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Live report 22-09-2023 par Piet 5 min de lecture

La rentrée au Botanique avec Humour et Geese

C’est la rentrée des crasses ! Donc prends tes crayons de couleur et ton cartable, et accompagne moi à la Rotonde afin d’assister à une bonne dose d’Humour (rires gênés) et à la nouvelle sensation rock new-yorkaise, j’ai dénommé Geese (kwak kwak).

L’été et la chaleur furent éprouvants pour beaucoup, les membres et le postérieur certainement encore engourdis par la rigidité des transats. C’est pourtant une atmosphère d’automne qui souffle déjà sur le Botanique, alors que je sirote ma première bière sur la terrasse du parc dans l’attente de l’ouverture de la soirée par le quintet prometteur Humour. Un cocktail de couleur sombre et sans glaçons mêlant influences post-punk, hardcore mélodique à la sauce Midwest américain et paroles au rythme alambiqué d’un yodel allemand. Ayant découvert le groupe peu de temps avant le concert, ma curiosité est à vif à l’entrée silencieuse et timide des musiciens sur scène. Les rangs du public ne sont, dans un premier temps, pas bien fournis, et éparpillés entre le parterre et les marches sous la coupole du Botanique. Le groupe de Glasgow entamait ainsi sa deuxième date consécutive en Belgique, après un passage au festival de Leffingeleuren la veille, pour une première au plat pays. La tournée se poursuit ensuite Outre-Manche et à nouveau en Europe continentale pour une poignée de concerts en support de Do Nothing.



Quelques premières notes de guitares accompagnent un monologue au style spoken-word dont les inflexions s’apparentent à des miaulements d’un chat se prenant la queue dans une porte. L’introduction fait cependant son effet et sert de toboggan à la suite qui arrive. L’instrumental reste lugubre et les textes franchement pas joyeux, ce qui contraste avec l’hystérie cocasse avec laquelle Andreas Christodoulidis braille les paroles, mais la sauce commence à s’épaissir et la cacophonie prend tout son sens. L’agencement des morceaux est somptueux et s’articule comme la bande son d’un film. L’occasion de découvrir trois nouveaux titres en exclusivité, dont le pinceau musical s’insère sans discontinuité avec le reste. Etant donné que la discographie est succincte, les premiers morceaux publiés datant de 2022, on a droit aux meilleurs tirages : The Halfwit, alive and well et yeah, mud !. Je regretterai quand même le manque d’interaction avec le public pour un groupe assurant une première partie. Le potentiel d’Humour est cependant indéniable et il ne me tarde d’écouter leur premier album à sa sortie. Les trente grosses minutes de concert auront quand même suffit à remplir la Rotonde avant la venue de Geese sur scène.




Juste le temps de prendre un bol d’air et un rafraîchissement avant d’assister à l’acte suivant. Sur le coup de 21 heures, la salle est comble et Geese fait son entrée. On remarque directement à l’esthétique et au flegme avec lequel les musiciens se positionnent sur scène qu’on est au bon endroit si on s’attend à un indie rock expérimental. Geese vient nous présenter « 3D Country » (Partisan Records et PIAS), un deuxième album stylistiquement très distinct des débuts post-punk de « Projector » sorti en 2021. La presse les compare souvent à de certains Television, The Strokes, ou encore Talking Heads, sans oublier leurs contemporains anglais de Squid. Cette vibe de art-punk est cependant nettement plus ensoleillée et mêle des influences aussi hétéroclites que la country, le gospel et le jazz, le tout sur un fond de jam incessante qui nous fait tourner la tête.

Domoto sert d’excellent opener, et nous expose déjà la facilité déconcertante avec laquelle Cameron Winter jongle avec les tonalités musicales sans jamais atteindre de fausse note, les doigts virevoltants sur son synthétiseur. Les mots se glissent hors de sa bouche avec un détachement nous rappelant un autre chanteur new-yorkais d’un groupe auquel Alex Turner voulait appartenir. S’en suit 2122 aux envolées psychédéliques, I See Myself aux chœurs de gospel et Jesse qui nous donne envie de traverser l’Amérique dans une bagnole pourrie, en direction d’un horizon radieux. Gravity Blues dépeint une situation similaire mais avec une fin moins heureuse, où la dite bagnole se jetterait d’un pont. Un tapage déstructuré sur Mysterious Love avant de jouer les hits Cowboy Nudes, 3D Country et St. Elmo pour clôturer. Enfin, vient une demande de rappel très convaincante du public qui fait trembler les planches du parterre. Le mix alternatif indie post-rock Low Era vient contraster le set en apportant une fraîcheur bienvenue que les fans d’Ulrika Spacek auront certainement apprécié, pour laisser place à l’ultime slow burner Undoer.

Une belle bande de theatre kids goguenards qui me frappent par leur maturité, que certains attribueraient certainement à un excès de confiance, mais qui est la marque des grands. Individuellement bourrés de talent, et surprenants de cohérence d’un point de vue collectif.

Geese est là pour rester, et confirme toutes les attentes.


La nouvelle saison des concerts est bien lancée! Un grand merci au Botanique pour l’invitation!

Les photos de l'article sont issues du concert d'Humour à Leffingeleuren. Pour la galerie complète du concert au Botanique, ça se passe chez nos amis de Brothers in Raw. Photos de Cristina Vergara.

Lien complet de la galerie sur le site de Brothers in Raw => https://www.brothersinraw.com/post/fotoverslag-geese-humour-le-botanique .

Pour suivre Cristina et ses autres photos => https://www.instagram.com/cv_eventphotography/

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