Un quatuor qui a toujours bien jonglé avec le noise, l’alternatif, l’indie, et beaucoup d’inspiration. Contrairement à leurs débuts, on a depuis 2 ans une sorte de formalisation dans la tracklist, Laurent ne s’évade plus à chaque opportunité. Un choix d’ordre tactique, tout comme leur musique, quelque chose de plus fédérateur. Mais ce n’est pas une critique, loin de là ! Car It It Anita signe très certainement sa tête de liste au point de vue discographique.
L’énergie qui mettait des étoiles dans les yeux aux amateurs de rock alternatif est aujourd’hui concentrée et bien répartie pour le plus grand bonheur de tous. Sans changer le fond décalé et les gimmicks techniques qui ont fait la marque IIA, on arrive cette fois à un travail qui passe dans la grande cour des grands. On sent dès le début avec Denial la tension qui s’apprête à tenir l’auditeur tout au long de l’album.
À la suite de cette introduction en douceur, on se retrouve directement plongé dans un quatuor de hits. 4 Titres qui n’ont pas besoin d’ordre pour fonctionner ni besoin d’être encadrés ; ils se suffisent à eux-mêmes pour démontrer la maturité développée par les Liégeois. La fouge canalisée, on n’a plus qu’à profiter de User Guide, Say No, 11 ou Another Cancelled Mission.
On en profite, parce que la suite va être une immersion auditive. Un duo appelé Tanker 2 partie 1 et 2 vient faire office de nouveauté. Une première partie instrumentale très prenante (qu'on soit fan de rock instrumental ou non), suivie d’une seconde partie où une voix féminine, celle de Myriam Leroy, tient un discours qui va hypnotiser et faire réfléchir. On se laisse prendre au jeu au sortir pour partir dans 16min décapantes comme on connaît depuis toujours avec It It Anita. Sauf que, on augmente considérablement la qualité, une tension aussi forte qui fait voguer entre rock transpirant et indie abyssal.
Après le savoureux duo GOD – Bored, il est déjà temps de finir l’album en longueur, comme toujours, et on ne va pas s’en plaindre. La production excellente de Laurent sublime Outboard, dont le ton pourrait faire penser à un one-shot tel qu’on connaît le groupe en live. On termine donc complètement retourné auditivement et émotionnellement après les 8 minutes de We Are Nothing. Dernière piste qui clôture en beauté et assez lunatiquement ce que l’on vient d’entendre, quand violence et douceur se mélangent pour nous laisser en réflexion et relancer la lecture depuis le premier morceau.
It It Anita frappe un grand coup avec Laurent, un album qui a tout pour se faire une belle place de choix dans le monde du rock alternatif, et pas qu’en Belgique !

Noise - indie - alternatif - Liège - IIA

It It Anita