Sanguisugabogg annonçait déjà la couleur en matraquant l'Helldorado de riffs death bien rudes et bourrins. D'une efficacité rare, le set s'est avéré une belle mise en jambes pour ce qui allait suivre. Au même endroit, Animals as Leaders nous avait prévu une leçon de prog bien huilée qui nous a laissé rêveurs. Sentiment un peu retombé au moment d'apercevoir Anaal Nathrakh à la Swamp. Un son trop saturé et une voix trop stridente nous empêcheront de profiter pleinement du show.
Le duo entre Misthyrming et Nergal, par contre, nous a donné notre deuxième claque de la journée après Animals as leaders, en jouant l'intégralité du premier album de Behemoth, Sventevith, qui fêtait ses 30 ans en 2025. Une cohésion parfaite sur scène, emmenée par un leader charismatique et soutenu par l'un des groupes les plus prometteurs de la scène black actuelle.

Une nouvelle fois, la pression retombera un peu avec la prestation de Fit For an Autopsy. Non pas qu'elle fut ratée ou bâclée, mais un peu trop classique et sans relief par rapport à ce que ce week-end avait pu nous pondre jusque-là. Le rebond n'en fut que plus intense à l'arrivée de Rise of The Northstar, dont le hardcore français tisse une toile de plus en plus grande en Flandres. Toujours efficace, le show s'est résumé par une grande baston générale. Et on en attendait pas moins.
Deicide a suivi avec une identité sonore mortuaire et particulièrement sombre, rappelant les rituels funèbres, portés par la voix particulièrement grave de Glen Benton. Celle de Randy Blythe de Lamb Of God nous a davantage convaincu néanmoins, tant par son groove que son charisme légendaire. La plaine de la Prison stage s'est montrée conquise, laissant peu de miettes à Paleface Swiss, jouant au même moment à l'Helldorado. Les Suisses ont pourtant tout ce qu'il faut pour grandir : le show se veut construit, la communion avec le public semble acquise, et les hits continuent de fleurir.
Ensuite, c'est Satyricon qui marquera la dernière interlude black de ce week-end. En toile de fond pendant notre repas, le groupe a su nous transporter dans son univers médiéval, folklorique, parfois expérimental mais toujours entraînant.
La journée s'est clôturée, de notre côté, avec The Ghost Inside, dont le metalcore n'est plus à présenter. Enchaînant les hymnes, le groupe a su transmettre cette émotion dont lui seul à le secret. Et si leur discographie n'est pas forcément la plus originale de la scène actuelle, elle n'en demeure pas moins l'une des plus efficaces et authentiques.
Une conclusion toute en douceur pour un festival qui a répondu à toutes les attentes : une programmation exemplaire, malgré quelques chevauchements fâcheux. Des animations toujours plus amusantes, renforçant une identité déjà bien marquée. Une ambiance conviviale, qu'on espère voir perdurer dans le temps. Alcatraz semble avoir atteint son paroxysme cette année, et on lui souhaite de garder cette aura encore longtemps.

Sanguisugabogg

Anaal Nathrakh
Misthyrming
Behemoth

Rise of the Northstar


Paleface Swiss
Satyricon