Pourtant, 25 ans plus tard, ENVY est toujours bien présent et bien vivant. Le groupe s'est forgé une réputation solide et chacune de ses apparitions est devenu un évènement. Le groupe a tourné avec des formations telles que ISIS, EXPLOSIONS IN THE SKY, CONVERGE, DEAFHEAVEN ou MOGWAI. ENVY est devenu une référence du Post-Hard-Core dans son pays mais aussi dans le monde.
Le groupe nippon s'est construit un style aussi. A l'orée du Post-Hard-Core plus émotionnelle (Emo-Core, Screamo) et des envolées Post-Rock, ENVY marie ces moments intenses où la belle et la bête fusionnent.
Pourtant ENVY revient de loin, sans jeu de mots sur ses origines géographiques. Fin 2015, son chanteur, membre fondateur du groupe, décide de mettre le projet au placard en quittant la formation avant de revenir sur sa décision 2 ans plus tard.
ENVY renait avec 3 nouveaux membres mais son ADN est resté intact. The Fallen Crimson est le premier album de cette nouvelle ère d'un groupe qui fête aujourd'hui ses 25 ans. Cet album est taillé pour célébrer le passé, le présent et le futur d'ENVY.
ENVY m'avait laissé cette impression d'un groupe qui virait de plus en plus Post-Rock et je dois le reconnaître, l'annonce de ce retour en disque, via Pelagic Records qui plus est, me partageait entre de bons augures face à une telle référence et le risques de se retrouver devant un MONO bis.
Les premiers accords de Statement Of Freedom rassurent d'emblée. La production a beau être impeccable, ENVY a retrouvé sa verve Screamo. Avec une énergie non feinte, la nouvelle bande à Tetsu Fukagawa scelle l'urgence d'un genre qui a fait ses belles années.
Ces compositions tendues (Statement Of Freedom, A Faint New World, Marginalized Thread, Fingerprint Mark) auraient pu paraitre désuètes en 2020 se faisant l'écho d'une époque qui semble révolue. Mais au contraire, cette émotion est le pilier qui équilibre la formation. Les passages en japonnais, si ils apportent un peu d'exotisme dans un monde anglophile, s'avèrent touchant de musicalité.
Bien entendu, à ces moments dévastateurs, ENVY vient apposer des passages d'un beauté fragile (Rhythm, Hikari, Eternal Memories And Reincarnation,Dawn And Gaze, Memories And The Limit) qui apportent plus d'éclats que des bouffées d'air. C'est d'ailleurs cette dualité entre ses deux mondes qui a permis à ce groupe de devenir la référence qu'il est aujourd'hui.
Si The Fallen Crimson est aussi séduisant c'est également parce que ENVY évite le piège des compositions trop longues. En effet, les Japonnais vont à l'essentiel. Ils laissent suffisamment de place tant aux passages posés et détaillés qu'aux moments explosifs pour se développer mais ils ne les étirent pas. L'album touche par cette forme de simplicité qui contraste à nouveau avec cette production si précise. Un paradoxe qui fonctionne ici plus que bien.




