Le trio, comprenant des membres de ORTEGA, aura peaufiné durant deux ans et demi, ce premier album. Durant ce temps, FARER a exploré les différentes possibilités qui lui étaient offertes d'être un groupe Doom ayant comme particularité d'avoir deux basses mais aucune guitare.
De l'utilisation de ces deux basses, résulte un son et un style assez rugueux plus que rond. FARER mise sur ce côté Noisy que ces instruments aux grosses cordes peuvent produire. Cette résonance s'accompagne d'un chant empli de souffrance dont les cris primaires accentuent ce sentiment noir et malsain qui se dégage des quatre compostions.
Quatre compositions qui tirent en longueur bien évidemment pour peser de tout leur poids. FARER joue avec les limites. Pas celles que l'on repousse mais celles qui maintiennent un équilibre fragile. Ainsi à chaque fois que le trio donne l'impression de s'enliser, il parvient à rebondir subtilement. Bien ancrée dans une ambiance malsaine, la musique de FARER décortique un minimalisme bien plus riche qu'il n'y parait. Il faut plusieurs écoutes et une immersion progressive pour amadouer le disque, mais une fois que celui-ci commence à s'apprivoiser, son côté caustique se révèle être une force.
