heureusement ! On citera encore « Before Later Becomes Never » avec CJ McMahon (Thy Art Is Murder
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) et « Masquerade » avec Brian « Head » Welch (KoRn
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, Love & Death
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) qui, à la faveur de leurs featurings respectifs, parviennent eux aussi à se démarquer en faisant la part belle à des voix puissantes. L'occasion de noter en passant que celle d'Andreas Dörner, toujours aussi travaillée en studio, peine à soutenir la comparaison.

Ceci dit, on pourra critiquer autant que l'on voudra, Elements reste un excellent album de Caliban
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et probablement le meilleur depuis I Am Nemesis. Le groupe a atteint un nouveau niveau de maturité et d'aisance. C'est propre, efficace et, oui, on prend son pied. On pourra regretter qu'ils ne se laissent pas aller à tenter de nouvelles choses, mais on aurait aussi vite fait de fustiger un changement de direction. « So it begins and so it ends », peut-on entendre sur « Sleepers Awake » qui clôture l'album. Caliban
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livre peut-être un album sans surprise dans lequel on retrouve tout ce qu'on était en droit d'attendre, mais un album de grande qualité malgré tout. Alors ne boudons pas notre plaisir.



Tags : Caliban, metalcore
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