Interview

BATTLE BEAST

Noora Louhimo: ''Le nouvel album est vraiment l'oeuvre de tout un groupe cette fois''


Vendredi 20 janvier 2017

Battle Beast s'est séparé d'un de ses membres fondateurs mais est gonflé à bloc avant de sortir son nouvel album, Bringer Of Pain, qui succède à l'excellent Unholy Savior. Nous avons eu l'occasion de discuter avec Noora Louhimo, la charismatique chanteuse du groupe. De ce sujet et d'autres!

Florent: Bonjour Noora, avant toute chose, comment vas-tu? Impatiente que l'album sorte (sortie prévue le 17 février)?

Noora Louhimo: Oui, très enthousiaste! Ca fait longtemps qu'on attend... L'album est prêt depuis fin 2016, je l'ai déjà écouté énormément de fois... Maintenant, le monde entier va enfin pouvoir le découvrir et j'ai très hâte de recevoir le feedback du public.

Aujourd'hui, comment juges-tu l'accueil de l'album précédent, Unholy Savior?

Je pense qu'il a été très positif... même si j'ai encore le sentiment que ce n'était pas à probablement parler un album du « groupe » Battle Beast. Il avait été très majoritairement composé par Anton (Kabanen, guitariste et membre fondateur dont le groupe s'est séparé suite à des désaccords sur le plan musical, nda), comme tous les autres albums – il faisait tout. Le prochain album sera cette fois un vrai album « de groupe », nous avons tous participé à sa conception et je préfère de loin ce mode de fonctionnement plutôt que de voir une seule personne tout composer.

Vous avez déjà révélé quelques chansons qui figureront sur Bringer Of Pain et elles semblent plus « catchy », plus accrocheuses que précédemment. On avait déjà pu entendre ce genre de choses sur, par exemple, Touch in the Night, mais c'est encore plus flagrant cette fois ; est-ce volontaire?

Je pense que oui... Même si c'est peut-être difficile à admettre (rires) ! Nous voulons toujours aller de l'avant. Nous avons plusieurs compositeurs aujourd'hui et chacun a ses envies, sa vision de la musique – même si le but est toujours de faire la meilleure chanson possible sans penser aux charts. Si nous l'aimons, les autres l'aimeront aussi, c'est ce que nous nous disons!

Quelles sont tes influences personnelles en termes de musique, de composition, de chant?

(elle réfléchit)... Je crois que tout ça commence dès que tu es tout petit. J'ai été influencée par la musique que mon père aimait – Led Zeppelin, AC/DC, Michael Jackson, Tina Turner, Bonnie Tyler... C'était très varié. Puis, en évoluant, j'ai écouté énormément de groupes de heavy metal quand j'étais ado – Dio, Iron Maiden, Twisted Sister... La raison pour laquelle j'accroche à un groupe ou pas est toujours venue de la voix, du chanteur et de sa performance. Et bien sûr, Judas Priest est une énorme influence ; j'ai toujours adoré la façon dont Halford chantait, surtout sur les anciens albums. Et le Priest a toujours eu des chansons catchy ! Comme Living After Midnight... Ce n'est pas juste du heavy metal, c'est aussi du hard rock plus « poppy » par moments. Dès leurs débuts, ils ont eu cette recherche de choses moins « traditionnelles ». Ils mélangeaient les choses, faisaient bouger les lignes – c'est ce que nous voulons faire aussi avec Battle Beast.



Ca peut sembler étrange, mais sur le single du prochain album, « King for a Day », j'entends une influence... de ABBA sur les couplets (elle se marre). Est-ce que tu es d'accord avec moi?

C'est génial d'entendre ça. L'animateur de la chaîne de radio locale a dit la même chose : « j'aime bien ce côté ABBA! »... Plusieurs personnes nous ont dit y entendre une influence d'ABBA, des Bee Gees... Je crois que Janne (Björkroth), notre claviériste, qui a composé cette chanson, a beaucoup d'influences plus pop, il adore ça. Il voulait faire un mélange assez... drastique entre le heavy metal et ces influences. J'aime le fait que cette chanson ait au final ce côté... cinématographique ; c'est très dynamique, ce n'est pas juste une chanson de heavy metal.

Le clip est assez drôle, mais les paroles sont plutôt sombres («King for a day – he kills the truth and looks away »). Les as-tu écrites?

Non, Janne s'en est chargé, comme du reste de la chanson, mais je peux en parler un peu. Les « King for a day » sont ces personnes qui ont du pouvoir dans une situation donnée et vont en profiter... ce n'est pas dirigé envers une personne en particulier que nous aurions connue. C'est général. Dans le clip, nous voulons montrer symboliquement que ces personnes, qui utilisent leur pouvoir de la mauvaise façon, serons jugées un jour ou l'autre (le clip met en scène un de ces « king for a day » passant devant une juge jouée par Noora elle-même, nda).


Vous allez tourner beaucoup en 2017 ; y a-t-il beaucoup d'endroits que vous allez découvrir?

Je n'ai pas encore vraiment regardé... Je dois dire que quand nous sommes en tournée, je suis parfois un peu perdue ! « Ok, donc aujourd'hui, nous sommes en Espagne, demain en Italie, après ce sera l'Allemagne »... Je vais sur scène, j'en sors, je rentre dans le bus, je me réveille et je suis ailleurs ! C'est un peu comme passer dans un trou de ver (phénomène spatial qui relierait deux points distincts de l'espace-temps, nda)! (rires). Oh, alors, je vois ici une date en France... « Le Rat's » ? Qu'est-ce que c'est?

Euh... dans quelle ville est-ce?

Puget-sur-Argent (nom prononcé avec un délicieux accent anglo-finnois, nda). (haussement d'épaules virtuel de votre serviteur)... Bref, aucune idée ! Nous allons aussi jouer à Nantes et Toulouse. Nous n'avons jamais été là, c'est chouette de pouvoir y jouer.

Vous venez en Belgique en mars, ce n'est pas la première fois que vous y jouez en tant que têtes d'affiche je pense.

Oui, nous venons au Biebob. Nous y avons déjà été ! Et en tant que tête d'affiche, durant la tournée Unholy Savior.

Est-ce que ce n'est pas un peu surprenant de voir un groupe de power avec beaucoup de claviers comme Battle Beast devenir aussi grand à l'heure actuelle ? C'est un style qui semble peut-être moins à la mode aujourd'hui, où tout est question d'extrême, d'expérimentations, de djent et autres...

Hmmm... (rire) hé bien, forcément, je suis ravie de la tournure que prennent les choses, mais c'est toujours surprenant d'avoir du succès quand, comme moi, vous êtes très... autocritique (rire). Mais je crois que les gens ont besoin de groupes comme nous de nos jours. Enormément de groupes font la même chose, sonnent pareil... Peu de groupes sortent du lot aujourd'hui. J'ose croire que c'est notre cas, que ce soit sur album ou en live.



Vous êtes Finlandais ; ici, quand on pense à la Finlande, on a l'image d'un pays où le metal est quelque chose d'énorme, qui passe à la radio, qui est haut dans les charts... Est-ce toujours vrai ou est-ce un peu un cliché?

La musique n°1 en Finlande reste la musique pop, comme dans beaucoup de pays. Nous sommes évidemment fort connus pour notre musique metal, c'est le style musical le plus représenté, mais chez les gens, au jour le jour... Cela reste assez marginal. Et ce n'est pas plus mal ! Ca rend les choses plus spéciales. J'ai entendu dire que les fans de metal étaient les plus fidèles au monde. Je trouve ça génial et ça prouve que c'est quelque chose de particulier. Par contre... nous avons effectivement des radios qui passent du metal. J'ai donc été fort surpris de voir qu'aux Pays-Bas, par exemple, ça n'existe pas...

En Belgique non plus!

Non? C'est surprenant pour nous, car nous avons toujours connu ça (rires). Peut-être qu'en tant que Finlandaise, je ne m'en rends pas bien compte...

Tu es dans Battle Beast depuis quatre ans maintenant. J'ai pu lire qu'au début, tu avais subi beaucoup de critiques après avoir remplacé l'ancienne chanteuse (Nitte Vanskä). Est-ce derrière toi aujourd'hui?

Il y aura toujours des critiques. Mais j'apprécie ça, car sans critiques, on n'apprend rien. Et j'ai appris beaucoup durant ces années. J'en suis venue à apprécier les bonnes critiques – pas celles qui disent « c'est de la merde ». Je ne peux pas plaire à tout le monde – nous ne pouvons pas plaire à tout le monde en tant que groupe! Certaines personnes aiment ma voix et c'est pour eux que je suis là, pour leur offrir quelque chose ; ceux qui ne l'apprécient pas, je leur dis toujours qu'ils n'ont pas à m'écouter ou à venir aux concerts. Je préfère positiver plutôt que me lamenter parce que je ne plais pas à tous... A chaque fois que j'ai reçu un commentaire négatif, ça a fait tellement mal que j'ai voulu me battre pour montrer ce que je valais. Donc en fait, je remercie ces gens (rires).
Suite aux critiques, j'ai aussi changé mon mode de vie, à vrai dire. Je ne bois presque plus d'alcool du tout, et aujourd'hui, voilà 100 jours que je n'ai plus fumé de cigarette !

Et tu sens une différence au niveau de ta voix suite à ça?

En fait, ce n'est seulement la cigarette, ce sont les effets secondaires... Quand on fume, les cordes vocales doivent travailler plus, ce qui donne un côté rauque. Bon, j'ai déjà une voix rauque... A la base, c'était pour imiter Janis Joplin et son grain de voix. Par après, j'ai développé ça, surtout dans Battle Beast.

Tu as parlé de Halford plus tôt. Je me rappelle qu'en 2008-2009, sa voix était horrible... Il a par après arrêté l'alcool et, je crois, la cigarette ; depuis, particulièrement sur la dernière tournée, il est revenu au top. C'est la preuve que l'influence peut être directe!

Bien sûr. Ca affecte la voix. Si tu bois de l'alcool, qui assèche tes cordes vocales, c'est très mauvais aussi... et si tu es saoul, tu hurles tout le temps et tu fumes deux fois plus ! C'est un cercle vicieux. Tu ne dors pas aussi bien non plus quand tu bois...

Pour en revenir et conclure sur le sujet des critiques : il faut se dire que Bruce Dickinson, en arrivant dans Iron Maiden, a été critiqué aussi!

La plus grande récompense pour moi est d'avoir gagné le coeur des fans. Que certains soient venus me dire « je suis désolé, je t'ai méjugée »... C'est mon carburant. Je veux toujours être la meilleure possible – et le chemin est sans fin, parce que je serai toujours insatisfaite (rires).

Sur ce, Noora, un grand merci pour le temps que tu nous as accordés. Je découvrirai Battle Beast sur scène au Biebob le 19 mars!

Très bien! Rendez-vous là-bas alors. Merci à toi!
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AUTEUR : Florent
Chroniqueur depuis ses 16 ans, il a voulu se relancer après un break... et des études de journalisme. Percer dans le journalisme musical quand on é...
Chroniqueur depuis ses 16 ans, il a voulu se relancer après un break... et des études de journalisme. Percer dans le journalisme musical quand on écoute du metal est aussi simple que percer dans le journalisme sportif quand on est fan de cricket, mais l'envie d'écrire et de partager sa passion l'a poussé à rejoindre les rangs de Shoot Me Agai...
Chroniqueur depuis ses 16 ans, il a voulu se relancer après un break... et des études de journalisme. Percer dans le journalisme musical quand on écoute du metal est aussi simple que percer dans le journalisme sportif quand on est fan de cricket, mais l'envie d'écrire et de partager sa passion l'a poussé à rejoindre les rangs de Shoot Me Again!...
Chroniqueur depuis ses 16 ans, il a voulu se relancer après un break... et des études de journalisme. Percer dans le journalisme musical quand on écoute du metal est aussi simple que percer dans le journalisme sportif quand on est fan de cricket, mais l'envie d'écrire et de partager sa passion l'a poussé à rejoindre les rangs de Shoot Me Again!...
Chroniqueur depuis ses 16 ans, il a voulu se relancer après un break... et des études de journalisme. Percer dans le journalisme musical quand on écoute du metal est aussi simple que percer dans le journalisme sportif quand on est fan de cricket, mais l'envie d'écrire et de partager sa passion l'a poussé à rejoindre les rangs de Shoot Me Again!...

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