Interview

GODFLESH

Dimanche 19 mai 2013

Comment vas-tu ?

Justin K. Broadrick : Très bien ! Plus tôt dans la journée, j'étais vraiment crevé et je me disais que ça serait dur de faire le concert ce soir, mais l'adrénaline et tout ça ont fait que ça s'est très bien passé. Je n'ai presque pas dormi la nuit dernière. J'ai un fils qui a deux ans. Il est encore tout petit et du coup il m'a tenu éveillé toute la nuit. Évidemment, j'étais sur le point de partir en tournée, c'était clair qu'il devait m'empêcher de dormir.


Donc tu étais encore chez toi hier ?

JKB : Oui. Mais quand on est montés sur scène pour le concert, on s'est sentis comme dans un autre monde. Donc ça va... Pour le moment. (rires)





Quand vous avez annoncé votre retour en 2010 pour un concert au Hellfest, vous aviez insisté sur le fait que ce n'était que pour ce concert..

JKB : On a dit ça ? (rires)


Ouais !

JKB : Oh oui, je vais te dire pourquoi. C'est avant le concert qu'on a dit que ce n'était que pour une fois.


Et ensuite ?

JKB : C'était horrible. C'était un désastre, un véritable désastre. Et je pense que parce que c'était un désastre, on a eu envie de recommencer. Puis quand on a joué pour la deuxième fois, dans la ville d'où on vient, à Birmingham, au Royaume-Uni, où je n'habite plus du tout, mais soit, c'était dans un festival qui s'appelle le Supersonic, c'est un festival culte. C'était notre second concert depuis qu'on s'était reformés et c'était génial. Donc après ce concert, on s'est demandés si ça s'était passé comme ça au Hellfest, est-ce qu'on aurait juste arrêté ou est-ce qu'on aurait voulu le refaire ? Ça nous a motivé et inspiré assez que pour vouloir faire ça tout le temps. On a juste envie de continuer jusqu'à ce qu'on soit trop vieux. C'est dans cet état d'esprit qu'on est pour le moment. Je continuerai jusqu'à ce que ma voix ne suive plus, ce qui arrivera probablement quand j'aurai cinquante ans j'imagine, alors j'arrêterai. Il me reste encore sept ans d'ici là. J'ai quarante-quatre ans cette année, donc ça me laisse six ans, puis ma voix RRRRR. (rires)


Donc vous avez joué à plusieurs festivals puis maintenant vous êtes en tournée...

JKB : Oui, en quelque sorte, une petite tournée. On ne fera plus que des petites tournées maintenant je pense.


Tu n'as plus envie de vivre dans un van ?

JKB : Nooon ! Je déteste ça. Exactement, c'est ça le problème.
J'ai commencé à tourner quand j'avais seize - dix-sept ans, donc j'ai passé une bonne partie de ma vie sur la route. Et comme pour la plupart des musiciens dans le même cas, ça devient si répétitif que tu finis par boire trop d'alcool, ce que je ne fais plus, prendre trop de drogues, ne pas faire attention à toi, ne plus être sain du tout et j'ai fini par être vraiment malade à cause des tournées. J'ai dû changer de comportement pour redevenir en bonne santé. Maintenant, je pense que les musiciens qui font des tournées doivent vraiment faire attention à eux ou ils finissent morts en gros. J'accorde une grande importance à ma santé, surtout depuis que j'ai un fils, tu vois ce que je veux dire ? Ça me donne encore plus envie de vivre, d'avoir un enfant.
Donc ouais, ce sera intéressant car c'est la première tournée que je fais depuis 2007 je crois, avec mon autre groupe, Jesu
Jesu


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. Ce sera intéressant de voir comment on survit, parce que maintenant je fais attention à moi, alors qu'avant je buvais tout le temps, je prenais plein de drogues et tout. Je n'ai fait que ça pendant la plus grosse partie de ma vie.


Et tu aimes toujours autant jouer sans l'alcool et les drogues ?

JKB : Oui, absolument ! Maintenant, je suis sobre sur scène, ce que je n'avais jamais fait jusqu'à la reformation de Godflesh
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. D'un coup, j'ai arrêté de fumer des joints, de prendre des drogues, je ne bois plus avant de monter sur scène et je joue totalement sobre. Je pense qu'à mon âge, je ne pourrais plus agir comme avant. J'ai été ce gars pendant des années.





Ce soir, vous avez joué des morceaux extraits des premiers albums. Pourquoi uniquement jouer les morceaux les plus anciens ?

JKB : Pour nous, c'est la forme la plus pure de ce qu'on a été. On pense que les quelques premiers albums étaient les plus naturels et ceux qui n'ont pas été altérés par quoi que ce soit. Après ça, le groupe est devenu plus gros et certaines choses, comme peut-être l'industrie de la musique, la presse, toutes sortes de choses, ont semblé affecter ce qu'on était. D'une certaine façon, on retourne à ce qu'on était et à la raison pour laquelle on s'est formés. Dans le futur, on jouera probablement des morceaux des autres albums, mais là, on veut honorer ce qu'on était vraiment, ce qu'était le véritable Godflesh
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. Je trouve que quand on a commencé à travailler avec des batteurs et tout ça, c'est devenu... Je suis trop fatigué pour trouver le bon mot. Désolé. Je pense que j'ai bien résumé ça.
Les premiers albums ont vraiment été composés tellement instinctivement qu'ils sont la forme d'expression la plus naturelle pour moi. Je veux dire, mon autre groupe, Jesu
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est également extrêmement naturel, mais ces anciens albums de Godflesh
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le sont encore plus parce que j'étais un gamin vraiment perdu, frustré, en colère, hypersensible et à l'ouest, tu vois ce que je veux dire ? Quand on a fait Streetcleaner, j'avais dix-neuf - vingt ans, et j'étais dans le chaos le plus total. Tout était trop pour moi. L'album rend compte de ça. Je n'ai pas tellement changé, mais maintenant je me sens plus mature et je peux mieux l'exprimer et le gérer. À l'époque, je ne pouvais pas. Ces albums étaient ma façon de gérer tout ça. Ils ne me débarrassaient pas de ces sentiments, mais c'était une façon de m'immerger dedans sans qu'ils me dérangent. Je ressens toujours la même chose, même à mon âge, quand je joue cette musique. Je ressens la même frustration, la même colère et cette surcharge émotionnelle qu'on trouve dans ces albums.
Je ne sais pas si après ça, si j'étais en train d'en faire trop pour transmettre la même émotion. Est-ce que ça a du sens ce que je raconte ? (rires)


C'est intéressant car beaucoup de musiciens qui ont vingt ans de carrière derrière eux vont dire que ce qu'ils faisaient à vingt ans était mauvais et tu dis juste le contraire.

JKB : Ouais ouais, carrément. Je veux dire, pour moi, c'est revenir au sentiment de se sentir comme un enfant. C'est quelque chose de tellement précieux pour moi. La perte de l'innocence à cet âge-là est quelque chose que je n'oublierai jamais. Je me sens toujours comme le même enfant. Ce qui m'a touché quand j'étais enfant est quelque chose que... Je ne pense pas qu'on puisse jamais perdre ça... Je trouve que c'est dommage, comme tu disais, quand des musiciens disent ''C'est nul, c'est vraiment de la merde !'' de ce qu'ils faisaient avant, alors que c'est souvent les meilleurs trucs que ces gens aient fait. Et je me dis ''Mmh, mais qu'est-ce que tu fais maintenant ?'' Ça ne vaut pas ce que tu faisais avant. Je ne dis pas que quelqu'un qui a la quarantaine ne peut pas faire de bonne musique, mais à cet âge-là, tu parviens à capturer quelque chose qui est véritablement dérangé parce que tu ne sais pas ce que tu fais et c'est ce qui fait la magie de ces albums. C'est la confusion, la frustration. Ce n'est pas juste l'angoisse, c'est beaucoup plus que ça. C'est l'enfance, tous ces trucs-là. Comme je disais, à l'intérieur, je me sens encore comme ce gamin tourmenté et j'aime m'accrocher à ça.
Avec mon fils maintenant, je le vois grandir chaque jour et je pense ''Ça ne durera pas pas toujours, rien n'est éternel, la vie n'est pas éternelle''. Il faut le saisir tant qu'on peut encore.


J'ai lu quelque part que vous alliez sortir un nouvel album en novembre.

JKB : Je l'espère, ouais. Cela dit, ce sera probablement en janvier... 2021. (rires) Non, ça va sortir. On a déjà composé la moitié de l'album. Il est à moitié prêt.


Qu'est ce que tu peux nous en dire ? Vu que vous n'en jouez rien en concert pour le moment...

JKB : Non, non. Rien n'est encore fini. C'est vraiment minimal, brutal, sans concession, mais vraiment psychédélique. Euh... Je pense qu'en fin de compte, c'est juste vraiment minimal. C'est juste réduit. C'est comme les anciens albums de Godflesh
Godflesh


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où c'est essentiellement du heavy metal sans toutes les conneries qui vont avec. C'est du heavy metal strictement réduit à sa base, du rythme pur sans l'attitude, l'ego, la suffisance qui vont avec, rien de tout ça. C'est complètement réduit à des blocs de son et pour moi, c'est revenir aux fondements de pourquoi j'ai commencé à faire cette musique. Parce que ce n'est pas basé sur une forme de capacité technique quelle qu'elle soit, ce n'est pas basé sur du putain de Judas Priest
Judas Priest


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. Ça essaie de recapturer quelque chose de pur. Avec cette reformation de Godflesh
Godflesh


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, comme je le disais, c'est principalement se sentir comme ce gamin perdu à nouveau. C'est ce que j'ai toujours fait. Ça me rappelle à quel point il est important de faire quelque chose que tu sens qui est connecté à toi et qui donc est une partie de ta physicalité et de tout ce qui est dans ta tête.





Depuis le retour de Godflesh
Godflesh


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, tu joues moins avec Jesu
Jesu


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...


JKB : Oui, mais on est sur le point de revenir et d'être plus actifs.


Donc tu envisages de garder les deux projets bien actifs.

JKB : Tout à fait. Le retour de Godflesh
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m'a vraiment dévoré. Mais j'ai passé deux ans à composer un nouvel album de Jesu
Jesu


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. Et je viens de le terminer. Je l'ai fini le week-end avant de commencer cette tournée. Je l'ai terminé vendredi dernier. Maintenant, il va aller au pressage dans les trois prochaines semaines je pense. Et il sortira au mois d'août.
Ce qui est génial, c'st que c'est encore plus éloigné de ce que je fais avec Godflesh
Godflesh


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. C'est encore plus mélancolique, encore plus triste, encore moins metal. Ça sonne plus comme Joy Division
Joy Division


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, ce qui est ce que je voulais depuis le début. Maintenant que Godflesh
Godflesh


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existe à nouveau, je peux rendre Jesu
Jesu


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encore plus post-punk. Et ça sonne comme un album de post-punk. Après le premier album, c'est juste du post-punk. Il y a même un gars, un Italien, qui joue tout un orchestre dessus, ça sonne super bien. C'est l'album le plus audacieux de Jesu
Jesu


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.
Et on partira en tournée en septembre. On jouera en Belgique. On fera une petite tournée.


Tu sais déjà où ça sera en Belgique ?

JKB : Aucune idée pour l'instant. j'attends encore que l'agent me dise où ça se passera, mais ce sera sûrement ici, j'imagine.


Cool !

JKB : Ouais ouais, parce que c'est vraiment un chouette endroit. Donc j'espère que ça sera ici.
Ça m'a vraiment donné de l'inspiration de refaire Godflesh
Godflesh


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, de m'immerger là-dedans et puis de revenir à Jesu
Jesu


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. J'ai repensé toute la chose et j'ai réfléchi à comment j'ai vraiment envie que Jesu
Jesu


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soit. Ça ne doit plus avoir la même lourdeur, juste l'atmosphère pesante. Certaines personnes disent que le premier album de Jesu
Jesu


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est le plus impressionnant mais ce nouvel album est l'album le plus impressionnant que j'ai jamais composé. Il a un long titre, c'est Every day I get closer to the light from which I came. C'est juste à propos de ma préoccupation pour la mort en gros. (rires)


As-tu un dernier mot pour les gens qui lisent ceci ?

JKB : Si vous êtes arrivés aussi loin, merci d'avoir lu mes conneries ! (rires)





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AUTEUR : Elodie
Liégeoise immigrée dans la capitale, Elodie a rejoint l'équipe en 2012 et s'est rapidement imposée comme une rédactrice compulsive en alimentant ...
Liégeoise immigrée dans la capitale, Elodie a rejoint l'équipe en 2012 et s'est rapidement imposée comme une rédactrice compulsive en alimentant abondamment la section 'News' tout au long de la journée. Plus intéressée par la musique sombre que par la pop-punk, elle réalise également des interviews d'artistes dans la confidence, au déto...
Liégeoise immigrée dans la capitale, Elodie a rejoint l'équipe en 2012 et s'est rapidement imposée comme une rédactrice compulsive en alimentant abondamment la section 'News' tout au long de la journée. Plus intéressée par la musique sombre que par la pop-punk, elle réalise également des interviews d'artistes dans la confidence, au détour d'un backstage ou d'un coin de bar. IG : ___ Je n'écris pas de chroniques. Je peux toutefois vous...
Liégeoise immigrée dans la capitale, Elodie a rejoint l'équipe en 2012 et s'est rapidement imposée comme une rédactrice compulsive en alimentant abondamment la section 'News' tout au long de la journée. Plus intéressée par la musique sombre que par la pop-punk, elle réalise également des interviews d'artistes dans la confidence, au détour d'un backstage ou d'un coin de bar. IG : ___ Je n'écris pas de chroniques. Je peux toutefois vous aider pour ceci: - partager vos news (sortie d'album, annonce de tournée, etc.) ...
Liégeoise immigrée dans la capitale, Elodie a rejoint l'équipe en 2012 et s'est rapidement imposée comme une rédactrice compulsive en alimentant abondamment la section 'News' tout au long de la journée. Plus intéressée par la musique sombre que par la pop-punk, elle réalise également des interviews d'artistes dans la confidence, au détour d'un backstage ou d'un coin de bar. IG : ___ Je n'écris pas de chroniques. Je peux toutefois vous aider pour ceci: - partager vos news (sortie d'album, annonce de tournée, etc.) - mettre un morceau/album complet en streaming sur notre site avant sa sortie - organiser des concours Merci de ne ...

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