Si tu parles de scène bruxelloise au niveau du public, pour moi, ça n’existe pas.


Samedi 11 avril 2015



Est-ce que dans un premier temps tu peux présenter le groupe, le line-up, vos origines musicales ?

André : J’ai formé le groupe quand j’avais 18 ans dans l’idée de faire du metal. A l’époque, on ne savait pas très bien jouer mais on a trouvé un très bon batteur pour commencer. Depuis, il y a eu énormément de changements de line-up pour arriver à celui d'aujourd’hui et au style d'aujourd’hui. Un metal assez difficile à classer avec des influences plus metalcore ou groove metal ou « swedish melodic » aussi qui se reflètent dedans. Notre chanteur apporte cette touche metalcore avec une voix assez typée, fort aigüe, par rapport à ce qui se fait dans le groove metal. Ça doit faire 8 mois qu’on est avec ce line-up et ça a l’air de marcher plutôt bien. Et là, on a enfin pu finaliser notre première démo avec cette formation-là. Deux titres dans un maxi single intitulé Ghost qui sort ce mois-ci (mars 2015) en digitale et normalement le mois prochain en version physique. Et notre premier clip, pour Ghost, qui est désormais visible en ligne également grâce à Quentin DM ici présent.

Par rapport au line-up d’origine, il ne reste quoi toi ou d’autres ont survécus durant ces années ?

A : Principalement, il y a moi et le batteur, Laurent. Depuis longtemps, on joue avec Clément, le second guitariste. Ça s’est construit pas à pas. Puis, il y a eu le bassiste, Léo. Et depuis maintenant 8 mois, notre chanteur, François. Ça nous a pris environ un an pour trouver un vocaliste. Du coup, on était un petit peu en stand-by durant cette période. On composait mais sans but précis. On a pris François quand il n’avait presqu'aucune expérience, il n’avait jamais chanté dans un groupe, ni screamer. Mais il était motivé donc on lui a donné 6 mois pour s’entraîner avant d’enregistrer notre démo et il a vraiment fait du bon boulot. En 6 mois ce que d’autres feraient en plusieurs années.

De quels sujets traitent finalement votre nouveau single Ghost ?

A : C’est moins politique, beaucoup plus personnel, c’est un combat personnel. Le but du clip était que les gens expriment leurs peurs, leurs phobies, les différents « ghosts » internes qui ressortiraient. Et à la fin de la vidéo, on voit que les protagonistes arrivent à passer au-dessus de ça, ils arrivent à briser cette vitre. Pas que ça disparaît mais qu'il est possible de passer outre. C’est fort basé sur notre chanteur qui a connu pas mal d’histoires et qui a réussi à les surpasser.

Qui se charge des paroles ? Plutôt François ou plutôt ensemble en groupe ?

A : Les paroles des anciens morceaux étaient plutôt écrites par moi ou Clément, l’autre guitariste. Ghost, que je viens de t’expliquer, est le morceau le plus personnel que l’on a pour l’instant. Et l’autre titre qui va bientôt sortir, Factory, parle plutôt de l’exploitation des gens dans les usines et industries dans des pays comme la Chine où on force les gens à bosser pendant des heures pas possibles pour presque pas d’argent pour que nous ici, on ait nos Nike, nos vêtements et tout ça. Donc celui a vraiment une touche plus politique.

Vous avez passé en avant-première votre clip Ghost lors de votre concert au DNA le 28 février dernier. Comment ça s’est passé ?

A : Ce fut chaud mais on a réussi, oui ! Pour tout te dire, j’ai fini le mastering du morceau vendredi (la veille) et Quentin a fini le clip samedi…

Q : Le rendu final était prêt une heure avant la projection ! Le temps d’arriver au DNA et c’était tout pile à temps !

A : C’était vraiment cool, on a eu près de 80 personnes, on a bien rempli le DNA. Et de très bons échos sur le clip et le concert.

C’était le premier concert avec ce line-up finalement ?

A : Effectivement. Et c’était aussi le premier concert tout court pour François. Sa première prestation en live et il a vraiment assuré, un bon contact aussi avec le public. Comme pour tout premier concert, on a évidemment des choses à améliorer mais c'était une première réussie. Vous le verrez aux prochaines dates !

Et justement, quand est-ce qu’on aura l’occasion de vous revoir en live ?

A : On jouera au Rock Classic le samedi 23 mai avec Sleeping Death. Et c'est la seule date que l'on a de confirmée pour l'instant. Mais a priori, on devrait avoir une ou deux dates par mois dans ceux qui arrivent. Que ce soit en Flandres, Wallonie, Bruxelles ou aussi en France où certaines sont en préparation. Peut-être Danemark… En tout cas, on cherche et on est ouvert à toutes propositions !

Pour en revenir au clip, est-ce que vous avez quelques idées pour le faire tourner un maximum ? Que ce soient via les réseaux sociaux ou autres.

A : La semaine prochaine, il devrait être sur la chaîne YouTube Blank TV (1230 vues en un mois). On a envoyé aussi pas mal de communiqués de presse à différents secteurs de l'industrie musicale. Sur Facebook, il y a beaucoup de partages, des bonnes réponses. Ce premier clip est surtout un test pour nous, on vérifie un peu ce que ça vaut, si ça en vaut la peine. Si ce qu’on fait plait. Il y avait eu différents teasers aussi pour faire monter la tension, la pre-release au DNA donc. Maintenant, ça tourne bien en ligne depuis hier soir (près de 2000 vues à ce jour sur la chaîne YouTube du groupe).

C’était important pour vous d’envoyer la sauce un gros coup je suppose ? Annoncer le retour du groupe avec de nouvelles chansons, un nouveau line-up et donc ce clip ?

A : Voilà. On ne voulait pas faire des trucs par-ci, par-là. On voulait dire : « Voilà, c’est ça qu’on propose. SITE, c’est ça. Avec un tel visuel. Un tel message. » Et pas avec un bête produit comme si ça avait été enregistré dans la cave de notre guitariste par exemple. Souvent, les premières démos des groupes ne sonnent pas très bien, sont sorties trop vite. Et ça, on voulait éviter. On voulait vraiment bosser jusqu'au bout avec les visuels et concepts qui accompagnent. Pour ça que pour Ghost, on a ce personnage de démon, de fantôme qui apparaît au milieu du morceau plus calme, représenté par Roxanne plus connue sous le nom de Sakura San. Elle personnifie ce personnage de fantôme et elle sera sur la pochette. Donc voilà pour le concept de notre maxi single qui sort donc bientôt.

Et les autres personnes dans le clip ?

A : Des amies, des connaissances qui ont des histoires personnelles. Il y a aussi Quentin, chanteur de Liquid Ston'Z.

Q : C’était un peu l'idée aussi quand on fait le casting, trouver des gens du milieu et faire ainsi un clin d'œil à d'autres personnes.

A : Quentin aussi est dans le clip d’ailleurs !



En tant que groupe bruxellois, qu’est-ce que vous pensez de la scène locale actuelle ? Je pense notamment à Age of Torment, Now, Voyager, Concealed Reality

A : Je trouve qu'il se passe enfin quelque chose maintenant. Ça fait 6-7 ans que je beigne un peu dans le milieu et on voit une différence. Peut-être qu’avant, je connaissais moins les groupes mais en tout cas, je trouvais qu’il y avait moins de groupes locaux de qualité. Des groupes, il y en a toujours eu plein. Mais des gens qui veulent sortir quelque chose de pro, il y en a peu. Maintenant, il y a Suasion qui sont super pros, Now, Voyager qui sont l'exemple de comment faire quelque chose de bien sans avoir une musique pourtant facilement accessible.

Q : Se faire connaître chez nous, c’est compliqué. Est-ce qu’il y a vraiment une scène bruxelloise maintenant ? Pas sûr.

A : Si tu parles de scène bruxelloise au niveau du public, pour moi, ça n’existe pas. Des bons groupes, il y en a mais ils iront chercher plus de public ailleurs. Regarde Now, Voyager, ils ne jouent presque pas en Belgique. Ils vont en Angleterre, en Italie. Regarde Age of Torment, ils sortent un très bon album mais en concert en Bruxelles, il n'y a personne. Par contre, en Flandres, même pour un petit concert, la salle est remplie. Tu fais la même chose en Wallonie, tu oublies.

Q : Il y a beaucoup de subdivisions dans le metal. Du coup, ceux qui écoutent tel style ne veulent pas écouter tel autre style et vice-versa. Chacun reste dans son petit monde. C’est typiquement de chez nous.

A : C’est un peu comme ça à Bruxelles aussi. D’accord, la plupart des musiciens se connaissent entre eux mais niveau stylistique, chaque groupe a sa propre touche. Il n’y a un style qui les regroupe. Les seuls qui ont un style proche, pour toucher un public semblable du moins, c’est Concealed Reality et Suasion. A côté, tu as Dehuman qui perce en faisant du death/grind. Encore une fois, une date avec Dehuman, tu ne mettras pas Now, Voyager dessus. A côté, une affiche typée metalcore n'aura pas Dehuman en tête d’affiche. Les styles ne se mélangent pas et je trouve ça dommage. J’aimerais bien que ce soit le cas. Je le vois par rapport à notre musique aussi. Quelqu’un qui écoute plus du death mélodique nous qualifiera plus dans ce style-là. S’il vient du metalcore, il nous qualifiera de metalcore. J’ai eu des échos où on me disait : « C’est vraiment cool mais c’est un peu trop ainsi ou trop ça ». On nous range d’office dans une boîte.

Il y aussi un gros problème d’infrastructures, de salles où jouer. Le DNA qui va bientôt fermer, le Rock Classic qui ne programme quasi pas de metal, le Magasin 4 mais qui n'est pas facile d’accès aux groupes débutants,le Garcia Lorca…

A : Il y a une grosse pénurie de salles. Samedi dernier, pour notre release, c’est moi qui organisait au DNA. Et au début, ils partaient avec une bonne idée de programmer tous les styles musicaux possibles, y compris le metal donc. Mais après le concert, le gérant m'a bien dit qu'au niveau des recettes du bar, ce n’était pas très rentable. Les metalleux ne boivent pas assez apparemment… Du coup, pour la prochaine date que j’y fais, la réservation devient payante car ce n’est pas assez rentable pour eux sinon (ndlr. La date a été finalement annulée à cause de la fermeture du bar). Pour le Garcia Lorca, c’est difficile d’organiser là-bas vu que c'est un quartier où tout le monde n’a pas forcément envie d'aller donc il faut vraiment faire une grosse promo. Mais bon, je peux le comprendre. Quand tu compares ça à la Flandres où tu as une MJ correcte dans chaque ville, je ne comprends pas. Et leur but n’est pas d'être rentable vu qu’ils ne font pas que des concerts et reçoivent des subventions de l’état. En Wallonie, il y en a quelques-unes. Mais à Bruxelles, rien. Et dès qu’on passe au metal, les portes se ferment. Il y a un vrai rejet pour le metal ou rock dur. Maintenant, il faut dire aussi que les jeunes en Flandres sont beaucoup plus dans cette vague metal qu’ici donc les salles s’adaptent. Au moins, ils ont une scène et ils bossent ensemble. Des groupes d’une ville organisent des concerts chez eux en invitant des groupes et vice-versa. A Bruxelles, c’est dur à faire.

Q : Même dans des villes comme à La Louvière ou Charleroi, tu as encore des bars qui programment du metal. Il faut ouvrir un bar metal à Bruxelles !

A : Mais ça ne marche pas ! Je connais des gens qui veulent essayer, qui sont motivés. J’ai des amis qui ont voulu reprendre le DNA pour en refaire quelque chose mais le public metal bruxellois est ingrat à mort. Ils viennent avec leurs propres boissons ou vont au paki à côté. Maintenant et là, je suis coupable aussi, mais des membres de groupe sont les premiers à promouvoir leurs concerts, à s’inscrire à des events Facebook pour faire leur pub mais de là à venir à l’event en question, là étonnement il n'y a plus personne. Mais j’en suis coupable aussi, je l'avoue, mais je ne sais pas toujours y aller à cause du boulot.

Un éternel problème qui trouvera peut-être une solution un jour, je l’espère. Mais sinon, pour en revenir un peu à SITE tout de même, quels sont vos objectifs à court, moyen, voire à long terme ?

A : Principalement, jouer un maximum de dates jusqu’à la fin de l’année. Du live, du live et encore du live en même temps que promouvoir ce single. Et ensuite, la préparation d’un album. Il n’y a encore rien de concret maintenant mais à l’hiver prochain, on commencera à préparer un full-length album avec une douzaine de morceaux. On gardera le même concert, on garde ce mélange de death mélodique, groove et metalcore mai en allant de plus en plus vers un côté plus émotionnel, moins vers un côté trop carré. Et surtout moins complexe. Avant, on était des musiciens qui essayaient de se la péter en changeant de tempo toutes 5 secondes avec plein de structures différentes. Là, on veut quelque chose de plus direct, plus efficace. On veut proposer quelque chose à notre niveau et qui envoie.

L’essentiel, c’est de gérer son affaire sans vouloir toujours se compliquer la vie !

A : Tout à fait. D’ailleurs, avant de finir, j’aimerais en profiter pour remercier Quentin, ici présent, pour le clip qu’il a fait pour Ghost. Même si avec sa boîte, il n’est pas forcément basé musique, ce n’était que son deuxième clip mais qu’il a fait un chef. On a été le chercher pour son portfolio qui correspondait vraiment à ce qu’on voulait. Puissant, élégant, pas trop cliché metal.

Tu es photographe à la base au fait ?

Q : J’ai toujours été passionné par la photo et j’en ai fait mon métier depuis juin dernier. Et maintenant, je bosse aussi à fond dans la vidéo. Faire ce clip était un peu un test pour moi. C’était un projet parmi d’autres que j’avais avec André.

A : Maintenant que le clip est sorti, tout le reste du visuel est fait par Quentin. Que ce soit les photos ou autres visuels autour de SITE. On l’a faite sur le lieu du tournage d’ailleurs. C’est cool car ça permet de faire quelque chose de qualité et comme on le disait, pas trop cliché. On parlait tantôt d’Essence, un groupe de metalcore flamand, qui ont toujours eu un visuel très construit et là, pour le dernier clip, c’est eux sous un pont avec une fille qui court dans les bois. Voilà… Deux gros clichés. Donc pour tout groupe bruxellois ou ailleurs en Belgique, je conseille Quentin De Meuter pour des visuels de qualité (www.facebook.com/quentindm.photography).

J'irai y jeter un oeil ! Merci d'avoir consacré un peu de votre temps et on se voit au Rock Classic le 23 mai !

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