Interview

CONCEALED REALITY

Vendredi 7 mars 2014



Salut les mecs. J’ai envie de vous poser d’abord une première question un peu classique : pourquoi “Concealed Reality” ?

Arnaud (guitare) : Et bien, sans doute pour la première fois, je vais répondre sérieusement à cette question. Les tentatives de réponse à la question en radio sont en général plutôt catastrophiques alors pour une fois que j'ai l'opportunité d'être sérieux, je vais le faire ! Alors Concealed Reality signifie réalité cachée, dissimulée, faussée... Pour ma part, je suis particulièrement intéressé par tout ce qui est complots (qu'ils soient crédibles ou non), sociétés secrètes ou autrement dit tout ce qui appartient à une culture peu répandue et qu'on n'apprend pas sur les bancs de l'école. Je suis sans cesse en quête de vérités, peu importe les domaines et ça se ressent assez fréquemment à travers nos paroles.

Kevin (chant) : C’est clairement une idéologie qui était en place avant mon arrivée dans le groupe. À ce que dit Arnaud, j’ajouterais aussi la notion de ne plus percevoir le réel à sa juste valeur, tant tout nous est sublimé. Celle qui fait que nos émotions, nos sentiments ne sont au fond pas si propres à nous-mêmes en tant que personnes mais quelque part dictés par une culture populaire.

Vous avez débarqué il y a peu sur la scène bruxelloise. Certains d’entre vous avaient-ils eu d’autres expériences musicales avant ?

Aurel (basse) : J’en ai eues quelques-unes pour ma part dans deux, trois projets dont un groupe en France à l’époque qui avait assez bien marché. Kevin a eu quelques petits projets auparavant lui aussi qui n’ont jamais réellement mené quelque part, surtout par manque de sérieux et d’investissement. Ça explique sans doute pourquoi il donne tant de sa personne pour faire avancer les choses.

Arnaud : J’ai commencé à monter activement Concealed Reality lorsque mon premier groupe a splitté. J’y jouais déjà avec Jérémy notre batteur mais dans un tout autre style. Rien de bien croustillant puisque le groupe n’a joué que sur Bruxelles, principalement pour des tremplins. Une belle expérience cependant même si elle n'a jamais pris une tournure sérieuse. Depuis sa première forme, Concealed Reality a changé plusieurs fois de membres, de ligne directrice au niveau musical et forcément de nom.

Il y a une photo de vous sur Facebook qui en avait fait rigoler plus d’un car on voyait 3 membres du groupes avec un pull ou t-shirt à l’effigie de While She Sleeps. Un groupe que vous adorez tous je suppose ? Quelles sont vos principales influences ? Ou du moins, les groupes dans un style proche du vôtre que vous aimez beaucoup ?

Kevin : Et bien que dire... While She Sleeps est l’un de mes groupes préférés : j’arbore fièrement leur symbole, ils ont selon moi quelque chose que d’autres groupes du même style n’ont pas. Je ne suis cependant plus forcément autant fan de (melodic) hardcore qu’avant, la faute sans doute à mon arrivée dans un groupe qui n’éprouvait pas particulièrement d’intérêt pour ce style musical. Malgré tout, on s’y retrouvait quand même et j’ai pu découvrir un nouveau plaisir pour la musique avec des groupes tels que Northlane, Beheading Of A King, Sworn In ou encore Letlive. Jason Butler est pour moi non seulement un excellent chanteur mais aussi une référence en terme de présence sur scène.

Aurel : Grand fan de While She Sleeps pour ma part, sûrement l’un de mes trois groupes favoris. Pour ma part mes influences passent autant par While She Sleeps qu’Avenged Sevenfold ou encore Northlane qui est je pense le groupe qui nous réunit tous. J’ai toujours été à l’époque très axé metal à la Sabbath et compagnie avant d’en arriver au hardcore / metalcore. En terme de compositions, Arnaud est ces derniers temps particulièrement influencé par des groupes tels que Northlane ou Beheading Of A King pour à nouveau les citer, mais aussi d’autres groupes plus ou moins apparentés tels que Change Of Loyalty, Volumes ou encore Promethee. Des goûts qu’il partage beaucoup avec Steve et Jérémy : beaucoup de metalcore, de deathcore et de “djent”. Ça se ressent certainement pas sur beaucoup de chansons de notre set actuel qui évolue petit à petit vers de cette musique beaucoup plus mid tempo et mélodique, sans pourtant vouloir suivre la tendance et en se créant des obstacles techniques à nous-mêmes afin de forcer notre évolution en tant que musiciens. Au final, chacun y trouve son compte et c’est essentiel.



Et qu’est-ce que vous pensez de la scène metal actuellement sur la capitale ? Il y a d’autres groupes au style assez moderne qui pointent le bout de leur nez aussi comme Reach The Shore ou Suasion.

Arnaud : J'ai justement l'impression que le metalcore de qualité arrive en Belgique tout doucement. J'aime beaucoup Reach The Shore que je trouve très créatif et sympa. En tant que guitariste, je n’ai particulièrement rien à reprocher à ce groupe ! Étant tous deux de Bruxelles, je pense qu'on a des choses à accomplir avec eux, c'est sûr. Suasion effectivement a sorti un single à travers le promoteur BeheadingTheTraitor, ce qui est quand même assez malade pour un groupe belge et ça fait extrêmement plaisir ! Cela dit, pour rester dans les frontières de la capitale, je préfère quand même Reach The Shore ou When Blood Burns, bien que forts différents. Peut-être qu'être dans un groupe qui essaie de percer fait que je m'intéresse plus aux groupes locaux qu'avant mais il me semble que les (jeunes) musiciens belges de ces dernières années ont fait un bond en avant et ça fait fort plaisir de faire partie d’une telle scène locale à l’heure actuelle.

Aurel : En effet, je trouve qu’il y a des valeurs montantes sûres sur cette scène. Reach The Shore en fait d’ailleurs partie. Cependant, je pense que la scène metal bruxelloise actuelle se voit fort mise en retrait de par un public qui au-delà des habitués n’est pas toujours prêt à se bouger ou à aligner trois pièces et par certains lieux de concerts qui n’osent peut-être pas assez se mouiller quant à recevoir des groupes de metal.

Vous avez fait 4-5 concerts jusqu’ici. Tous sur Bruxelles ou pas ? Est-ce qu’il y en a un qui vous a marqué plus que les autres ?

Arnaud : Sauf ton respect, je pense qu'on est à sept ou huit avec celui pour l’émission Hard Times !

Ah mes excuses, j'ai dû en louper 2-3 !

Aurel : Si je compte bien notre concert à La Louvière avec Crimson Falls, When Blood Burns and co sera notre neuvième concert (ndlr. ce samedi 8 mars). On a déjà joué dans la région de Charleroi ou dans le Hainaut tout simplement à deux reprises en octobre. On a aussi fait un concert en Flandres en novembre, pas loin d’Ostende. Je dirais que notre premier concert au DNA en décembre 2013 m’a pas mal marqué de par les retours du public. C’est vraiment le genre de concert qui pousse un groupe à vouloir continuer sur la même lancée et à se battre pour y arriver.

Kevin : Je n’oublierai en effet jamais ce concert à Charleroi, le premier des deux, avant qu’Aurel nous rejoigne sur scène pour son premier concert au sein de Concealed Reality une semaine plus tard. Pas la meilleure performance mais quelle guerre pendant ces concerts ! Murs enfoncés, coussins éventrés, plante déracinée… C’était vraiment le bordel complet, avec consentement du bar évidemment. Cette première date à Charleroi nous a vraiment tous beaucoup marqués, aussi surtout par l’amitié qui en est née avec les musiciens de Signs Of Algorithm et Burn Us Alive malgré la différence linguistique. Puis c’est une première que de se faire féliciter par les gérants des lieux pour avoir limite détruit leur bar lors d’un concert. En seconde position, notre concert du 20 décembre avec Tijuana In Red et Reach The Shore qui a malheureusement été contraint d’écourter son set à une dizaine de minutes. Se faire soulever et porter par une foule, c’est une chose à laquelle je ne m’attendais vraiment pas et n’étais pas du tout préparé.



C'était effectivement une grosse ambiance au DNA ! D'ailleurs, j'avais remarqué que vous aviez un jeu de scène déjà bien travaillé. Je pense par exemples aux lights que vous avez préparés vous-mêmes. Combien de temps est-ce que vous avez bossé dans l’ombre avant de débarquer sur scène ?

Aurel : Je crois que c’est important à l’heure actuelle de paraître le plus “pro” possible et donc d’arriver avec un truc déjà travaillé que ça soit tant au niveau du jeu de scène ou qu’au niveau de l’image globale que le groupe reflète à travers ses visuels ou son discours. Pour revenir aux concerts, il est clair que les gens ne se déplacent plus seulement pour la musique mais je pense aussi pour le show en général qu’un groupe peut donner, et je crois que sur ce point Concealed Reality se débrouille vraiment pas mal. On a un chanteur extrêmement expressif et limite hyperactif.

Kevin : Le groupe existe depuis trois ans je crois, avant que je ne rejoigne il y a un an le noyau formé dès ses débuts par Arnaud, Steve et Jérémy. Je pense que mon arrivée a pas mal bousculé leur routine habituelle du dimanche à jouer dans la cave sans réelle ambition. Au début de l’été 2013, on envisageait gentiment de sortir de cette fameuse cave pour vivre notre musique avec d’autres mais c’est finalement mi-août qu’on a décidé, encore sans bassiste à l’époque, qu’on jouerait deux semaines plus tard, invités par Epidemian à ouvrir pour eux. Pas beaucoup de préparation pour créer un jeu de scène, mais ça s’est au final construit petit à petit et je crois que notre alchimie permet de le garder spontané et original à chaque occasion, bien qu’il est vrai que certains moments-clés soient préparés.

Arnaud: J’ajouterais que l'arrivée de Kevin n'a fait que nous tirer vers le haut et que même les plus anciennes compos qui occupent pas mal notre set sont vraiment différentes de ce qu'elles étaient à l’origine. On a quand même du matériel qui date de 2012 là-dedans mais il n’y a pas beaucoup d’autres compos qui datent d’avant l’arrivée de Kevin qui verront le jour.

Un premier EP est en préparation il me semble, non ? Lors de votre passage à la radio tournaisienne à la radio il y a quelques jours, j’ai cru entendre parler d’un enregistrement…

Arnaud : On y arrive tout doucement ! Maintenant qu'on a un projet stable avec une ligne directrice, il est temps d'assembler tout ça. On espère pouvoir s'occuper d’un EP pendant l'été afin de sortir le projet pour la rentrée. Tout est déjà composé, on s’applique à cette heure à beaucoup pratiquer ces chansons tout en maintenant notre set en forme, mais je n'en dirai pas plus. Là aussi, je pense qu’il est mieux d’arriver avec un projet fini pour marquer les esprits plutôt que de noyer l’effet de surprise par des sorties progressives de qualité médiocres.

Kevin : Je crois qu’on ressent tous le besoin d’avancer dans la musique, de construire quelque chose de cohérent ensemble et montrer aux personnes qui nous écoutent la façon de laquelle on perçoit le monde qui nous entoure. C’est sans doute fort poétique pour un groupe metalcore comme le nôtre mais force est de constater qu’il y a un message, une histoire derrière tout ça.

Aurel : Quant à ce que tu as entendu à la radio, effectivement on vient d’enregistrer deux nouvelles démos avec Cyril Hostyn de la manière la plus professionnelle possible qui donnent un bon avant-goût de notre premier EP !

La grande question que tout le monde se pose : pourquoi les cookies ?! Vous en avez vraiment à tous les concerts ?

Aurel: On a commencé à en faire pour notre premier concert au DNA en fait, dans l’idée qu’on était à quelques jours de Noël. Cependant, on a pris le pli car ça attire les gens vers le merch d’une part, certes, mais ça crée surtout le contact avec le public qui n’ose peut-être pas toujours venir discuter après un concert sans connaître le groupe. Ça peut paraître cliché et peut-être “dikkenek” mais ce sont des moments extrêmement précieux pour nous et pour n’importe quel groupe, puisqu’ils permettent un regard extérieur sur nos performances. On évite du coup beaucoup de s’enfermer dans des backstages ou de rester en groupes avant ou après nos concerts, ce qui, le cas échéant rend les contacts évidemment fort difficiles.

Arnaud : On tient à montrer qu’on est des gars sympas : on aime faire plaisir, et c’est une façon de remercier les gens qui viennent et paient pour nous soutenir. C’est gratuit tout comme nos stickers, certes consommé en quelques secondes mais suffisant quand même pour marquer les esprits par son expérience assez unique je pense.

En plus des cookies, il y a aussi vos t-shirts au stand de merch. Vous n’avez pas attendu de faire une dizaine de concerts pour en faire, c’est arrivé très tôt. Important pour faire une bonne promo visuelle je suppose ? Ils se vendent bien ?

Kevin : Alors oui ce fameux t-shirt ! On a beaucoup discuté sur l’image que l’on veut donner au groupe et je pense qu’on voulait surtout un t-shirt que les gens porteraient s’ils le trouvent beau et portable. Bien souvent, je n’achète pas de t-shirt de groupe à cause de leur graphisme beaucoup trop cliché qui crient “j’écoute du métal”. Dans cette idée, on a voulu que ce premier t-shirt puisse être porté par n’importe qui, sans forcément rattacher la personne à un style musical. Pas d’à priori en le portant donc, puisqu’on l’a pensé et dessiné comme un vêtement de tous les jours. Ça justifie aussi qu’on ait osé le bordeau plutôt que le noir traditionnel que je n’aime pas du tout pour les mêmes raisons.

Arnaud : Exactement, et ça contribue également à ce côté mature et professionnel qu'on veut se donner. À vrai dire le premier stock s’est très bien vendu, notamment grâce aux pré-commandes, pourtant sans obligation d’achat mais à prix réduit, forcément. On a ainsi presque vendu la moitié de notre stock au premier concert auquel ils étaient disponibles.

Et quels sont vos objectifs dans le groupe, que ce soit à court, moyen ou à long terme ? Tourner en première partie de While She Sleeps… ou avec eux en support ?

Arnaud : À court terme, se faire une réputation dans ce milieu assez fermé et froid qu’est le metal dans notre pays et sortir un EP. À moyen terme, pour autant que l’entente le permette, organiser des petites tournées en Belgique et ses environs avec d’autres groupes locaux : je pense qu’il faut se soutenir, se serrer les coudes et construire quelque chose ensemble pour la scène belge plutôt que de se mettre des bâtons dans les roues. À plus long terme, redescendre l’échelle et faire la première partie de groupes influents, que ce soit pour une tournée complète, quelques dates ou même en tant que support local, ce serait déjà un bel accomplissement.

Kevin : Alors à court terme : ouvrir pour Polar. Et puis pour être honnête, je rêverais de partager la scène avec While She Sleeps mais on ne partage pas vraiment le même style musical. Annonce-moi Northlane ou encore Breakdown Of Sanity : je me pisse dessus !

C'est noté ! Un dernier mot ?

Arnaud : Merci d'avoir pris le temps de lire cet interview ! Je sais qu'on est bavard mais après tant d’années à créer, repenser, améliorer ce projet dans l'ombre, sans oublier les efforts investis dans du matériel qui ne verra jamais le jour car on a fait mieux depuis, on avait bien envie de parler. Ça fait du bien après toutes ces années de silence. Merci beaucoup pour cette opportunité, Pierre !


Concealed Reality + Sleeping Death + When Blood Burns au DNA (17 janvier 2014).
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