
Mais l'heure c'est l'heure, Brutus qui a tout juste sorti un 45 tours de 2 morceaux et une k7 démo déjà épuisée enchaine ses titres les plus connus, à savoir "Horde" et "Justice de Julia II", sans bavure et de façon très carrée. Le chant de Stéphanie est clair, enfantin comme à son habitude et mélodieux, ce qui contraste avec la musique brutale, à la rythmique épileptique et proche du black métal. Bref, le concert est agréable mais passe peut-être un peu trop rapidement.
C'est que la tête d'affiche Raketkanon attend derrière, prête à tout retourner sur son passage à coup d'électro-metal matiné de chants hardcore technologiquement modifiés. Ce groupe à la configuration originale, inspirée du dispositif scénique en cercle de groupes tels que Battles ou Caribou, se déchaîne au fur et à mesure.

Véritables accrobates du stage diving, les 4 artificiers gantois savent captiver les foules. Ces showmen, fins comme des fils de fer se jettent de la scène à chaque occasion, batteur y compris. C'est aussi une belle façon de se la jouer "ambiance de folie" devant les quelques photographes venus capturer l'instant. Mais le mot est peut-être un peu fort. Ici la folie n'est que feinte, Raketkanon nous propose un show totalement maitrisé, bien rodé où chaque musicien tient parfaitement son rôle.

Après le second morceau, le fameux "Judith", et d'autres titres issus du nouvel album RKTKN #2, sorti le 6 mars dernier sur Zeal Records, ce blondinet de chanteur se tortille comme un beau diable avant d'entonner un autre tube du premier album, 'Eva'. L'assistance, en avant plan, est prête à en découdre et quelques pogos s'organisent dans la petite 'fosse'.

Que dire de plus, sinon que ce concert s'est achevé à 21h45, soit 1h45 après le coup d'envoi botté par Brutus. On aurait espéré deux concerts un peu plus long même si le spectacle offert par ces deux pointures de la scène alternative flamande nous ont été servies en format concentré, sans le moindre temps mort. Et puis un set de Raketkanon nous donnant bien plus qu'un aperçu de ce que ce RKTKN #2, produit par un certain Steve Albini, nous réserve.


