Après un premier effort sombrement intitulé The Cutthroat Brothers (2018) sorti auprès de Digital Warfare Records, les deux barbiers à la vie et sur la scène remettent le couvert à l’occasion d’Halloween avec Taste for Evil (2019).
Cette nouvelle œuvre musicale sanglante a été enregistrée et mixée à Seattle par le producteur Jack Endino qui a notamment accompagné Nirvana, Mudhoney et Soundgarden. Le carte de visite des intervenants est décidément alléchante.
Pas de doute, les deux musiciens sont expérimentés et connaissent les ficelles du métier. La guitare est saturée juste comme il le faut, la batterie suit un rythme soutenu sans prendre le dessus, les paroles évoquent des histoires de sexe, de drogue ou encore de mauvaises rencontres.
Le choix de production s’est tourné vers un son étouffé, comme si nous assistons en direct à l’interprétation de l’album dans un bar au fin fond d’un endroit reculé de la route 66. L’effet, bien que classique, n’en reste pas moins pertinent. On notera cependant un léger manque de punch général.
Ce léger manque d’énergie se ressent particulièrement à l’écoute des quatre premiers titres ; le tir est corrigé à partir Wrong. A l’énergie contenue se rajoute un manque de folie. Quand on évoque du garage punk, nous attendons un minimum de délire que The Cutthroat Brothers n’arrive pas à déclencher, la faute probablement à un chant trop linéaire. Des envolées à la Pelle Almqvist (The Hives) auraient clairement portées la production à un autre niveau.
Avec Taste for Evil, les Sweeney Todd du garage punk rendent une copie somme toute classique -thèmes aguicheurs, guitare saturée- mais trop propre pour complètement emporter notre adhésion. Finalement, Halloween sera moins sanglant que prévu.
The Cutthroat Brothers - Taste for Evil - Chronique - Garage Punk


