Le mammouth ne pouvant rivaliser avec les contraintes et contrecoups de la grosse machine économique, Jérémy prend ensuite le temps et continue personnellement d’explorer les voies sonores pour façonner KUMITE et nous offrir son Vol. 1 en ce début d’année. Oubliez les références précitées puisqu’il nous embarque dans un univers Synthwave influencé par les calibres actuels du genre (Carpenter Brut, Perturbator, Zombi, Gunship) et les compositeurs de musiques de films comme Paul Hertzog ou John Carpenter.
C’est donc inspiré par des films des années 80 (Blade Runner, Escape from New York, Running Man, Terminator...) que KUMITE (pononcez ''Koumité'' en français, en référence au film Bloodsport) nous emmène dans une atmosphère rétro-futuriste où tous les coups sont permis: synthés bien kitch remplis de chorus, grosse basse qui roule, boîte à rythmes et toms qui claquent bourrés de reverb, le tout parsemé de samples de circonstance. Quant au choix de l’artiste pour ces 7 titres en langue française, il n’a rien d’anodin puisqu’il colle au penchant glam et ludique de ses compos en accentuant le côté « nanardesque » (cf. Escale à Nanarland). Si la plage finale nous gratifie d’une version boostée du Push it to the limit (Paul Engemann pour Scarface) nourrie d’un solo qu’un groupe Heavy 80’s n’aurait pas renié, il ne faudrait pour autant pas s’y méprendre. Car si KUMITE est né dans la foulée de cette reprise destinée à approcher la programmation et les synthétiseurs, on se laisse attraper aisément par le caractère singulier de sa Synthwave Dark et Heavy, scintillant dans l’obscurité. Les ruptures et variations de tempo bien senties, couplées à l’attrait mélodique des morceaux, témoignent d’un sens certain de la compo, de la structure et des assemblages accrocheurs. Rien ne tire en longueur car KUMITE ne semble pas s’encombrer, préférant refléter son caractère direct, dynamique et punchy.
Amateurs du genre ou pas, avec ce Vol. 1 disponible via sa page Bandcamp, alors qu’il cherche les moyens pour une sortie future en version K7, KUMITE est à coup sûr entré dans l’arène et nous entraîne à doubler le volume. Tout comme il pourrait attirer l’un et l’autre programmateur, d’autant plus avec ce que l’on peut imaginer qu’il garde sous la pédale.
Down To Earth (BE)

Carpenter Brut
Zombi