Interview

IT IT ANITA

''Laurent a quand même façonné le son du rock en Wallonie''


Vendredi 24 août 2018

13 jours avant la sortie de Laurent, leur nouvel album, nous avons rencontré les Liégeois de It It Anita après leur concert au Donkey Rock Festival. On ne va pas tout dévoiler à propos de l'album ici, autant aller l'écouter par vous-même.



Clément : Salut les gars ! Content de votre concert ?

It It Anita : Ouais à fond !

Alors, hier soir Lysistrata
Lysistrata


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a joué ici et je sais que c’est un peu grâce à Luik Records . Petite question : est-ce que l’élève n’aurait pas dépassé le maître ?


Mike : Si !

Elliot : Ca n’a jamais été des élèves je dirai…

Bryan : La première fois qu’on les a vus, ils faisaient une première partie de It It Anita dans une cave sombre à Paris. Ils ont balancé pendant qu’on regardait le soundcheck et on s’est tous dit « bah putain pour des gamins ils maîtrisent bien ce qu’ils font ».

Damien : Et depuis on s’est plus lâché. On se voit souvent, ils sont venus en Belgique et ont enregistré des trucs chez Laurent.

Qui était là hier déjà…

Mike : Certains disent qu’il sera là demain aussi…

Peut-être avec Cré Tonnerre alors ?

Bryan : C’est drôle que tu parles de ça, parce que j’ai joué une fois un morceau avec Cré Tonnerre. À l’époque, quand je jouais avec Eté 67 on les voyait tout le temps. Ils faisaient même leur propre bière…

C : Oui la Rulles Cré Tonnerre !

Ensuite, la discussion divague sur cette bière durant 2 minutes, nous vous passerons ceci pour en conclure : allez goûter la Rulles Cré Tonnerre.

Je vous avais vu à l’AB club en 2016 avec The Guru Guru
The Guru Guru


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et Hypocristmutfreefuzz, c’était complet, il me semble. Même les lives sur internet, chaque fois c’est assez « fou » vos concerts ; il y a aussi vos concerts sauvages. C’est prévu où bien c’est spontané ?


Damien : Soit on n’a pas le choix, soit c’est prévu par l’organisation à l’avance. Après il y a ce gimmick de descendre la batterie dans le public, on le faisait en bouquet final.

Bon on va arrêter de faire durer le suspense, le 24 août vous allez sortir Laurent….

Mike : Sblaaahhh (ils sont fiers de leur album, oui oui)

C : Chez Shoot Me Again on a eu l’honneur de l’écouter avant sa sortie officielle, c’est votre 2ème album donc…

Damien : Non, on a toujours considéré les autres CD comme des albums, même si le nombre de titres n’était pas toujours énorme le timing reste stable. Bien que ça nous a déjà joué des tours, comme le fait d’être moins chroniqués.

Bryan : Ouais on a mis le paquet ! On s’est dit « on va mettre pleins de titres comme ça on sera d’office chroniqués partout ». (Rires)



Elliot : Il fait exactement 87 minutes !

Il y 2 choses qui m’ont marqué en regardant uniquement la tracklist, c’est pourquoi Laurent et autant le mettre à l’honneur ?

Bryan : Et bien c’est une très bonne question, une drôle d’idée même.

Damien : L’idée c’était que, comme l’un des disques précédents s’appelle « recorded by John Agnello », et celui-ci on savait qu’on allait le faire avec Laurent. On voulait donc prendre comme nom : « recorded by Laurent Eyen », mais on trouvait ça un peu long alors on l’a simplement nommé « Laurent ».



Elliot : Et le label ne voulait pas aussi.

Bryan : Il y a toujours des compromis comme ça.. Et puis ça tombe bien parce qu’il s’appelle Laurent tu vois ? (rire)

Tous : Ah bah oui ça tombe bien alors, donc voilà ! (rires)

Damien : Comme c’est lui qui a fait le disque surtout…

Mike : Et puis on ne voit pas assez de roux ! Il est beau ! Laurent est beau !

Il est vraiment photogénique…

Elliot : Il a un charisme assez dingue en tant que modèle photo, donc la pochette est plutôt dingue alors qu’on n’a même pas fait exprès. Pourtant, maintenant, c’est une évidence.

Damien : C’était surtout une façon de lui rendre hommage, il a quand même façonné le son du rock en Wallonie ces 10 dernières années. Il a tout fait, quasi.

Mike (avec un accent belge d’un niveau supérieur à François Damiens) : les Holywood Porn Stars, Sharko
Sharko


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, La Jungle
La Jungle


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,…

Elliot : C’est le 5ème membre du groupe, faut pas aller plus loin. C’est même la 5ème roue (ou roux) du carrosse.

Il y a autre chose qui m’a marqué dans la tracklist : vous aimez bien mettre des numéros comme noms de morceaux ? Il y a III, 25, 11, Tanker 2, 6 - 4 – 2

Bryan : Alors 6 – 4 – 2, c’est pour la rythmique. Enfin il me semble.

Elliot : 11, c’est le nombre de victimes de Francis Heaulmes, parce que ça parle de tueurs en série.

Mike : Ouais en fait en tournée on écoute « Faites entrer l’accusé » en version audio parce qu’on a que ça, alors ça remet au goût du jour certaines choses. Et on aime la radio !

Damien : 25, c’est un hommage à un groupe punk-noise marseillaise avec qui ont a joué à Mouscron il y a 3 ou 4 ans. Pour III et VI, c’est des interludes, on voulait simplement leur donner leurs numéros respectifs.

En écoutant Laurent, j’ai été assez touché par le duo Tanker. Une première partie instrumentale assez prenante où on reste en haleine. Puis cette 2ème partie avec ce discours très paradoxal et une instrumentale assez langoureuse. Il y a une vraie opposition, mais un rapprochement tout de même sur ce double titre et j’aimerai bien connaître l’histoire.

Damien : Pour la voix, c’est Myriam Leroy. On savait qu’on voulait mettre un spoken word, on avait diverses propositions. J’ai vu Myriam quelques semaines avant, on lui a demandé…

Mike et Elliot : 17 000 balles pour ça !

Elliot : On lui a envoyé le morceau et dit qu’elle avait carte blanche. Sa première proposition a été la bonne.

Damien : Connaissant son activisme, féminisme et tout ça, on s’attendait ça ce genre de chose.

Ce double discours paradoxal où c’est la femme qui bat l’homme et vient enchaîner avec les riffs tranchants de la partie 1.

Bryan et Mike: On est content que ça plaise finalement parce qu’on a eu quelques doutes…

C : J’avais déjà écouté les singles (Say No et Another Cancelled Mission) avant, ça m’avait plus. Ensuite j’ai lu la petite promo que Vicious Circle a écrit et j’ai trouvé ça très juste. C’est vraiment plus fédérateur qu’avant ! Vous êtes passés du noise rock avec une fin qui arrivera quand ça arrivera, à quelque de plus « concis ».

Damien : Exactement, il y a quand même des longs morceaux, mais il y a moins de choses qui partent comme NPR ou la fin de Templier.

©Gregory Derkenne

Alors avant j’ai parlé de Vicious Circle , qui sont français.. Vous avez des liens avec la France, mais…

Mike (avant un accent du sud de la France) : Oh tu te calmes là ! N’exagère pas ! (rires)

Parce qu’en Belgique aussi bien du côté francophone que néerlandophone, on a une belle scène noise/alternative, il faut le dire. Vous ressentez beaucoup de liens ?

Damien : J’ai l’impression que c’est périodique. Il y a eu le rock liégeois à l’époque de Malibu Stacy, c’était vers 2005-2006, et en 2015 le rock alternatif a repris. Donc c’est un peu cyclique et c’est bien que chacun puisse en profiter.

Elliot : Il y a une vraie union aussi dans les groupes pour le moment…

Mike : Il y a juste en Wallonie où on joue pas très souvent. Mais en parlant de ça, on a un Reflektor et l’Entrepôt à remplir !

Elliot : Je pense qu’il y a une « réunion » en termes de groupes et de styles pour le moment ; on est content de cet état d’esprit. C’est peut-être le fait que tout le monde s’entend bien qui fait que la scène évolue dans le bon sens.

Bryan : Figure-toi que c’est un pied en France qu’il nous manquait, on avait déjà un tourneur en France mais pas encore de label. On joue là-bas régulièrement, mais on n’avait aucune structure qui pouvait faire la pub de nos disques et auprès de la presse et du public.

Damien : On a rencontré Philippe à la sortie du disque de Lysistrata parce qu’ils nous avaient invités à leur release, où il y avait BRNS
BRNS


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d’ailleurs, et encore un autre groupe… Donc Philippe de Vicious Circle était à cette fête-là et connaissait déjà It It Anita
It It Anita


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. Je lui ai fait écouter AGAAIIN et il a apprécié notre concert.

En général la scène noise est plus présente en Allemagne et aux Pays-Bas qu’en France…

Damien : Notamment grâce à Lysistrata
Lysistrata


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et Vicious Circle , ils mettent à nouveau des groupes un peu énervés au-devant de la scène. Donc on profite un peu de cette vague-là !

Bon alors je vais vous laisser le mot de la fin, le micro est à vous :

Retrouvez nos dates sur internet, on va faire quelques dates en Belgique. Et après on va partir plus loin ! La tournée de l’album va passer en Espagne, en Angleterre, en Allemagne, au Kosovo (selon Mike), à Abidjan (selon Elliot), et c’est tout pour nous !

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AUTEUR : Clément
Etudiant en journalisme à l'IHECS. C'est un véritable dévoreur de musiques sous beaucoup de formes, avec une grosse dominante sur les musiques extr...
Etudiant en journalisme à l'IHECS. C'est un véritable dévoreur de musiques sous beaucoup de formes, avec une grosse dominante sur les musiques extrêmes et alternatives tout de même malgré un bon éclectisme. Jeune de la génération Y, il laisse avec plaisir les sonorités sorties des méandres de l'internet 2.0 se faire entendre. Mais la vie...
Etudiant en journalisme à l'IHECS. C'est un véritable dévoreur de musiques sous beaucoup de formes, avec une grosse dominante sur les musiques extrêmes et alternatives tout de même malgré un bon éclectisme. Jeune de la génération Y, il laisse avec plaisir les sonorités sorties des méandres de l'internet 2.0 se faire entendre. Mais la vie n'est pas pas que virtuelle et heureusement d'ailleurs, les concerts et festivals restent un plaisir inébranlable...
Etudiant en journalisme à l'IHECS. C'est un véritable dévoreur de musiques sous beaucoup de formes, avec une grosse dominante sur les musiques extrêmes et alternatives tout de même malgré un bon éclectisme. Jeune de la génération Y, il laisse avec plaisir les sonorités sorties des méandres de l'internet 2.0 se faire entendre. Mais la vie n'est pas pas que virtuelle et heureusement d'ailleurs, les concerts et festivals restent un plaisir inébranlable d'écouter et partager la musique selon lui. ...
Etudiant en journalisme à l'IHECS. C'est un véritable dévoreur de musiques sous beaucoup de formes, avec une grosse dominante sur les musiques extrêmes et alternatives tout de même malgré un bon éclectisme. Jeune de la génération Y, il laisse avec plaisir les sonorités sorties des méandres de l'internet 2.0 se faire entendre. Mais la vie n'est pas pas que virtuelle et heureusement d'ailleurs, les concerts et festivals restent un plaisir inébranlable d'écouter et partager la musique selon lui. ...

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