Interview

K-BRANDING

Samedi 5 septembre 2009

Même si il n’est plus vraiment nécessaire de présenter le groupe pour les fidèles lecteurs de Shoot Me Again, pour les autres, est-ce qu’on pourrait avoir une petite rétrospective du groupe ?
GD: On existe depuis 2004. On se connaissait avant de jouer ensemble. On s'est retrouvé un jour à trois dans un local avec des instruments et cela a tourné alors on a décidé de continuer. On a sorti 4 cd-r et l'album Facial il y a peu de temps.

Votre musique et principalement Facial cultivent les paradoxes. Pas si facile d’approche que ça on se laisse, malgré tout, aisément emporter par vos compositions. Moins brute dans sa production plus retenue, Facial est votre disque le plus violent. Et enfin, vous jongler à la fois avec le côté tribal et urbain / moderne ( voire industriel). Comment gérez-vous ces contraires ? Ils vous viennent d’où ?
GD: Tu trouves que Facial est le plus violent ? Etrange... Dans cet album, on a essayé d'avoir un son plus défini, on a aussi laissé une grande part à l'improvisation (quasiment la moitié de l’album). Les paradoxes doivent venir du fait qu'aucun de nous n'impose ses choix aux deux autres. Le mélange crée les paradoxes et l'improvisation les rend cohérents.
L'indus et la musique tribale sont assez proches en fait : un appel à la transe, une envie de reproduire le son environnant. C'est naturellement que l'un s'est mélangé dans l'autre.



Vous avez participé aux Massacrés Belges. Vous figuriez sur la première compilation, déclencheur médiatique d’une réaction face à un conformisme musical belgo-wallon. Aujourd’hui vous vous retrouvez distribués par un distributeur emblématique de cette vague Sacrés Belges et consorts. Encore un paradoxe au passage ( ?)… Même si vous avez gardé aussi votre collaboration avec Mandaï, ça vous fait quoi d’être distribué par Bang ! C’était important de rester en parallèle avec Mandaï ?
GD: Pour moi, la compil. Massacrées Belges avait pour but premier de montrer qu'il y avait autre chose que la fameuse scène « Sacrés Belges ». Je pense qu'elle a bien réussi son coup. Par contre, ça ne dit pas que les Sacrés Belges, c'est mal. Les Massacrés et les Sacrés ont tous les deux leurs intérêts…Chacun ses goûts.
Bang! ne distribue pas que les Sacrés Belges, ils ont aussi quelques bons labels. Et puis, ils sont si gentils... Puis maintenant, Bang! est dans Pias, le problème se complexifie.
Je fais partie de Mandaï, Bang! et Mandaï viennent tous les deux de Namur. Mandaï s'est aussi occupé du booking de K-branding
K-branding
Clique pour voir la fiche du groupe
tout un temps. Oui, c'est tout à fait normal de mettre le cd sur Mandaï. La question ne s'est même pas posée.

Pourriez-vous nous parler un peu du label Humpty Dumpty Records qui sort Facial ?
GD: C'est le label de Nooni. Le grand frisé qui traîne partout dans les concerts avec sa petite voiture. On le connaît depuis quelques années. C'est lui qui est venu vers nous. Ca nous a permis d'enregistrer/produire l'album de manière plus professionnelle. Nooni sort vraiment des artistes par coups de cœur. A des concerts, on croise souvent les gens de Y.E.R.M.O.
Y.E.R.M.O.
Clique pour voir la fiche du groupe
ou Carl par exemple.

Tous les musiciens (et même tous les artistes) sont influencés par d’autres. Vous-mêmes avez de nombreuses influences plutôt disparates. Cette diversité était-elle nécessaire selon vous pour produire le son, le style K-BRANDING
K-BRANDING
Clique pour voir la fiche du groupe
? Quelles sont vos influences majeures ?

GD: Chacun de nous a des influences très différentes. Elles évoluent aussi. On passe beaucoup de temps durant les répétitions à parler d'artistes qu'on vient de découvrir, d'albums improbables trouvés sur les blogs. On n’essaye pas de reproduire un style ou un groupe. Il nous est difficile de donner des influences. Je dirais le temps qui passe et le plaisir qu'on a à jouer ensemble.



On a l’impression que la musique de K-BRANDING
K-BRANDING
Clique pour voir la fiche du groupe
est pour ainsi dire instrumentale. Je n’ai d’ailleurs jamais tenté de discerner la moindre parole. Il me semble que la voix est au même titre que le saxophone un instrument, une façon de créer des sonorités. Est-ce une erreur d’appréhender votre musique de cette façon ? Avez-vous au contraire des textes à message qu’on (je) sous-estime ?

GD: T'as raison, la voix est considérée comme un instrument. Sébastien (batterie/voix) écrit la majeure partie des textes. Il n'y a pas de message. On n’est pas un groupe politisé.

En concert, lors de vos interprétations, une liberté de faire évoluer chaque morceau au moment même semble être conservée. L’improvisation joue-t-elle un rôle dans votre façon de travailler ?
GD: On improvise énormément en répète. On prend nos instruments, on enregistre, on écoute et on rejoue. En concert, on garde beaucoup de liberté mais les morceaux ont tous une « structure ». Cette incertitude nous oblige à rester concentré et à rester soudé durant tout le concert. On est obligé de se regarder, de s'écouter tout le temps. Je pense vraiment que cela apporte quelque chose à nos concerts.

Finalement, l’improvisation n’est-ce pas une manière de remettre en question son travail ?
GD: L'improvisation c'est juste un choix.

Jusqu’ici, K-BRANDING
K-BRANDING
Clique pour voir la fiche du groupe
a peu tourné. Le groupe a plutôt multiplié les concerts à droites et à gauches et surtout en Belgique. Je pense que cette contrainte est liée à vos travails respectifs. Si K-BRANDING
K-BRANDING
Clique pour voir la fiche du groupe
pouvait être « alimentaire », vous pourriez vous embarquer dans une succession de dates sur 2 à 3 semaines qui traverserait l’Europe ou d’autres continents ? N’est-ce pas une expérience qui manque au groupe ?

GD: K-branding
K-branding
Clique pour voir la fiche du groupe
n'est pas un groupe alimentaire. Peut-être que tourner davantage serait bénéfique mais peut-être pas... Vu que l'on travaille tous les trois, le groupe nous appartient complètement : pas d'impératif, pas de contrainte. C'est un plus. On est heureux comme ça.



Si je ne m’abuse, vous allez faire quelques dates en France avec ULTRAPHALLUS
ULTRAPHALLUS


Clique pour voir la fiche du groupe
, un autre groupe belge (liégeois pour être précis) qui pratique une musique plutôt à part. Comment se passe les relations avec les autres groupes belges, quand on est un peu à part musicalement ? Est-ce qu’on arrive à nouer facilement des contacts intéressants ?

GD: Vincent a joué sur leur dernier album et jouera sur le suivant. Sébastien a joué aussi avec Phil (le chanteur d'Ultraphallus
Ultraphallus


Clique pour voir la fiche du groupe
). J'ai joué avec Xavier ( le guitariste d'Ultraphallus
Ultraphallus


Clique pour voir la fiche du groupe
) dans Jesus is my son
Jesus is my son


Clique pour voir la fiche du groupe
. On se connaît donc très bien. On s'est tous rencontrés lors du premier Idiolabo. Ce sont des braves.
Nouer des contacts avec des gens qui ont la même passion que toi et des goûts similaires, oui c'est facile.

Et avec les salles de concert et les organisateurs, comment ça se passe ?
GD: L'arrivée de l'album nous a été bénéfique mais ça reste compliqué quand même... Nous faisons une musique relativement pointue, on ne peut pas jouer partout non plus. On aimerait jouer un peu plus là où on ne nous connaît pas. On y arrive doucement et rarement.

Et de Flandres, région qu’on décrit souvent comme plus intéressée ou plus audacieuse et ouverte dans le rock, vous avez des retours ?
GD: On a joué à Gand cet été. Sinon on n’a pas réellement de contact avec la Flandre. Un jour ça changera sûrement.

Vous avez eu aussi l’occasion à plusieurs reprises de jouer dans des programmations plutôt accessibles (Nuits Botanique, entre SAULE et MARIE WARNANT aux fêtes de la Musique, Dour Festival…). Jouez une musique atypique dans ce cas, ça vous a plutôt aidé ou desservi ?
GD: C'est variable. Pour les nuits du Botanique, c'était vraiment étrange. On jouait avant Daan
Daan


Clique pour voir la fiche du groupe
. Le public est arrivé pour lui, avant il profitait du soleil. On n'a pas gardé un souvenir magnifique de cette date. Pour Dour, ça s'est toujours très bien passé. Aux fêtes de la musique, c'était un concert plus anecdotique qu'autre chose...

Vous préférez quel genre de scène ? Et quel genre de public ?
GD: Une salle minuscule avec un plafond bas, un concert qui commence très tard, un public heureux qui se colle à la scène dès la première note et un open bar.



Quels sont les projets futurs de K-BRANDING
K-BRANDING
Clique pour voir la fiche du groupe
? Pensez-vous déjà à un nouvel album ? En termes d’écriture, avec K-BRANDING
K-BRANDING
Clique pour voir la fiche du groupe
, c’est plutôt lent ou rapide ?

GD: On aimerait sortir un disque vinyle et un nouvel album. C'est prévu pour septembre 2010. On ne promet rien car on est très lent pour composer des morceaux. On passe trop de temps à improviser.

Pourquoi pas quelque chose d’acoustique ?
GD: Drôle d'idée. Ca ne serait pas du K-branding
K-branding
Clique pour voir la fiche du groupe
. Peut-être dans 10 ans.

Pour conclure, quel est le mot ou adjectif qui définit le mieux K-BRANDING
K-BRANDING
Clique pour voir la fiche du groupe
?
GD: Disons 'stéroïdes'

Merci
GD: Mais avec plaisir.
TU AS AIME ? PARTAGE !
Google +
Twitter
Facebook
Whatsapp
E-mail
E-mail
Google +
Twitter
Facebook

► COMMENTAIRES

Tu dois être connecté pour pouvoir commenter !

Soit en deux clics via Facebook :

image

Soit via l'inscription classique (mais efficace) :

image

► A VOIR ENSUITE