Outre des performances en live qui valent le détour, Polaris a également soigné son entrée en la matière avec un premier album, The Mortal Coil (2017), favorablement acclamé par la critique et qui a remporté un succès commercial de taille dans leur pays. En Europe, le succès reste mesuré, mais la donne pourrait changer avec The Death of Me (2020).
Au milieu de concerts à la pelle, Polaris a trouvé le temps d’enregistrer un second album qui a pour objectif d’asseoir définitivement leur ascension. Entre des titres qui sont directement reconnaissables –dès les premières notes vous pourrez identifier leur auteur- et une progression qui laisse supposer que l’expérience gagnée ces derniers mois a été bénéfique, il est fort probable que The Death of Me s’inscrive comme une pièce fondatrice du metalcore de cette décennie.
Profondément inspiré par des sentiments de froideur, ce second opus propose un condensé d’expériences liées à l’anxiété (Hypermania), d’automutilation en raison d’une hypersensibilité sensorielle etc. bref, la douleur est analysée sous toutes les coutures. L’œuvre n’est pas de celle qui offre un traitement, une interprétation sortant de la norme mais plutôt un rendu à ce point précis qu’il arrive à vous remuer assez facilement.
Les textes sont écrits de manière soigneuse, le rendu captive, néanmoins Polaris donne de temps à autre la fâcheuse impression de produire un son proche d’autres formations de renom. Ainsi, après quatre titres, deux (Pray for Rain et Landmine) font d’une façon ou d’une autre écho à Architects. Davantage qu’une pâle copie, nous y voyons une source d’inspiration qui aboutit à un rendu de qualité.
Le débat que fera peut-être naître The Death of Me sera celui de l’état actuel de la scène du metalcore. Les récentes productions qui sortent du lot sont à ranger dans la catégorie de celles qui proposent une qualité au-delà de la norme davantage qu’une véritable innovation. Nous ne nous attendons pas à des changements fondamentaux à court ou moyen terme dans le genre, ce qui explique nous position que certains pourraient considérer comme généreuse.
Bien que n’apportant pas de révolution, Polaris arrive à surprendre à différents niveaux. En mode mineur, le blast beat inattendu sur Landmine est extrêmement jouissif. En mode majeure, les accents de post-hardcore sur Vagabond sont excellents tandis que le rayon des compositions destructrices compte dans ses rangs Hypermania et Creatures of Habit que nous ne sommes pas prêts d’oublier.
Survolant son assemblée sans bouleverser pour autant le metalcore, nous faisons le pari que The Death of Me fera date. Puissant sans être changeant, ses atouts seront probablement suffisants pour constituer le moment T qui changera la destinée de Polaris. Bien joué !
Polaris - The Death of Me - Chronique - Metalcore

Parkway Drive

Architects
Beartooth