Interview

ROMANO NERVOSO

S’il y a un chanteur dont je me sens vraiment proche artistiquement parlant, c'est Mike Patton.


Lundi 11 mai 2015



SMA : Il paraît que tu es un grand timide. C'est vrai ?

Giacomo Panarisi :
Je ne sais pas qui t'a dit ça, mais on va plutôt dire que je suis assez posé et non pas timide. En fait je parle uniquement quand c'est intéressant de parler. Les gens peuvent penser que je suis timide, mais en réalité ce n'est pas le cas.

SMA : Quand tu as créé Romano Nervoso, tu as troqué ta place de batteur contre celle de chanteur. Comment ça s’est déroulé ?

Giacomo :
En fait je me suis vraiment retrouvé au chant par hasard. A l'époque j'avais pas mal de compositions en réserve et elles ne collaient pas avec le style des groupes avec lesquels je jouais. Et un jour, lors d'un anniversaire, j'ai lancé le sujet de fonder un groupe dans lequel, pour déconner, je serais chanteur. Et en fait ça a très bien fonctionné. Les gens ont directement accroché et m'ont demandé de faire d'autres concerts. Puis je dois dire que j'ai réellement aimé devenir chanteur car batteur et chanteur, ce sont deux rôles qui sont finalement assez similaires. Le batteur drive de derrière et est la colonne vertébrale du groupe tandis que le chanteur drive de devant et est vraiment là pour capter les gens. Au final, je pense que les deux me conviennent.



SMA : Au fil des années on a réellement vu ton jeu de chanteur évoluer. As-tu des modèles d'inspiration ?

Giacomo :
L'évolution, elle est normale je pense. Si on compte bien, on a tapé entre 200 et 300 concerts donc ce serait quand même con de régresser. Mais en général, il n'y a pas de style ou de personne dans lesquels je me définis. Maintenant s’il y a un chanteur dont je me sens vraiment proche artistiquement parlant, c'est Mike Patton. Sinon au niveau de la scène, je suis un grand fan de groupes comme les Hives car je trouve que quand tu payes ta place, il faut qu'il y ait un réel show sur scène et non pas un type qui se tient debout sans bouger derrière son micro !

SMA : Le côté paillettes et spandex, c'est juste pour le show ou c'est vraiment un truc que tu kiffes ?

Giacomo :
En fait j'ai grandi avec des groupes comme Kiss, Alice Cooper ou encore Marc Bolan. A la base ce sont des fringues que j'aime porter, mais bon si tu te promènes comme ça à La Louvière on te casse la gueule. Donc je me suis dis que j'allais garder ce style vestimentaire pour la scène (rires). Mais ce n'est pas vraiment pour me démarquer que je les porte, c’est juste que j’aime ça.



SMA : Niveau musique, vous avez sorti un deuxième album, Born to Boogie, en octobre 2014. J'ai le sentiment que ce disque est beaucoup plus personnel que le premier. Je me trompe ?

Giacomo :
Non, tout à fait. En fait le premier album est arrivé très vite après la création du groupe. On l’avait fait un peu rapidement avec des paroles pas vraiment travaillées car il nous fallait une démo pour pouvoir booker des concerts et donc on s'est grouillé pour le pondre. Finalement comme ce disque a marché, malgré son manque de production, je me suis dit qu'on allait être attendu au tournant avec le deuxième. Donc j'ai préféré prendre le temps de le préparer et de me poser la question de ce que je voulais réellement y mettre. Au final, j'ai vraiment voulu faire ressortir ma culture italienne et latine et la mélanger avec la culture anglaise. Donc, oui, ce disque est plus personnel. On peut dire que c'est le réel premier album spaghetti rock de Romano Nervoso. L'autre c'était vraiment un premier jet pour trouver des dates et annoncer que le groupe existait.

SMA : Est-ce que tu t'es déjà senti obligé de sortir un disque ?

Giacomo :
Non, au contraire même ! Ici sur Born to Boogie, les radios m'ont demandé quelque chose de plus single ou plus compact. Je les ai envoyées chier. Tu prends ou tu ne prends pas, mais je ne suis pas du style à faire des concessions ou à abaisser mon froc pour avoir deux passages sur Pure FM, ce qui ne m'intéresse pas. Ça fait 15 ans que je suis musicien et que j'en vis donc je n'ai pas besoin de commencer à devoir m'adapter. De toute manière j'ai toujours été dans des groupes sans concession donc ce n'est pas maintenant que ça va changer. Et je pense que c'est ça qui a aussi fait que je sois maintenant un peu reconnu.

SMA : L'état d'esprit avant tout ?

Giacomo :
Oui. Puis je fais de la musique parce que c'est ce qui me tient en vie et me permet de ne pas me foutre en l'air. La musique c'est la seule chose qui je m'a jamais trahi dans la vie donc autant lui rendre hommage et continuer sur cette voie-là.



SMA : En parlant de convention et de chose plus personnelle, sur Born to Boogie il y a un morceau qui attire l'attention de tout le monde : "Maria" qui est en fait une reprise en italien de "Aline" de Christophe. As-tu un rapport particulier avec cette chanson ?

Giacomo :
Ce morceau, ça fait au moins 30 ans que je l'écoute et tout le monde le connaît. En fait, je n'ai jamais rien compris aux paroles. On ne sait pas si c'est un amour d'été ou autre chose. C'est un texte un peu bizarre et encore maintenant je me demande ce que Christophe a voulu raconter. Au final, je pense que c'est un des premiers morceaux que j'ai écouté. Ce sont mes parents qui me l'ont fait entendre et en le reprenant, je voulais avant tout leur rendre hommage.



SMA : J'ai l'impression que pas mal de gens doivent se perdre à cause de Romano Nervoso lorsqu'ils vont à La Louvière. Quelle est l'histoire du panneau "direction La Louvière" que tu brandis à chaque entrée en en scène ?

Giacomo :
(rires) Si les gens se perdent, ce n'est pas ma responsabilité. Non, en fait à la base tout à commencé à Charleroi. Michael du Rockrill était allé faire un jogging dans les terrils et il est tombé sur un panneau. Il me l'a gardé en pensant que ça allait me faire plaisir. Un soir où on jouait à l'Eden à Charleroi il me l'a ramené et je trouvais que ça avait de la gueule donc je suis monté sur scène avec. Ca a commencé comme ça. Puis les gens ont trouvé que l'intro avec le panneau était cool donc j'ai continué. Depuis on nous en a volé trois, mais cette année la ville de La Louvière me les donne étant donné que j'ai été élu citoyen d'honneur de la ville (rires). Donc on n’a plus besoin de les chourer !

SMA : En octobre dernier, j'ai assisté à la release party de Born to Boogie à Bruxelles au Botanique dans une Rotonde survoltée. A un moment je t'ai trouvé assez touchant lorsque tu as dis un petit mot pour tes parents qui étaient présents dans la salle. Tu disais que ça faisait des années qu'ils ne t'avaient plus vu. C'était important pour toi qu'ils soient là ce soir-là ?

Giacomo :
La dernière fois que mes parents sont venus me voir en concert, je jouais encore avec Hulk donc ça remonte. Ils ont vu trois barbares bourrés de came qui envoyaient du rock à fond de balle et ils se sont demandé ce que leur fils était occupé à branler et surtout ce qu'il allait devenir plus tard. Ils ont pensé que j'allais mal tourner. Ce soir-là j'étais heureux de les voir et j'ai voulu leur rendre hommage car le goût de la musique, c'est mon père qui me l'a passé. C'est lui qui m'a un jour demandé si je voulais jouer d'un instrument. Et puis si je suis là, c'est grâce à eux et à mon frère donc je voulais leur dire un petit mot. Quand j'avais 6 ans, mon frangin était déjà punk donc j'écoutais ses disques et à 10 ans je me suis retrouvé avec une bonne culture musicale en général. Donc ce que je voulais faire passer comme message, c'est surtout qu'il faut respecter sa famille et les gens qu'on aime. Bref, aimez-vous les uns les autres. (rires) En fait dans la religion il faudrait onze commandements et non dix. Le dernier ce serait aimez-vous les uns les autres, bordel de merde et arrêtez de casser les couilles !



SMA : La religion a un sens important pour toi dans la musique ?

Giacomo :
A la base je suis chrétien parce que j'ai été éduqué comme ça. Bon maintenant quand tu as 11 ans et qu'on te dit que tu vas faire ta communion tu ne piges pas vraiment ce que ça veut dire. Maintenant je ne suis plus vraiment catholique. Je suis plus dans mon trip ovni et ce genre de trucs (rires). Je suis convaincu que l'âme est immortelle. Dès que tu meures ton âme fout le camp et part voyager. Je ne crois pas en un dieu créateur, mais plutôt que notre corps est une sorte de carcasse, d'enveloppe et que notre âme voyage partout dans l'univers. Bon je suis quand même encore un peu croyant, mais juste dans un sens : aimer son prochain. Pour moi, c'est ça la religion, c'est qu'il faut aimer quelqu'un. Donc Dieu pour moi il n'a pas une barbe ou un autre truc, il est l'Amour, un point c'est tout. Mais ce principe n'est pas uniquement propres au christianisme, tu le retrouves dans toutes les religions.

SMA : "In the Name of the Lord" a donc un sens particulier pour toi ?

Giacomo :
Dans cette chanson, "the Lord", c'est le rock. En fait, je remercie Dieu ou je ne sais pas qui d'être sur scène et de pouvoir jouer du rock’n’roll. Mais bon, mon côté italien peut en effet faire croire que c'est purement catholique, mais les gens qui pensent ça, je les emmerde. Je fais ce que je veux (rires).
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