Et même si ce nouvel album fait suite à deux premiers essais plutôt réussis, tout fan déçu par le dernier Primordial (soit logiquement la majorité - no offense) attaque donc cet effort avec précaution et méfiance. Pour autant, changement de label aidant, l'album s'annonce en grande pompe, façon bande-son de la fin du monde que nous vivons tous depuis l'année dernière, et ce, même s'il a été enregistré juste avant la crise. Le torse bombé, sûr de lui, il est prêt à faire franchir une nouvelle étape au groupe.
C'est que Dread Sovereign explore davantage ses capacités. Certes il conserve sa base principale, rampant sur cet héritage Black Sabbath incontournable pour le genre. Mais le trio y introduit cette fois deux énergies presque contradictoires l'une par rapport à l'autre : les (nouvelles) parties up-tempo un peu plus crasseuses faisant penserà un croisement entre Venom et Motorhead se voient ainsi tirées par des élans un peu prog'. Soit une variété dans les approches qui aide Dread Sovereign à installer avec brio des ambiances propres dans ses compos, survolées par le chant brillant de notre ami excentrique (Her Master Voice) et ce même si quelques longueurs sont à déplorer (les longues dernières minutes de She Wolves of the Savage Season).
C'est donc quand il parvient à synthétiser les forces en présence et à faire parler son feeling Heavy complètement assumé que Dread Sovereign réussit son pari, comme le montre The Great Beast We Serve et son très gros riff, ou l'accrocheur Devil's Bane qui nous rappelle aussi le gros penchant qu'a toujours eu Nemtheanga pour Bathory. C'est d'ailleurs une cover de celui-ci que l'on retrouve en conclusion clin d'oeil avec l'obscur You Don't Move Me (I Don't Give A Fuck).
Dread Sovereign a su étoffer son canevas Doom habituel pour un Alchemical Warfare plus téméraire, élevant parfois le tempo ou au contraire recherchant l'empilement des sons le long de ses 52 minutes. Performance vocale à l'appui, Nemtheanga a regagné en passion et s'apprête à nous chanter la fin du monde : bien nous en prendrait de l'écouter.
Doom, Primordial, Black Sabbath, Bathory, Venom, Judas Priest

Primordial
Black Sabbath
Bathory