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Live report 24-06-2025 par Piet 8 min de lecture

Hellfest Open Air 2025 : Jour 1

C’est parti pour cette première journée au Hellfest!

Le périple commence depuis notre logement nantais : un peu de marche, un train, puis encore une bonne traversée dans les ruelles étroites et pavées du village de Clisson. Le Hellfest, avec ses flammes et ses décibels, contraste fortement avec la petite commune de Loire-Atlantique, entre maisons en pierre, fontaines et ponts fleuris.

Ici, tout le monde joue le jeu : le festival est devenu une pièce maîtresse du tourisme local. Boutiques, bars, restaurants… tout est estampillé Hellfest. À mesure que l’on s’approche du site, la tension monte. Au loin se dessinent les contours de la fameuse «cathédrale», porte d’entrée majestueuse vers le royaume des Enfers. Impossible de la manquer : un passage obligé devant l’immense «Gardienne des Ténèbres», cette femme animatronique et cornue à l’allure d’octopode, dont les huit pattes articulées et la présence arachnéenne dominent l’entrée du festival.

Petit saut par l’entrée VIP pour récupérer nos pass média et nous voilà lancés pour entamer ces quatre jours placés sous le signe du métal ! Nous sommes immédiatement frappés par la grandeur du site et les différentes attractions visuelles qu’il offre : grande roue, Metal Marketplace, statues monumentales, salon tattoo… En bref, le Disneyland du métalleux propose bien des divertissements.



Teen Mortgage – Warzone (17:15–17:55)
Après un passage furtif en Mainstage pour quelques ennuyeux morceaux de Skindred, c’est Teen Mortgage qui inaugure mon programme de cette première journée de festival. Duo originaire de Washington D.C., Teen Mortgage joue un punk garage abrasif aux accents surf, influencé par FIDLAR ou les Black Lips. Excellents lors de leur passage début juin à la brasserie de la Source (Bruxelles) avec TIPI., il me tardait de les revoir sur une scène de festival pour mesurer leur capacité à soulever une plus grosse foule, de surcroît en terrain non conquis. Une ouverture nerveuse pour mettre sous tension la Warzone, la scène punk/hardcore du festival. Ils ont martelé le béton en mode automatique, ne peinant nullement à créer les premiers tourbillons humains de ce Hellfest 2025. L’enthousiasme des hellbangers aura suffi à faire de ce premier concert un succès, et ce malgré une qualité de son franchement médiocre.



Slomosa – Valley (18:00–18:40)
La Valley est comme chaque année l’antre du doom et du stoner rock, et Slomosa fait office de second plat à mon menu du jour, après l’introduction punk alléchante des Américains. Le groupe, venu tout droit de Norvège, revendique un ''tundra rock'' inspiré du desert rock de Kyuss et Queens of the Stone Age. Leur show a marqué les esprits avec ses guitares hypnotico-psychédéliques, sa basse lourde et son chant planant. Ayant découvert Slomosa lors de la préparation de mon planning Hellfest, leur performance confirme toutes les raisons pour lesquelles mon intérêt avait été titillé. En deux mots : ça déchire. On retiendra le très francophone « Netanyahou suce ma b***, Donald Trump suce ma b*** » du chanteur norvégien Ben Berdous, qui aura bien fait rire l’audience.



Airbourne – Mainstage 1 (19:30–20:20)
On ne vous présente plus Airbourne, le hard rock pur jus venu d’Australie. Formé en 2003, le groupe s’est forgé une réputation live explosive avec des shows sans temps mort. Ce n’est pas la première fois que je croise la route de ces kangourous survitaminés, et leur énergie ne faiblit pas : plus de 20 ans à s’éclater des canettes sur le crâne n’ont visiblement pas entamé leur batterie. Les Australiens transforment la Mainstage en cour de récré, alors que le frontman s’amuse à grimper sur les épaules d’une armoire à glace de la sécu avant de se savonner de bière dans un bain de foule. On a également droit aux premières déflagrations pyrotechniques de ce Hellfest, ainsi qu’à une pluie de gobelets remplis de whisky, courtoisie de Joel O’Keeffe.



Chat Pile – Valley (19:40–20:40)
Avant d’attraper les 30 dernières minutes du set d’Airbourne, passage obligé à la Valley pour Chat Pile, groupe noise/sludge américain né à Oklahoma City. Leur album God’s Country (2022) s’est imposé par sa brutalité sonore et ses textes hantés par la violence sociale et mentale. Alors qu’ils figuraient sur ma « must-see list », l’expérience s’est révélée plutôt ennuyeuse, tout comme l’étrangeté de leur présence scénique. Le chanteur, bedonnant et à moitié nu, avec une allure de va-nu-pieds tout juste sorti de sa tente, aurait pu faire preuve d’un peu plus de décence malgré la chaleur écrasante. On retiendra peu de choses...

Soft Play – Warzone (20:45–21:45)
Ex-Slaves, Soft Play est un duo anglais mêlant punk et grime. Connus pour leurs concerts tendus et provocateurs, ils abordent avec humour des thèmes politiques et sociaux. Ma dernière fois avec Soft Play remonte au soir d’Halloween 2018, alors en tournée pour Acts of Fear and Love. Bien qu'ayant laissé deux morceaux de dents dans le mosh pit, mon intérêt pour le groupe s’était complètement dissipé, jusqu’à même oublier leur existence.

Ils réapparaissent en 2024 avec l’album Heavy Jelly après leur changement de nom. Longtemps critiqués pour s’être « ramollis » et avoir trahi l’esprit punk, Isaac et Laurie sont bien résolus à prouver le contraire, et ça se sent. Moquant les critiques avec une banderole « Soft Cunts » en fond de scène, Soft Play ne joue ni doucement, ni poliment. Ils semblent mûris, libérés, implacables. Une performance qui ne laisse personne indifférent tant leur fougue est communicative. Le moment fort restera sans doute la balade à la mandoline Everything and Nothing, qui aura touché même les cœurs des plus sombres métalleux.



Rise of the Northstar – Mainstage 2 (22:25–23:25)
Formé à Paris, Rise of the Northstar mélange hardcore, rap et imagerie manga. Le groupe s’est fait connaître avec des shows très physiques et un univers visuel cohérent, unique dans la scène métal. Indubitablement LE concert de cette première journée, alors qu’ils remplaçaient en dernière minute Ultra Vomit et leur heavy metal parodique. Époustouflants de justesse et de maîtrise, les Parisiens ont saisi toute la chance offerte par ce changement de programmation : ils ont conquis une masse de nouveaux fans tout en ravissant leur fanbase existante, qui ne s’imaginait sûrement pas les voir en Mainstage du Hellfest.

L’Étoile du Nord se lève alors que le soleil se couche sur le festival, pour asséner breakdowns et riffs capables de terrasser des montagnes. La lumière crépusculaire, les effets pyrotechniques et la pluie de pétales de cerisiers du Japon y sont sûrement pour quelque chose : on en a pris plein les yeux et les oreilles. Une performance stellaire qui entre déjà dans le firmament de ce Hellfest 2025. Coup de com' réussi pour leur futur album et leur passage à l’Olympia en novembre.



Korn – Mainstage 1 (23:30–01:00)
Pionniers du nu metal, Korn a marqué les années 90 avec ses riffs dissonants et les cris de Jonathan Davis. Toujours actifs depuis 1993, ils continuent d’évoluer entre introspection et puissance brute. La tête d’affiche de ce Day 1 a parfaitement tenu son rang, mêlant classiques adorés et incursions dans les recoins plus sombres de leur discographie. Rien à redire, du Korn pur et efficace.

Bilan de la journée
Cette première journée pose d’emblée les bases : chaleur intense, décibels en rafale, et une ambiance déjà en fusion. Le gros point positif reste la propreté du site et le respect des festivaliers, qui rendent l’expérience de foule bien plus agréable qu’ailleurs. Même si l’ombre est rare et rapidement prise d’assaut, les dispositifs anti-chaleur se révèlent déjà salvateurs en ce jour caniculaire à 35°C sans nuages. Certains festivals belges feraient bien d’en prendre de la graine… (oui, on te regarde Graspop Metal Meeting).

Entre concerts marquants, rencontres impromptues et ambiance électrique, le Hellfest confirme toute la hype qui l’entoure. Et ce n’était que le début : les guitares n’ont pas fini de rugir, et nos tympans non plus. Rendez-vous demain pour le compte-rendu des journées 2 et 3!

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