
© Stefano Giovannini
Presque à l'heure, ce qui est déjà un exploit en soi, le trio originaire de Big Apple, entre sur scène sous les applaudissements. Ici personne n'ignore qui foule les planches du Trix. S'il peine à afficher un bon mètre septante lorsqu'il se tient droit, Jon Spencer n'en est pas moins un géant lorsqu'il prend sa guitare et embrasse son micro. L'accueil que lui a réservé Anvers est chaleureux, mais dès les premières notes on le voit bien, il y a un truc qui cloche. Le son, même si la guitare de Spencer est largement au-dessus des deux autres instruments, n'est pas forcément mal réglé. Le problème réside semble-t-il dans le micro. Après seulement 3 morceaux et quelques mots glissés aux roadies, Spencer annonce 5 minutes de pause histoire de voir ce qui ne tourne pas rond. La salle qui commençait à peine à chauffer est de nouveau éclairée de mille feux et le public, patient et compréhensif, se rabat sur le bar.
Quinze minutes plus tard et après avoir donné quelques sueurs froides aux techniciens, Spencer et ses deux acolytes reviennent sur scène pour, cette fois, ne plus la quitter avant la fin d'un set rock'n'roll à souhait! En se situant entre Elvis, James Brown et les Rolling Stones, Jon Spencer, que ce soit avec The Jon Spencer Blues Explosion ou avec Heavy Trash, son autre groupe, c'est toujours particulier.
Malgré l'énergie dépensée vendredi soir par les trois New-Yorkais, on avait l'impression que l'explosion sans cesse annoncée et déjà constatée lors de concerts précédents auxquels nous avons assistés, avait plus un air de pétard mouillé. Mais précisions cependant que The Jon Spencer Blues Explosion, même quand c'est moins bon que d'habitude, ça reste toujours énorme. Si clairement Judah Bauer et Russel Simmins, présents aux côtés de Spencer depuis le début de l'aventure en 1990, restent plus en retrait, le show, c'est bien Jon qui le fait. Dans la salle, les ladies aux silhouettes de pin-up's et les gentlemen sortis tout droit d'un film de James Dean s'en donnent tout de même à cœur joie. C'est ça l'effet Spencer!
Après 1h30 de show, la "Blues Explosion", loin d'avoir été nucléaire, aura tout de même eu lieu. Même sur les rotules et malgré les problèmes techniques, Spencer aura mouillé sa chemise jusqu’au bout afin d'en mettre plein les mirettes. Un show man reste un show man qu'il soit épuisé ou pas, foi de Jon Spencer!

The Jon Spencer Blues Explosion