L'avantage du Dark Ambient, c'est que même avec un concept connu de l'oeuvre, il reste possible de se laisser à ses propres inspirations et humeurs du moment. Et bien évidemment, quand Peter Verwimp use de toutes ses compétences shamaniques et animistes, on se laisse aisément emporter dans des voyages aux perspectives multiples.
Rite III est particulièrement lumineux. Bien que dégageant une atmosphère ésotérique, cette composition de plus de 20 minutes se colle parfaitement à un réveil du jour. Progressivement, on émerge de ce Rite tel le soleil qui se lève à travers la brume ou en étendant ses couleurs chaudes matinales.
Et si ce titre qui se pare également de sonorités étranges ou exotiques, suggère aussi un éveil à l'orient, il n'est finalement pas nécessaire de se rendre très loin pour matcher l'image et le son. Il y a fort à parier que n'importe quel recoin de fenêtre fera office de porte ouverte à votre envoûtement.
Rite IV est un peu plus court (15 minutes) mais également en progression. Le temps d'installer et de construire son ambiance fait partie de l'exercice Drone et ASHTORETH maîtrise l'exercice. Cette composition est ici plus bourdonnante. L'expérience génère donc un sentiment plus inconfortable ou volontairement malaisant. De fait Rite IV s'appuie plus sur le côté sombre du projet. On se réservera ce Rite IV pour des moments plus définis et négatifs.
En tablant sur ses deux facettes, une shamanique et l'autre plus dronesque, ASHTORETH rassemble son côté pile et face sur ce disque. En fonction des goûts et des couleurs, voire des temps de chacun, la préférence ira à l'un ou à l'autre. Mais personnellement, je trouve que c'est dans son inclinaison plus méditative que le projet s'exprime le plus intensément. Ce qui n'empêche aucunement d'apprécier aussi le style plus sonore de ASHTORETH.
Ashtoreth