Comme c’est de coutume maintenant, le festival se tient sur 3 jours, le vendredi tenant lieu de soirée d’ouverture. Une soirée d’ouverture extrêmement bien garnie avec Terrorizer en clôture, un groupe sur la wishlist de l’organisation depuis toujours.
Malgré un trajet automobile contrarié par les embouteillages, j’arrive suffisamment en avance pour recevoir un CD (une compilation) généreusement offert par Century Media et surtout reprendre mes marques (et des munitions en jetons boisson) dans le complexe du o13. L’occasion aussi de faire le tour des stands de merch’ bien trop tentants…
Pour ouvrir ce Neurotic 2014, Deceased a droit à 30 malheureuses minutes. Voilà qui est bien dommage pour le premier groupe signé chez Relapse, mais qui effectue là sa première tournée européenne seulement ! Depuis ses débuts, Deceased a évolué vers un son bien plus Heavy/Thrash que Death, et ces 2 facettes seront bien représentées par le groupe ce soir (Night of the Deceased, The Triangle,,…), malgré un son un peu moyen en début de set avec une batterie trop en avant. Pour avoir discuté avec le combo (très dispo, le chanteur était encore au merch’ 10 minutes avant son set !), Deceased souhaite revenir rapidement en Europe, cette tournée s’étant très bien passée pour eux. En atteste ce superbe Fearless Undead Machines joué en clôture. Prenant !
Les locaux d’Antropomorphia ouvrent la Second Stage en véritables habitués du festival, puisqu’ils effectuent là leur troisième apparition en quatre édition. L’occasion pour eux de promouvoir leur nouvel album, qui sortira dans quelques semaines. Leur death un peu doom sur les bords fait toujours penser à Immolation, mais les quelques soli ou parties mélodiques ressortant de leur set très bien sonorisé font passer un très bon moment.

Retour sur la main Stage pour un autre groupe habitué du Neurotic : Aborted. Célébrant la sortie de son nouvel opus, The Necrotic Manifesto, le groupe débarque en terre conquise, le public lui réservant un accueil très chaleureux. Temps de jeu réduit oblige, cet Aborted ultra motivé s’efforce de faire parler la poudre aussi puissamment que possible, mais pâtit d’une mise en place sonore médiocre avec un son beaucoup trop fort et une batterie bien trop en avant. Dommage, la setlist (à laquelle manque quand-même Coronary Reconstruction) était plutôt bien vue, avec de nouveaux morceaux très prometteurs.

Curiosité sur la Second Stage avec Spasm, pour le premier show de (porno) grind du week end. Le groupe se fait remarquer d’emblée avec son chanteur vêtu d’un très seyant mankini (ou slip Borat si vous préférez), et son masque-phallus plutôt évocateur. Assez festif dans l’ensemble, le set proposé est accrocheur et fera rester les curieux tout en ravissant les fans, déjà … bien ‘joyeux’ en ce début de festival.

Massacre. Reformé il y a quelques années toujours autour des excellents Terry Butler (Death, Obituary) et Rick Rozz (Mantas, Death), les floridiens sont en pleine promo de leur Back From Beyond, qui fait écho à l’emblématique From Beyond sorti 1991, album culte du Death floridien. Si les grincheux pestent encore contre l’absence de Kam Lee, Massacre délivre un concert certes statique, mais très convainquant (ce Biohazard !!) où les nouveaux morceaux s’intègrent bien aux anciens, le tout avec un son impeccable.

Comme chaque année, le Neurotic est ouvert à toutes les tendances du Death et a programmé avec Kraanium une des valeurs sûres du Slam. La Second Stage est pleine à craquer pour les Norvégiens qui délivrent alors un show plutôt carré, mais que je trouve assez impersonnel, les groupes du style étant assez proches les uns des autres. La réaction du pit, assez violent dans l’ensemble, montrera en tout cas la satisfaction des fans présents.
Au sein d’un imbroglio juridique typique des groupes Metal, Pungent Stench (sous la forme « Chirenc plays » donc) voit cette année 2014 ponctuée de nombreux concerts. Pour son show au Neurotic, les Autrichiens visiblement très heureux d’être là ont droit à la Main Stage, devant un public plutôt bien garni. De façon assez surprenante quand on vient de réécouter les albums studio, le son est d’une clarté indéniable et fait ressortir un feeling rock’n roll inattendu aux compos de Pungent Stench, y compris les classiques tels que Pungent Stench ou Viva la Muerte. Un excellent concert, très prometteur pour les shows estivaux à venir.

God Macabre fait partie de ces groupes que l’on pensait ne jamais voir sur scène. Leur Winterlong, sorti en 1991, constitue un album mythique, une influence essentielle, et pourtant méconnue, du death scandinave des années 90. C’est donc avec grand plaisir que l’on retrouve les Suédois sur la Second Stage, devant une assistance très garnie. Le plaisir s’en trouvera décuplé devant l’interprétation live des titres de ce fameux Winterlong (ainsi que de quelques raretés, dont l’une sera publiée sur la prochaine réédition de l’album), absolument sidérante de justesse. Que ce soit l’aspect plus brutal ou lourd du son de God Macabre, ou les différentes mélodies ou soli, tout est rendu à la perfection, avec un son parfait. Probablement le meilleur concert du vendredi, un type de concert pouvant presque provoquer un état de simili-transe auprès des fans ! Au final, on ne peut regretter que leur rareté scénique.

Tête d’affiche de la soirée, Terrorizer subit quelque part le même type de critique que Death DTA l’année dernière : ce n’est pas le line up original, le groupe était terminé depuis belle lurette, et comment peut-on oublier Jesse Pintado. Mais pourquoi bouder son plaisir ? Le cultissime World Downfall reste l’influence essentielle de bon nombre de combos affiliés au grind. Or, comme annoncé, Sandoval (impérial ce soir, malgré quelques rumeurs…poudreuses dirons-nous) et ses deux sbires issus de Monstrosity sont là pour le jouer en intégralité ! un véritable événement pour tout amateur de grind. Et comme le dira Sam Molina « We are all here for brutal metal ».
Le set part donc sur les chapeaux de roue, et les interprétations des Storm of Stress et autres Fear of Napalm récoltent leur lot d’acclamations. Devant, le pit est dechainé, alors que vers l’arrière ça danse, ça chante, bref ça fait la fête. Le concert aura néanmoins quelques difficultés à trouver un second souffle malgré la reprise de Death (Infernal Death) et le Hordes of Zombie curieusement rajouté à la setlist. A revoir cet été au Ieperfest !

Prostitute Disfigurement, armé d’un plutôt bon nouvel album, conclura cette soirée dans une Second Stage une nouvelle fois pleine comme un œuf. Point positif, Niels n’a aucun soucis à moduler son chant entre les morceaux plus anciens à base de gruik porcins, et les compos plus récentes davantage growlées, et fera ainsi plaisir aux anciens comme aux nouveaux fans. Mais, peut-être en raison de la difficulté à passer après Terrorizer, ou de la fatigue de cette première journée, il est difficile de vraiment accrocher au show sur la longueur. Dommage pour un groupe qui a pourtant déjà bien montré son efficacité par le passé.

Plus qu’une soirée d’ouverture, ce vendredi du Neurotic était une nouvelle fois l’occasion de revoir des têtes bien connues (Aborted, Prostitute Disfigurement, Kraanium) mais (surtout) de découvrir sur scènes de véritables légendes telles que Deceased, Massacre, Terrorizer ou God Macabre. Un fil conducteur que l’on retrouvera le lendemain, pour une journée très Brutal Death cette fois.

Remerciements à Cloakture photography pour les photos !
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