Chronique

EMPTINESS
Vide

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Season of Mist

10 pistes - 43'28
Sorti le 12-02-2021


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Vendredi 12 février 2021

La publication d’un album éponyme sonne toujours comme un moment particulier dans la vie d’un groupe, a fortiori lorsque sa carrière est déjà bien entamée. Emptiness
Emptiness


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aura donc attendu plus de 20 ans avant de passer le pas. Et pour marquer un peu plus les esprits, les Bruxellois ont encore opté pour un éponyme en VF. Tout un symbole pour une formation qui avait, jusqu’alors, choisi de s’exprimer en anglais.

Avec le son lancinant d’un respirateur pour métronome, Un corps à l’abandon donne le la et rappelle d’emblée que Vide a été conçu en 2020. Des claviers vaporeux, ponctués de vocaux désincarnés, esquissent les contours d’un univers restreint au temps suspendu. Au détour de bruitages que l’on imagine capturés dans un couloir d’hôpital, une ligne mélodique fantomatique apparaît furtivement, avec toujours ce respirateur à l’arrière-plan, et puis s’éteint. On pense spontanément à l’élégance douce-amère de Kat Onoma, à la poésie ouatée de Sigur Rós
Sigur Rós


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, à l’intimisme froid de Portishead
Portishead
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… Autant de références plutôt éloignées du registre metal dans lequel Emptiness évolue depuis ses débuts.

En dehors de Vide, incomplet, élevé au rythme un rien plus enlevé de la basse feutrée de Jérémie Bézier, le quartet file des ambiances cotonneuses sur des tempos lents et tisse des mélodies élastiques qui s’étirent entre langueur shoegaze et désenchantement post-… pop ?

Pas l’ombre d’un riff à l’horizon, ni même de distorsion, mais des accords en arpèges et des sonorités à la tonalité vintage 60’s appuyée. Même traitement du côté du drum-kit, qui fait la part belle aux motifs charley – caisse claire épurés et oublie tout à fait les blast beats. Quant aux vocaux aspirés, étouffés, le plus souvent inintelligibles, ils entretiennent le trouble ambiant, comme si le sens des sons importait davantage que celui des mots.

« Pourquoi perdre son énergie à crier, alors que murmurer à l'oreille est bien plus menaçant ? », comme nous le confiait Jérémie Bézier lors de l’entretien qu’il nous a accordé en décembre dernier. Effectivement.

Bande-son d’un film en noir et blanc projeté au ralenti, musique de chambre aux murs capitonnées, Vide essaime sons diffractés, rythmes léthargiques et mélodies désarticulées en 10 pièces à la beauté trouble. Et, ce faisant, Emptiness
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assume note pour note la rupture consommée avec son passé death-black.

Les groupes qui s’autorisent une telle (r)évolution ne sont pas légion. Hormis The Notwist
The Notwist


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qui a troqué son punk-rock abrasif des débuts pour une electronica tout en délicatesse, on ne voit pas vraiment d’équivalent.

Celles et ceux qui gardent Oblivion ou même Nothing but the Whole comme points de référence devront dépasser le stade de la première écoute d'un Vide qui les laissera probablement perplexes. Car la noirceur séminale qui irrigue les précédents opus du groupe ne saute pas exactement aux oreilles ici. Pas immédiatement, en tout cas. Et c’est bien là toute la subtilité et la force de ce Vide à plusieurs niveaux de compréhension, qui se dévoile progressivement, insidieusement, mais qui, une fois apprivoisé, se révèle tout aussi sombre et radical que ses prédécesseurs.

De là à dire que Vide ne fait pas que redéfinir le son d’Emptiness
Emptiness


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, mais qu’il ouvre aussi de nouvelles perspectives pour les musiques extrêmes…
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AUTEUR : Olivier
Infatigable découvreur de sons, Olivier parcourt la planète musique depuis quelques décennies maintenant, avec un intérêt plus marqué pour le me...
Infatigable découvreur de sons, Olivier parcourt la planète musique depuis quelques décennies maintenant, avec un intérêt plus marqué pour le metal, le post-rock et le jazz. Il fréquente assidûment les salles de concerts de France et de Belgique, mais il n'hésite pas à passer les frontières et à tailler la route pour assister aux presta...
Infatigable découvreur de sons, Olivier parcourt la planète musique depuis quelques décennies maintenant, avec un intérêt plus marqué pour le metal, le post-rock et le jazz. Il fréquente assidûment les salles de concerts de France et de Belgique, mais il n'hésite pas à passer les frontières et à tailler la route pour assister aux prestations de ses artistes favoris. Il a rejoint l'équipe en novembre 2020....
Infatigable découvreur de sons, Olivier parcourt la planète musique depuis quelques décennies maintenant, avec un intérêt plus marqué pour le metal, le post-rock et le jazz. Il fréquente assidûment les salles de concerts de France et de Belgique, mais il n'hésite pas à passer les frontières et à tailler la route pour assister aux prestations de ses artistes favoris. Il a rejoint l'équipe en novembre 2020....
Infatigable découvreur de sons, Olivier parcourt la planète musique depuis quelques décennies maintenant, avec un intérêt plus marqué pour le metal, le post-rock et le jazz. Il fréquente assidûment les salles de concerts de France et de Belgique, mais il n'hésite pas à passer les frontières et à tailler la route pour assister aux prestations de ses artistes favoris. Il a rejoint l'équipe en novembre 2020....

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