Interview

MANGOUSTE

Jeudi 6 janvier 2011

1) J'ai entendu une histoire assez incroyable, avec du vin dans un bois, qui expliquerait le choix de ton blaze... Pourrais-tu la raconter à nos lecteurs?

Tu as de bonnes sources! Qui t'a raconté ça? (rires) En gros, c'est parti d'une rando avec quelques potes dans une forêt en Ardenne, d'un barbec aromatisé d'herbes locales et d'une soirée autour du feu animée par de nombreux débats (un feu, une tribu, une histoire...). Comme on avait prévu les provisions en conséquence mais pas l'équipement nécessaire pour dormir à la belle étoile, on s'est improvisé pensionnaires dans une cabane qui se trouvait à deux pas. Le lendemain avant de partir, j'ai laissé deux bouteilles de vins au propriétaire ainsi qu'un petit mot expliquant notre passage et le remerciant pour son "hospitalité forcée..." Ce mot était signé: "La mangouste". Ca a bien fait marrer mes potes et le nom est resté puis s'est retrouvé en lettrages grossiers souvent accompagné de slogans revendicatifs sur les murs de certains quartiers de Liège et de stations de métro à Paris. Au fil du temps le "la" a disparu pour devenir "MANGOUSTE
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". Voilà pour la petite histoire, je pourrais aussi te dire que le choix de ce blaze a aussi été influencé par ma passion pour les ophidiens; la mangouste étant l'un des prédateurs naturels de ces derniers, ce nom devenait une sorte de concept paradoxal que je trouvais intéressant. Pour conclure, la vraie raison de ce choix, je vais te la dire mais chuuuut! C'est entre nous, je ne voudrais pas que tes lecteurs croient (peut-être à raison) que j'ai l'esprit dérangé. Je pense vraiment que la mangouste est mon esprit animal. Parfois, je me dis que j'en aurai préféré un avec des ailes, genre un aigle, un condor ou diabolo dans l'avion de satanas, mais au final je m'en accommode très bien.



2) Maintenant que nous connaissons l'histoire du nom, raconte-nous l'histoire de l'homme! Comment as-tu fais ta place dans le rap, qu'est ce qui t'a donné envie de commencer la musique?

Franchement, difficile parfois de dire dans ce qui détermine tel ou tel choix... Les facteurs peuvent être nombreux: le désir de changer radicalement de vie? Un choc émotionnel entraînant un état de conscience modifié? La colère, la passion, le besoin de créer? Au final, on ne sait pas trop pourquoi on est là mais on tend à se diriger vers ce pourquoi on pense être fait. Certains ont la chance de trouver leur voie, d'autres la cherchent en vain durant toute leur existence, d'autres encore sont arrachés cruellement à leur vie avant d'avoir eu le temps d'y penser... Quelle logique y-a-t-il à tout ça? Ce qui est important à mon sens c'est de ne pas passer à côté de quelque chose, de suivre son instinct, parfois même au détriment de la raison (la quoi?). Quand j'ai commencé à rapper, rien ne me prédestinais à ça. Je n'ai ni une voix exceptionnelle, ni un flow qui tue. C'était juste un besoin de faire sortir des choses, seul, un peu lâchement, dans des parcs vides ou des pièces sans public. Après, on se pose la question de savoir ce que l'on veut. Soit on fait le truc juste comme ça pour se défouler, comme exutoire, soit on le pousse plus loin et on taf dur pour le développer. Dans mon cas, la création de LIBERTAS GENTES
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avec CHILKA ( aka ALI HYENE) et SK8 en 2001 a été déterminante. C'est là que le truc est devenu plus sérieux et qu'on a enchaîné nos premières scènes, avec leurs joies et leurs aléas ( je me rappelle notamment d'une fois où l'on est monté sur celle du Bota avec Chilka pour un feat et les piles du mic HF n'avait pas été remplacées. On entendait pas nos voix, ni dans les retours ni en façade, on l'avait vraiment mauvaise!) Sur l'ensemble je n'ai que d'excellents souvenirs, de la zone au magasin4, du Carlo Lévi au Rotë flore, ou encore le musico drome d'Hasselt où on a eu la chance de faire la première partie de Starflam qui reste un groupe de référence dans le HIP HOP, tant dans le rap que dans le graff ou le djing. C'était aussi l'époque des soirées Freestyle dans la cave de Jagan avec l'incontournable Lado shadow et des premiers enregistrements à prolétaire prod, d'abord à Bressoux puis dans les anciens locaux de la Cosa SL (un fief de la pensée et de l'action alternative, aussi le lieu de notre premier concert officiel avec Chilka). Ensuite, participation à diverses compile RAP. Rencontre marquante avec Microglycérime
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et les 430: de véritables piliers de la scène rap en Belgique. Bref, de fil en aiguille, j'en suis arrivé à la création de "Terrien Vague".



3) Tu as sorti ton album "Terrien Vague" dernièrement, explique-nous comment a fonctionné le déroulement de la création de cet album, autant pour l'écriture que pour la composition des prods et l'enregistrement?

Tout s'est fait assez naturellement, je bosse avec CO (Prolétaire Prod) depuis longtemps, on a notre méthode de travail. En général, je sélectionne les prods sur lesquelles j'ai un coup de cœur puis, suivant l'ambiance qu'elles dégagent, j'y applique un des nombreux thèmes qui gravitent dans ma tête. On fait un premier enregistrement pour voir ce que ça donne et on garde ou on vire... Pour Terrien Vague, on devait avoir une soixantaine de morceaux enregistrés, on en a sélectionné douze, qui à mon sens, représentaient le meilleur choix en fonction de la couleur qu'on a voulu donner à l'album. C'est à dire varié, sincère mais sans prétention. La plupart des prods viennent de CO, elles sont essentiellement composées de sampling. L'instru de Genèse a été réalisée par PEE MAN, elle était un peu folle et j'ai eu envie de la tirer en longueur. Les interludes et le morceau "Les autres", sont entièrement composés au clavier. C'est la touche de SK8 qui apporte une ambiance dark mais mélodieuse avec une pointe de mélancolie. Sur certains morceaux comme "Intarissable", la basse est jouée par FAX (Libertas Gentes
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). Sur d'autres, les samples se marient aux accords du clavier de SK8. C'est un travail d'équipe, des compos instrumentales jusqu'à la prise des lyrics. Ce qui rend cet album intéressant c'est autant le travail technique titanesque de CO sur une auto prod 100% Home studio, que l'intervention des différents featuring. CHILKA est "mon Broz" de Libertas Gentes
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et il m'assiste sur scène pour la plupart de mes morceaux solos. On peut facilement partager un thème comme si ça coulait de source. Il a tout déchiré sur "Magnitude -4000" ou encore "L'instru m'emporte". NEOFELIS vient du 430, c'est un vrai félin et le rap conscient ça le connait! Sur "Ignorance cultivée" nos styles différents se complètent et il analyse une situation sur un thème tabou. Ce MC dégage une énergie incroyable, il a vraiment des choses à dire (2 albums dispo). Un mec comme ABEL IRIE, débarque tranquille, humble et respectueux, il te pose une grosse tuerie, du texte au flow, puis repars pénard sur son vélo. Comment veux-tu que ce ne soit pas un vrai plaisir de travailler avec des MC comme ça? CAREONE est un ex membre de Libertas Gentes
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qui a arrêté de rapper, respect à son choix mais quel gâchis! Quand on écoute son flow et la richesse de ses textes... Il y a aussi KINGLEE
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(aka l'enfant pavé) ou KAER dont le parcours n'est pas des moindre et que tout le monde connaît. Il y a encore MGR(microglycérime
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et l'incisif ISAK DORCEL, 430 dirty cellar). Ce sont mes vieux associés avec qui c'est plus qu'une tradition de bosser. DJ Tommy amène sa griffe immédiatement sur l'intro. Chirurgical, il cherche toujours à s'harmoniser avec l'instru. DJ Fleo (cellule autonome), intervient avec des cuts engagés sur "A cran" et donne le coup final sur "Animal street".

Voilà ce qui fait prendre (ou pas? A vous de juger...) la sauce de Terrien Vague: être bien entouré. Mais la cerise sur le gâteau c'est incontestablement le taf monumental que Baïko a effectué pour la création de la pochette. Cet artiste, peintre, MC, graffeur, a parfaitement retranscrit le visuel que j'imaginais pour mon album. Telle une couverture de BD, en une image, il pose l'ambiance et résume l'ensemble de son contenu. Vraiment respect à ce gars là, parce qu'il a vraiment peint cette pochette avec tout son cœur et son immense talent. Même si cet album est assez perso, ce sont tous ces gens qui font partie de mon monde qui lui ont donné vie et je les en remercie. Télécharger l album Terrien vague avec le lien suivant ;
http://www.proletaireprod.com/Mangouste.zip



4) Toujours par rapport à cet album, pourquoi as-tu choisi ce titre la? Qu'est ce que "Terrien Vague" signifie pour toi?

Un terrien (terrienne) vague est un homme (femme) qui cherche sa place dans le monde et tente désespérément et/ou passionnément d'agir sur lui à travers l'art. On pourrait le comparer autant au fou du tarot qui suit un parcours initiatique dans un monde symbolique qu'à Don Quichotte qui ne fait que combattre les moulins mais laisse une trace indélébile dans le monde littéraire. Le terrien vague a soif de liberté et cette soif le pousse sans cesse à la révolte. Suivant le contexte dans lequel il se place, il représente soit l'énergie créatrice et la force qu'on peut tous puiser en nous pour agir sur nos vies ou, à notre échelle, sur le monde. Soit la volonté de destruction d'un système qui ne correspond en rien à ce dont il aspire. S’il était un livre, ce serait celui des changements. S’il était un dessin, un tag de Kunta kinté. En une phrase, le terrien vague veut faire de sa vie une œuvre d'art afin de lui donner un sens. Voilà un bon prologue pour une BD de science-fiction, désolé, je suis fan de comics! (rires).
Ce titre est juste un flash perso assortit d'un jeu de mots et l'album était surtout pour moi une façon de marquer le coup après quelques années dans le HIP HOP.



5) Quelles ont été pour toi dans la musique ou autres, tes grandes sources d'inspirations ? (que ce soit musicales ou dans l'écriture)

Ma culture musicale est aussi diversifiée que mes lectures, les influences peuvent être nombreuses. Je suis fan des ambiances New-York, les vieux albums du Wu, de Terror Squad, Nas, M.O.P. , Krs one, House of Pain
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, mais aussi Biohazard
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ou Beasties Boys. J'écoute autant du Buju Banton que du Rage Against The Machine
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, du Nailbomb
Nailbomb
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que du Massive Attack
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. J'aime les groupes comme Sca P, King Prawn
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, Hocus pocus, The Roots, Explicit Samourai, Steel Pulse, D.R.I.
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, Cypress Hill, Mass Hysteria
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, ou The Devil'z Rejects... Des morceaux comme "lecture aléatoire" de Medine me touchent autant que "le cri des sos" de Daniel Balavoine... Un rif de Roger Waters est aussi efficace qu’une frappe de Dave Lombardo, un texte d'Akhenaton aussi puissant qu'un morceau de Hatebreed
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, des gars comme Les Beruriers Noirs, NTM ou même Renaud, ont marqués leurs époques et osé dire des choses quand tout le monde fermait sa gueule. Dans le rap français les références sont nombreuses; La Cliqua, Assassin
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, Sniper, Intik, La Rumeur, Hi Fi, Kerry James, Arsenik, La Brigade, 2bal 2neg, Casey
Casey


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, Timide et sans complexe... Dans le rap belge des groupes comme Ultime Team, Opak, Invaderdz
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n'ont rien à envier à personne. Au contraire, ils ont leur propre identité et déchire autant dans le fond que dans la forme. J'ai aussi pas mal écouté CNN, Big Shot, FRJ, BRC, De Puta Madre et bien sûr Les Malfrats Linguistiques ainsi que les bonnes vieilles ambiances de Rainy Days sur radio campus. Pour l'instant, je kiffe essentiellement sur Ill Bill
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, Outerspace, Snowgoons et en répondant à tes questions j'écoute du Army of the pharaohs. Je suis aussi un fan de la première heure des artistes du label Ninja Tune. Pour ce qui est de l'écriture je me sens plus influencé par des groupes comme Trust
Trust
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ou Dead Prez, (et sans aucun doute Bob Marley, le militant le plus écouté au monde, encore de nos jours...) mais ça peut être aussi (comme je le dis dans "genèse") du Stephen Hawking avec une touche de Malcolm X (il y a une variante: les frères Bogdanov sur fond d'Eddy Murphy, mais ça fait tout de suite moins sérieux!). J'aime les réalisateurs comme Spike Lee, les Hughes Brothers ou Tim Burton. Un de mes potes, Raphaël Dethier (aka Le bouffon des ténèbres), à présenté son film (Martha) récemment au Churchill à Liège, c'est un truc de fou! Je ne raconterai pas l'histoire mais j'ai connu une situation similaire dans mon quartier. Ce film nous a donné envie de créer un morceau avec toute l'équipe de Libertas Gentes
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. La lecture aussi est une grande source d'inspiration: Don L. lee, Aldous Huxley, "Sens plastique" et "La vie filtrée" de Malcolm de Chazal, Pierre André Taguieff, David J. Garrow, Carlos Castaneda... "Utopie Pirate", mon album en préparation, se réfère plutôt à Hakim Bey, Angela Davis, Anton Parks, Daniel Defoe, Hugues Leforestier, Georges Orwell mais aussi à Paul Watson et à Wikileaks.



6) Quel sont tes projets futurs? As-tu un nouvel album en construction et des concerts de prévus?

Ma priorité c'est d'abord de sortir un album avec Libertas Gentes
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, on a évolué vers un style fusion et l'équipe veut plus que jamais mordre la scène (la démo LG est téléchargeable gratuitement sur le net). http://www.proletaireprod.com/LibertasGentesDemo2010.zip En parallèle, je bosse sur mon prochain solo dont le titre sera "Utopie Pirate". Je ne me donne pas de délai, je prendrai le temps de le faire comme bon me semble. Pour ce qui est des concerts, toutes les propositions sont les bienvenues.



7) Tes paroles sont, en globalité, concentrées sur la révolte populaire, l'antifascisme et l’antiracisme… par ce biais, tu nous montre bien que tu es un rappeur engagé! En dehors du rap, es-tu présent sur le terrain?

Tout d'abord soyons clair : je préfère éviter les étiquettes, pas que le fait d'être qualifié d'antifasciste me dérange mais simplement que je ne tiens pas à en faire ma soupe populaire. C'est un sujet parmi d'autres, je ne suis qu'un artiste qui s'exprime. Evidemment, je n'hésite pas à prendre position sur des thèmes importants qui nous concerne tous et le racisme en est un, mais ça ne fait pas de moi un leader charismatique ou un porte parole de l'antifascisme (d'autres sont bien plus compétents que moi pour cela). Je reste un MC qui donne son avis.

Deuxièmement je viens d'une autre époque. A l'heure actuelle, on pourrait presque croire que l'antifascisme est une tendance, une espèce de mode que certains ingurgite comme un burger dans un fast-food que je ne nommerai pas, sans vraiment en connaître la consistance. Bien sûr, c'est important d'exprimer ses idées, mais il est aussi important que ces idées relèvent de la conviction intime plutôt que d'un courant quelconque, car parfois, quand le vent tourne... les courants changent. Ce que je veux dire c'est que tout le monde devrait être antifasciste, c'est un devoir de citoyens et avant tout d'êtres humains, pas besoin d'industrialiser un idéal comme on l'a fait pour l'effigie du Ché. Une fois de plus; écoutons notre instinct!

J'entends parfois des propos de la part de syndicalistes soi-disant "de gauche" qui pourraient sortir de la bouche de militants d'extrême droite. A côté de ça, les néo-nazis sont sortis de leurs clichés vestimentaires et peuvent ressembler à monsieur tout le monde, à la limite, ils se sapent hip hop.

Il y a vingt ans, quand tu croisais des skinheads dans les rues de liège, tu ne te posais pas la question de savoir s'ils étaient de gauche ou de droite, les symboles qu'ils arboraient fièrement parlaient d'eux-mêmes et ça pouvait partir en rixe à n'importe quelle heure du jour ou de la nuit, en plein centre ville (...) Aujourd'hui, il faut faire preuve de discernement, quand tu sais que la plupart des skins que tu rencontres se revendiquent antifa (même si pour certains d'entres eux ça n'est pas dépourvu d'ambigüité, quand pas plus tard qu'hier, ils n'hésitaient pas à faire le salut Hitlérien...).

Enfin et pour conclure, je pense exprimer plus ma propre révolte que celle du peuple. D'abord parce que tout le monde n'est pas forcément d'accord avec mes idées, ensuite parce que je préfère assumer mes propos, sans avoir la prétention de parler au nom de qui que ce soit. Cela dit au passage, la révolte populaire n'a pas besoin d'ambassadeur non plus, elle tient à peu de choses, je ne vais pas dire comme Cantona (Qu'on lui foute la paix d'abord, après tout il n'a fait que donner son avis!) ; -vidons nos comptes en banque, (ce que je fais, pour ma part, tous les débuts de mois sans grands espoirs de changements...). Disons plutôt que quand les gens perdront leur petit confort, ils pèteront un plomb. C'est le seul élément déclencheur car lorsqu'ils sont touchés par la précarité, ils commencent à se sentir concernés... et solidaires. (Mais n'oublions quand même pas qu'au seuil de la misère, ils peuvent aussi devenir gangsters, terroristes ou...fascistes.) Pourquoi crois-tu qu'en Belgique malgré la situation économique désastreuse personne n'a bougé comme en Grèce ou en Irlande? Parce qu'on a le cul dans le beurre! La majorité des gens sont encore beaucoup trop bien que pour descendre dans la rue. (Je ne parle pas de ceux qui y sont déjà, et qui squattent, entre autres, les entrées de bâtiments près de la place St Jaques ou les buissons du Palais des Congrès...) Lorsque la masse populaire se mobilise, encadrée par les syndicats ou autres partis, son intérêt veille à ce que cette démarche reste politiquement correcte. Pendant ce temps là, les écarts sociaux se creusent, la partie de la population qui morfle le plus est peut être minoritaire aujourd'hui, mais que se passera-t-il si c'est le contraire demain? La seule certitude, c'est que ce n'est pas le gouvernement qui apportera la solution (moi non plus d'ailleurs). D'autant plus qu'on en a toujours pas...et qu'en matière d'ultra nationalisme malsain, certains élus s'inscrivent en tête de liste de la connerie et s'évertuent plus a couper le pays comme une tarte, qu'à s'occuper des problèmes des gens.

Pour ce qui est du terrain, je le considère comme très vaste. Mon champ d'action principal reste le rap car c'est une arme d'expression massive, il fait partie de mon évolution, du temps où on traquait les colleurs d'affiches d’agir", avec Vince et Fred, à la levée du jour dans les rues de Chénée, jusqu'à maintenant. Aujourd'hui, je ne chasse plus ceux qui placardent mais je scalpe toujours leurs affiches, quand elles collent trop bien, un spray de bombe suffit à les recouvrir et dans le pire des cas, il existe une autre solution mais je ne la dirais pas ici. Une fois, un de mes potes à escaladé un poteau de plusieurs mètres pour arracher en pleine journée une pancarte d'extrême droite, on assurait ses arrières, les automobilistes qui s'arrêtaient au feu rouge, abaissaient leurs vitres pour l'applaudir. C'est pour moi, indispensable, d'éliminer toute forme de pollution visuelle, stickers facho ou simplement tendancieux dans mon espace urbain.

Voilà une des nombreuses facettes du terrain, la relation sociale au quotidien dans sa plus grande simplicité peut en être une autre, il y a deux ans j'ai eu une longue discussion avec un collègue de travail avec qui je n'était pas du tout d'accord sur le sujet de l'immigration, il a fini par admettre que mes arguments tenaient la route, ça n'a pas résolu ses problèmes mais il en a chercher les raisons ailleurs et pour certains trouvé des solutions. Il faut savoir faire preuve de tolérance, ne pas hésiter à ouvrir le débat, essayer de comprendre les gens, tous ne sont, heureusement, pas cons et profondément raciste, beaucoup ne sont que des victimes de l'incompréhension, des produits du conditionnement (d'ailleurs, ne le sommes-nous pas tous un peu?). C'est une véritable démarche que d'aller vers l'autre pour le sensibiliser. Une dernière chose, je voulais rappeler cette phrase que j'ai mis à l'intérieur de la pochette de Terrien Vague:" L'art est l'arme naturelle la plus puissante de l'homme." Il y a plus ou moins trois ans, je me suis retrouvé au cachot après une manif contre le racisme à Louvain, si j'avais eu un marqueur avec moi j'aurai écris sur le mur:" je serais tellement plus efficace devant une feuille avec un stylo."

8) Un dernier coup de gueule!?

Ouais!!! Depuis toujours l'homme écrit sur les murs...










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