Interview

BOB DOUG

''C’est là qu’on se rend compte qu’il faut aller en jam : c’est le lieu par excellence des rencontres imprévisibles.''


Mercredi 11 août 2021

Le nom Bob Doug
Bob Doug


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, c’est en référence aux astronautes ?


Bob : Non, justement, c’est un peu emmerdant. Depuis qu’ils sont montés avec la NASA, si t’écris « Bob Doug » sur Google, tu n’as qu’eux comme résultat de recherche. Pourtant, le premier album est sorti en 2013. Nous avions déjà ce nom-là. On m’appelait comme ça depuis longtemps et donc je me suis dit au lieu de trouver un nom de groupe autant utiliser ce surnom que les gens me donnaient déjà. Donc pas vraiment une histoire de folie là derrière.
Mais oui en effet, depuis que Bob & Doug sont montés dans les étoiles, t’écris ça sur Google et tu ne tombes pas sur nous malheureusement.

Bob, à la base tu as créé le projet Bob Doug
Bob Doug


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en solo. Comment s’est fait le passage à la band actuelle ?


Bob : Au début, le premier album n’était pas vraiment prévu. C’était juste moi qui composait des morceaux. Je m’étais dit que ça me plairait de les sortir en me disant que dans quelques années, je puisse le réécouter et être fier d’avoir sorti un album. J’avais fait toute la partie instrumentale et enregistré dans un petit studio, sans trop de budget d’ailleurs. C’était vraiment pour le plaisir personnel. Puis quand je l’ai sorti, il est passé sur Classic21. Ça a pas mal marché. Je me suis même fait interviewé. Ce qui m’a fait réaliser qu’il y avait quand même moyen de faire quelque chose.
Ensuite, Louis et moi on s’est rencontrés en jam il y a un bout de temps. On avait un concert et j’ai demandé à Louis s’il n’était pas dispo. C’était un dimanche, moi j’avais encore cours en secondaires à cette époque. C’est là qu’on se rend compte qu’il faut aller en jam : c’est le lieu par excellence des rencontres imprévisibles. La même chose s’est produite avec notre ancien bassiste : il devait changer de pays et ne pas revenir. Nous avions un concert de 1h30 prévu au Rock Classic et on ne savait pas quoi faire. J’ai donc décidé d’appeler notre bassiste actuel (qui ne l’était pas encore à ce moment-là), Alex. Nous avions 2 jours pour lui faire répéter ce set composé uniquement de nos compos. Et il l’a fait !
Nous nous sommes donc tous rencontrés sur le tas et ça reflète bien l’esprit du groupe.
Par la suite, on a formé un band puis commencé les concerts. En 2014, pour le deuxième album, notre formation actuelle est née. Précédemment, il y avait eu plusieurs batteurs et nous étions plus jeunes donc pas mal de gens bougeaient dans d’autres pays. Désormais, ça fait 7 ans que la formation du groupe est la même. Donc le début en effet, j’étais en solo, puis on a composé ensemble avec le pianiste également, Arnaud.
Heureusement que je ne suis plus seul, étant donné que nous sommes un groupe live avant tout, ce qui fait qu’il y a pas mal de trucs à gérer.

Louis : Bob Doug, à la base c’est quand même toi.

Bob :
Oui, je m’appelle Bob Doug. Cependant, c’est devenu un groupe par la suite donc actuellement, ''Bob Doug'' représente tout le groupe.

Quelle est la formation du groupe ?

Bob : Nous sommes quatre. Il y a Louis ici présent à la batterie, moi à la guitare et au chant, Arnaud au piano et Alex à la base. Ça fait quelques années que c’est comme ça, nous ne pensons pas en changer.

C’est donc votre troisième album, on peut entendre que les racines sont restées plus ou moins les mêmes, ce qui n’est pas le cas pour tous les groupes aux fils des sorties/albums. Cependant, votre premier EP, « Straight Lines » était beaucoup plus psyche’, avec même certains morceaux instrumentaux (Sitting In the Desert), comment ça se fait que vous vous soyez davantage tournés vers le stoner par la suite ?
Bob : Nous avons essayé de garder un peu le même style. Nous ne voulons pas trop sortir de nos racines blues.


Louis : On a tous des influences fort différentes. Chacun a son style, ça nous permet de faire de beaux mélanges.

Bob : Toi, Louis, t’es plus tourné vers la pop punk, moi vers le blues oldschool, Alex le bassiste est très orienté classic rock, et Arnaud le pianiste est très blues aussi finalement. On se rend compte que cette symbiose crée notre style à nous. D’ailleurs quand on compose, on essaie toujours de trouver cette identité. Sur le troisième album, ce qu’on a essayé de faire c’est avoir une sonorité plus moderne. Il y a des éléments électroniques avec un peu plus de choeurs. Je pense que si nous devions définir notre style, ce serait blues rock moderne. Nous essayons de rester en accord avec notre temps sans pour autant tomber dans la pop d’aujourd’hui.



Votre deuxième album, « One Last Sip » sonne beaucoup plus funk/blues rock. Tandis que le troisième, « Mirage », tire limite plus vers le hard rock. Ces différences de genre entre les albums était intentionnelle ? Sinon, comment l’expliquez-vous ?

Bob : C’est vrai qu’il y a un morceau plus funk, c’est parce que nous ne nous sommes pas posés de questions. Quand nous composons, c’est naturel. Si le morceau ressemble à du funk alors que nous ne sommes pas forcément un groupe funk et qu’on aime bien le morceau, nous le gardons. On ne veut pas se limiter non plus.

Qu’est-ce qui vous inspire le plus pour écrire vos chansons ? Les récits réels et personnels ou des histoires inventées ?

Bob : Certains morceaux sont des récits personnels, d’autres sont complètement des histoires inventées. On a tous envie de voyager quand on écoute de la musique, surtout dans le blues… Le désert, le rock stoner, la vitesse de la voiture, ce genre de choses. C’est fait pour faire rêver aussi, nous faire partir des petites rues de Bruxelles. Avec le single qu’on a sorti il y a quelques temps, « Road 98 », on a essayé de faire la blague de la voiture qui trace dans le désert.
Dans notre clip, le désert, c’est sortir de Bruxelles, aller dans les champs de Wallonie et tracer avec la caisse, c’est un peu notre désert à nous on va dire. On voulait un peu « belgiciser » tout ça. D’où le titre du morceau qu’on a écrit dans la voiture d’Arnaud, qui est une Peugeot 98.
La blague, c’est que quand tu roules dans cette voiture, toutes les routes deviennent les routes 98. Nous avons tout filmé en une seule soirée en se disant qu’on allait filmer ce qu’on sait faire de mieux : une soirée.

Auriez-vous une anecdote liée à un concert/ une chanson ?

Louis : À Ronquières 2017, on ouvrait le festival. Je suis arrivé un petit moment après les autres membres du groupe. On m’a envoyé à la scène bâbord, où on m’a ensuite dit que je ne devais pas entrer par là en précisant « Il faut retourner là où vous étiez ». Ensuite, je suis retourné là d’où je venais, on m’a sorti la même chose. Et ainsi de suite, ce qui fait qu’à un moment, je leur ai dit que je commençais à entendre mon groupe faire le soundcheck sur scène. Le gars ne voulait pas me laisser passer. Du coup, j’ai été escorté par la police sur le site du festival, donc pas les backstages. J’ai dû passer dans la foule avec ma voiture qui contenait ma batterie. La deuxième anecdote, Bob, tu la raconteras probablement mieux que moi.

Bob : On devait jouer à Verviers au Fiesta City. C’était un set sans le pianiste qui ne pouvait pas être là, ce qui fait que le bassiste et moi sommes arrivés sur place sans Louis.
Louis : J’avais un autre concert avant, j’étais censé pouvoir enchaîner les deux. Sauf qu’il y a eu tellement de retard au premier concert que je voyais l’heure passer sans pouvoir partir, ma batterie bloquée sur l’autre scène, ce qui fait que j’ai dû appeler Bob et dire que je n’allais jamais pouvoir arriver à temps.

Bob : Une demi-heure avant notre concert, on se demandait ce qu’on allait faire vu qu’on était juste une basse, une guitare et du chant. Nous étions en backstage à essayer de trouver une solution sans devoir annuler, quand par hasard, le manager de la scène nous a dit qu’il jouait de la batterie et qu’on pourrait se démerder. C’était un gars dans la cinquantaine ou soixantaine. On s’est dit « Bon bah on y va, rock’n’roll ! » Avant ça, on ne le connaissait pas du tout, mais on l’embrasse. À ce même concert, je m’étais ouvert le doigt, il y avait du sang partout sur ma guitare ! Je m’étais donné à fond pour montrer qu’on est un bon groupe même si tous les membres du groupe n’étaient pas présents. Au début, il n’y avait pas grand monde. Puis quand le sang a commencé à jaillir sur ma guitare, la salle s’est remplie.

Un petit mot sur la suite ?

Bob : Nous avions sorti le single en mars 2020. On voulait sortir l’album à ce moment-là, tout était prêt, mais on n’a pas pu pour des raisons évidentes. Du coup, on s’est dit qu’il valait mieux attendre le bon moment étant donné que nous sommes un groupe rôdé pour le live. On va sortir un album avec une chouette realease, pour que les gens nous découvrent en live vu que c’est vraiment à ce moment-là qu’on montre ce qu’on sait faire. Même l’album est très différent en live. On est prêts depuis un an et demi, même si pas mal de morceaux se sont ajoutés depuis, ce sont déjà presque des anciens morceaux. D’ailleurs, bientôt, on pourrait aller en studio enregistrer le prochain album. On a joué ces morceaux à la Fête de la Musique à Bruxelles, fin juin. C’était la première fois que nous les jouions face à un public. Ça nous a fait du bien de voir le ressenti, comment les gens régissaient. De notre côté, ça nous a appris à nous remettre au question quant au set. Ce show a fait partir toutes nos frustrations en quelques secondes.
Ce soir nous allons mixer un live session filmé qu’on a fait de tous les morceaux, qui va sortir prochainement. Tu l’as compris, nous avons plein de sorties prévues, on attend juste le moment où on peut sortir la realease. On n’en peut plus. *rires*

Pour écouter et voir ''Road 98'': https://youtu.be/vS_RN8-ok1A
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AUTEUR : Rosie
Ayant commencé son apprentissage musical avec le jazz et le blues, Rosie s’oriente aujourd’hui davantage vers la scène alternative dans sa globa...
Ayant commencé son apprentissage musical avec le jazz et le blues, Rosie s’oriente aujourd’hui davantage vers la scène alternative dans sa globalité. C’est en mars 2020 que son aventure démarre sur les chapeaux de roue : elle intègre un groupe de hard rock, ainsi que la rédaction d’un magazine musical. Désormais armée d'outils pour ...
Ayant commencé son apprentissage musical avec le jazz et le blues, Rosie s’oriente aujourd’hui davantage vers la scène alternative dans sa globalité. C’est en mars 2020 que son aventure démarre sur les chapeaux de roue : elle intègre un groupe de hard rock, ainsi que la rédaction d’un magazine musical. Désormais armée d'outils pour comprendre cet art plus en profondeur, elle se met à analyser tout ce qu’elle écoute, du rock psyché au black ...
Ayant commencé son apprentissage musical avec le jazz et le blues, Rosie s’oriente aujourd’hui davantage vers la scène alternative dans sa globalité. C’est en mars 2020 que son aventure démarre sur les chapeaux de roue : elle intègre un groupe de hard rock, ainsi que la rédaction d’un magazine musical. Désormais armée d'outils pour comprendre cet art plus en profondeur, elle se met à analyser tout ce qu’elle écoute, du rock psyché au black metal en passant par le sludge, trash, heavy, classic rock, grunge et j’en passe. M...
Ayant commencé son apprentissage musical avec le jazz et le blues, Rosie s’oriente aujourd’hui davantage vers la scène alternative dans sa globalité. C’est en mars 2020 que son aventure démarre sur les chapeaux de roue : elle intègre un groupe de hard rock, ainsi que la rédaction d’un magazine musical. Désormais armée d'outils pour comprendre cet art plus en profondeur, elle se met à analyser tout ce qu’elle écoute, du rock psyché au black metal en passant par le sludge, trash, heavy, classic rock, grunge et j’en passe. Mais après six mois de collaboration, elle quitte ce dit magazine pour embarquer à bord du navire Shoot Me Again !...

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