Malgré un Strength in Numb333rs (2019) appréciable mais pas aussi fou qu’on l’aurait espéré, la popularité du trio ne cesse de monter en flèche. Ainsi, alors que les tickets pour le concert de ce soir ont été mis en vente le 17 juin, la salle affichait déjà complète depuis le 3 juillet ; leur excellente prestation le vendredi 21 juin 2019 au Graspop Metal Meeting n’est surement pas étrangère à cette vente éclair.

Alors qu’on s’attendait à une première partie comme annoncée lors de la mise en vente des places, nous avons appris le jour même du concert que les portes ouvriraient vers 19h30 et que le seul concert de la soirée serait celui de Fever 333.
La justification est à aller chercher sur le compte twitter de Jason Aalon Bulter. Ce dernier explique que la formation a pris la décision de tourner sans première partie car ils estiment que ces chauffeurs de salle de luxe sont exploités par l’industrie musicale qui ne leur octroie ni la visibilité ni la rétribution qu’ils méritent. Le propos pousse assurément à la réflexion mais nous aurions souhaité que se soit clairement signalé lors de la mise en vente.

Après avoir dégusté une bière de qualité sans se faire détrousser par l’organisateur et écouté une introduction nous rappelant au bon souvenir de la Nouvelle-Orléans, le trio déparque sous forme d’ombres derrière un grand drap blanc masquant la scène avec la ferme intention de nous retourner le cerveau.
La setlist de la soirée s’articule autour de l’EP Made an America (2018) et de Strength in Numb333rs. Tous les classiques attendus sont de sortie : Made an America, Walking in My Shoes, Burn It, The Innocent…et surtout le renversant Trigger qui déchirera tout sur son passage ! Avec une discographie encore à l’état d’embryon, le groupe peut facilement combler l'entièreté des fans en interprétant tous leurs titres les plus connus.
Nous remarquons que l’expression scénique du groupe a beaucoup évoluée par rapport à notre précédente entrevue lors du Graspop Metal Meeting où certains d’entre vous avaient trouvé qu’ils en faisaient des tonnes, sans pour autant que se soit justifié. Ce soir, la maîtrise affichée est sans faille, il n’est plus question de courir sans cesse dans tous les sens sans réfléchir à l’image dégagée. Pour autant, ne vous inquiétez pas, leur énergie débordante n’a pas faibli, loin de là ; sauf qu’à présent, cette énergie est distillée avec parcimonie pour être encore davantage dévastatrice. On notera cependant que par moment, Jason semblait fort fatigué, ce qui s’est notamment répercuté sur la qualité du chant (il faut dire que les trois comparses tournent beaucoup ces derniers mois) ; son flow absolument incroyable est suffisant pour que nous lui pardonnions cette légère faiblesse.

Comme nul n’est parfait, nous mentionnerons que les discours incessants entre presque chaque titre ont tendance à faire retomber le soufflé. Jason nous parle de sa volonté de lutter contre le patriarcat, de sa peur de voir le monde évoluer dans un sens qu’il n’aime pas alors qu’il va bientôt être père pour la seconde fois, de l’ouverture à la différence dont font preuve les européens –vision peut-être un peu trop idéaliste, tant de thèmes importants qui par moment prennent trop le pas sur le principal, à savoir la musique.
Vers 21h40, la messe est dite et Fever 333 nous quitte après le traditionnel rappel. Nous avons passé un moment appréciable mais peut-être pas aussi renversant que nous l’aurions envisagé, la faute à une certaine fatigue qui semble gagner le vocaliste. Par ailleurs, l’absence de première partie couplée à un concert compact d’1h10 nous donnent à réfléchir avant de nous déplacer à nouveau en direction d’Anvers pour festoyer à leurs côtés.

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